Le Cégep de Matane entre dans l’arène esports

La marche avant de l’esport se poursuit, avec dorénavant sa percée dans les établissements scolaires. Ligues collégiales, clubs étudiants, c’est maintenant un véritable programme esports-études qui s’ouvre. Annoncé mardi dernier, les Capitaines de Matane seront donc les premiers étudiants francophones à faire partie d’un programme scolaire de sports électroniques.

Entraînements de deux heures trois fois par semaine, compétition interne le samedi, formations d’équipes stables, et le tout chapeauté par un entraîneur : les grandes lignes du nouveau programme du Cégep de Matane n’ont rien à envier aux pratiques sportives traditionnelles. Si ce n’est bien sûr le fait que les crampons sont troqués contre des claviers et des souris. Contactés par téléphone, les responsables du projets sont enthousiastes : “L’établissement travaille sur ce projet depuis août dernier”, nous raconte Thérèse Gagné, psychologue et conseillère à la vie étudiante. Le Cégep proposant nombre de formations dans le domaine technologique, il était chose logique que de nombreux élèves soit adeptes de jeux vidéo.

C’est une cinquantaine d’étudiants qui se sont donc lancés dans ce nouveau programme depuis le début de la session d’hiver, répartis en six équipes sur Overwatch et League of Legends. Plusieurs formations spécialisées seront assurées, comme la gestion d’une équipe et du leadership pour les capitaines, ou encore des cours spécifiques aux descripteurs et diffuseurs.

L’esports en motivation scolaire

Bien entendu, la réussite scolaire est une condition sine qua non pour les inscrits, qui s’engagent également à suivre un entraînement physique régulier, en plus de leurs études à temps plein. Car l’objectif n’est certainement pas de façonner de futurs Faker, mais bien de donner un cadre à la passion du jeu vidéo compétitif, qui peut parfois être envahissante, voire déstabilisante pour des parents étrangers à cet univers.

Comme nous raconte Robin, étudiant en animation 3D, ses parents se préoccupaient de voir leur enfant passer tant d’heures sur son ordinateur. Ce programme est donc là aussi pour les rassurer, et donner des outils aux élèves pour mener de front études et passion de la compétition vidéoludique. Pierre-Mark Lavoie, entraîneur attitré, sera là pour guider les joueurs, apportant ses compétences de gestion d’équipe, plus que ses talents de joueur. “J’ai commencé à l’époque sur GoldenEye, et bien entendu Counter-Strike par la suite. Je ne suis pas un expert, mais je connais ces jeux dans leur globalité, et je suis surtout là pour les aider à pointer du doigt ce qu’ils doivent travailler, et comment s’y prendre”, nous explique-t-il. Leurs ambitions par la suite? “On voudrait étendre le programme par la suite à d’autres jeux, et aussi affronter d’autres établissements”, ajoute le coach.

 

Encadrer plutôt que nier

Cette initiative fait bien entendu parler d’elle, dans un contexte où l’appellation de sport électronique fait encore souvent grincer des dents. On ne se le cachera pas : oui, les jeux en ligne peuvent rapidement déborder, comme beaucoup de passions dévorantes. Et comme toute activité, la consommation avec modération est de mise, et l’incroyable explosion des sports électroniques au niveau professionnel a de quoi faire tourner des têtes, surtout chez de jeunes adultes. Ce miroir aux alouettes ne doit pas faire oublier à de futurs adultes le sens des priorités, et ce programme propose donc de bonifier cette passion.

L’initiative audacieuse du Cégep de Matane ouvre donc le bal de bien d’autres structures à venir au Québec, comme la Ligue Cyber Espoirs de la FQSÉ, ou encore le futur programme du CFP des Riverains, dont nous vous reparlerons très prochainement dans nos colonnes.

 

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Tombé dans la NES quand il était petit, c'est un fan de jeux vidéo depuis l'enfance. Console, puis PC, c'est l'avènement d'internet qui scellera sa passion pour le jeu en ligne. FPS, STR, MOBA, un café, l'addition, tout l’intéresse, et il suit avec attention la scène pro à travers le monde. Au diapason de ses origines, il trouve son inspiration au sein d'une organisation secrète: #FrenchWhine.
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