Hidden Folks – Un joyau caché

Vous avez trouvé Hidden Folks dans la foulée de sa sortie sur Steam? Parfait! Vous êtes tout à fait qualifié pour y jouer! Il vous lance justement le défi de trouver des objets cachés, dans des décors dessinés à la main et grouillants de vie.

Alors qu’on se noie dans les jeux de recherche d’objets sans personnalité de Big Fish Games, Hidden Folks arrive comme un sauveur. Ce jeu indépendant de Adriaan de Jongh (le programmeur) et Sylvain Tegroeg (l’illustrateur) sort immédiatement du lot. La raison est bien simple : ils ont compris qu’il ne s’agit pas seulement de cacher des objets : on doit vouloir plonger dans chacun des tableaux qu’il nous présente.

Charlie le mentor...

Je ne sais pas pour vous, mais une des choses qui a marqué mon enfance, c’est la série de livres «Où est Charlie». Chaque double-page était composée d’un environnement hyper-détaillé, mais surtout surpeuplé, dans lequel il fallait trouver ce foutu Charlie et sa bande. Ce qui était fascinant dans ces livres (et la raison pour y revenir sans cesse), c’est que ces décors abritent des micro-situations qui ne sont pas visibles instantanément. Les personnages étaient tous en train d’effectuer des actions, on pouvait donc passer des heures à découvrir cet univers et y voir tout ce qu’il s’y passe.

C’est exactement ce que nous propose Hidden Folks : un univers surchargé, impossible à analyser d’un seul coup d’œil. Chaque scène est vivante, comique et variée.

Les captures d’écran du jeu sont impressionnantes, mais elles le deviennent encore plus lorsqu’on apprend que chaque élément a été dessiné à la main, numérisé, et animé individuellement… Comme si ce n’était pas assez artisanal, les 960 sons qu’il contient proviennent tous de la bouche d’Adriaan, le programmeur du jeu!

Adriaan de Jongh et Sylvain Tegroeg

Il raconte qu’il avait été séduit par les dessins détaillés de Sylvain Tegroeg lors d’une exposition étudiante. Il lui avait dit à la blague qu’ils devraient développer un jeu ensemble, projet qui se réalisera trois ans plus tard. Le style épuré des tracés au stylo-feutre à pointe fine de Sylvain donne une identité visuelle bien sympathique à Hidden Folks. Le côté monochrome crée aussi une uniformité : j’ai l’impression qu’avec de la couleur, notre oeil aurait eu tendance à être attiré vers certains endroits automatiquement, alors qu’ici, on ne sait pas par où commencer. Ça nous oblige à nous pencher sur l’illustration et l’observer attentivement, plutôt que de la balayer du regard en cherchant uniquement une couleur en particulier (comme c’est trop souvent le cas avec Charlie).

Il y a juste les développeurs indépendants pour faire des projets aussi ridiculement ambitieux comme celui-ci! Ludia Montréal nous avait déjà donné un Where’s Waldo plutôt standard, reprenant simplement les dessins originaux et les compilant dans une application mobile. C’était bien, mais leur adaptation n’utilisait pas le potentiel du nouveau médium.

...dépassé par son apprenti

C’est ici que Hidden Folks se démarque. Chaque décor contient une multitude d’objets interactifs qui rendent l’expérience plus dynamique. On peut ouvrir les portes, les tentes, les portes de garage, faire pousser des plantes, tirer les rideaux, en espérant y découvrir quelque chose.

Au lieu de simplement nous laisser chercher un minuscule objet dans un décor gigantesque, un système d’indice a été mis en place pour rendre le tout bien plus intéressant. Dans l’exemple ci-dessous, on vous dit «Cette banane a été garée dans un panier de fruits». Déjà, on sait qu’on ne cherche pas une simple banane qui traîne par terre, mais bien une situation dans lequel il serait logique de trouver un panier de fruits.

Exemple d'indice dans Hidden Folks

Ces indices sont souvent des puzzles à résoudre, où il aurait été impossible (ou très difficile) de trouver l’objet sans un peu de réflexion. Si l’indice dit : «Les embouteillages sont mauvais pour les affaires de Rayan le fleuriste», on comprend qu’on devra faire avancer des voitures, parce qu’il est caché derrière. Il n’est donc pas possible de cliquer sur le «Rayan» par hasard ou en le reconnaissant par son habillement. L’expérience est donc plus interactive et engageante que son homologue sur papier.

Hidden Folks contient une quinzaine d’environnements qui vous offriront de nombreuses heures d’observation. Évidemment, on en voudrait plus, mais à voir l’effort surhumain que certains environnements ont nécessité, on se contente largement du contenu disponible, surtout pour son bas prix de 8$ sur Steam (PC, Mac, Linux) ou 4$ sur iOS. Fait intéressant, il sera aussi sur Apple TV, ce qui peut le transformer en activité parent-enfant amusante.

 

Mission accomplie
Mission accomplie

Le summum du jeu de recherche d’objet. Il déborde de charme et saura mettre un sourire dans votre visage.

Les plus
  • Plus interactif que la concurrence
  • Style visuel mignon et sons amusants
  • Pour tout âge
Les moins
  • Un peu court, mais offre tout de même plusieurs heures de jeu
  • 9
Catégories
CritiquesMobilePC / MAC

C’est un gamer, fan de science-fiction, de BD, de jeux de société et de musique électronique. Bref, un geek. Rédacteur depuis 2008, il adore partir à la recherche de jeux uniques, peu importe leurs dates de sortie ou leurs pays d’origine.

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