Mass Effect: Andromeda – Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir

Des personnages auxquels on aime s’attacher, des galaxies à explorer et des aliens à dégommer. Inutile de rappeler ce qui constitue le trio gagnant de l’expérience gargantuesque de ce...

Des personnages auxquels on aime s’attacher, des galaxies à explorer et des aliens à dégommer. Inutile de rappeler ce qui constitue le trio gagnant de l’expérience gargantuesque de ce Western RPG dont le nom n’est plus à faire. Après 5 ans de développement, au delà des multiples bugs qui ne cessent de donner à manger aux esprits les plus moqueurs et ingénieux d’internet, voyons un peu si Mass Effect: Andromeda, le petit dernier des studios Bioware Montréal nous réserve quand même un monde en or.

Un nouveau monde

Là où la trilogie de Shepard nous invitait à préserver le monde de la dévastation, à rallier tous les peuples à notre nation et à étendre notre pouvoir jusqu’à la voie lactée (bref, vous connaissez la suite), Mass Effect: Andromeda nous promet lui, un nouveau départ. Un pari intéressant qui ne manquera pas de nous questionner sur ceux qui nous entourent et les raisons plus ou moins douteuses de leur départ.

Votre mission si vous l’acceptez consistera à explorer, enquêter et terraformer de nouvelles planètes pour qu’elles puissent accueillir les colonies d’arches humaines gardées au congélateur depuis 600 ans. Cependant, une sorte de champ magnétique du nom de Fléau semble perturber votre nouvel eldorado, sans parler des arches Asari, Turienne et Galarienne qui ont tout bonnement disparu. Il est certain que l’immigration est de ce fait un peu compromise. Heureusement et malheureusement pour vous, votre rapport avec les technologies mystérieuses et anciennes (qu’on nomme ici Reliquats) va vous permettre de rebalancer l’écosystème des planètes habitables sauf que manifestement, vous n’êtes pas les seuls intéressés !

L’alien c’est vous, ou pas

Très vite, vous comprenez que l’étranger dans la nouvelle galaxie d’Andromède, c’est vous. Non seulement vous venez ici dans l’intérêt de votre survie mais en plus, vous incarnez l’un des jumeaux Ryder, un nouveau Pionnier et chef des opérations d’exploration dont la reconnaissance est à faire. Personne ne vous fait confiance et il va falloir vous faire votre place. Ou du moins, c’est ce que vous croyez au début.

En effet, l’expérience d’exploration et de renouveau jouissive et rafraîchissante tombe rapidement dans les vieux retranchements de la science-fiction vue et revue, au lieu d’installer des conflits politiques intéressants qui positionneraient justement l’humanité sur la sellette.

Au lieu de ça, on offre encore à l’humain d’être le sauveur du nouveau monde en identifiant rapidement un ennemi commun et ultra violent que les peuples vont pouvoir repousser ensemble. Même si la rencontre d’autres civilisations, la découverte de leur mythologie ainsi que les retrouvailles avec les espèces déjà connues demeure toujours aussi captivante, on se retrouve encore à repousser l’envahisseur et éviter la destruction plutôt que d’envisager de nouvelles problématiques scénaristiques. Tout ceci donnerait presque le goût amer que l’on vient étendre non pas l’espèce humaine mais la suprématie humaine au-delà de la voie lactée.

Aussi, même si Mass effect met un point d’honneur à déployer moult justifications narratives à ce sujet, on garde le sentiment que le jeu souffre d’être un shooter avant d’être un RPG. On nous présente la première race alien rencontrée comme étant belliqueuse au plus haut point comme pour justifier le fait de tirer sur du monde et d’être assailli par des hordes d’ennemis. Cependant, la variété du bestiaire, l’enchaînement effréné des missions et la volonté de maintenir une cohérence narrative réussissent à nous maintenir ancré dans l’univers.

Vers l’infini et au-delà

Mass Effect: Andromeda n’est pas un jeu pour les planqués ! L’ajout de la verticalité, la possible destruction des murs de couverture et les IA ennemies pour le moins agressives vous incitent à vous déplacer rapidement sous peine de se retrouver constamment encerclé. On oublie donc la ligne droite et on ajoute du dynamisme dans lequel on ne manquera pas de se perdre plus l’arène est ouverte. En effet, ce sont les arènes fermées où la lisibilité sera un peu plus au rendez-vous qui rendront davantage justice à l’élaboration de stratégies de positionnement. Dans tous les cas, l’ultra-réactivité nécessaire à la survie du combat ne manquera pas de vous donner des palpitations et un peu de frustration car elle s’agence assez difficilement avec la mise à couvert automatique.

L’évolution à travers les classes est quant à elle assez sympathique, cette fois-ci on vous laisse choisir les capacités qui vous plaisent pour ensuite débloquer des profils échangeables au fil des combats (Ingénieur, Sentinelle, etc.). Ainsi, avant d’aborder un terrain ou une bataille, vous ne choisissez plus seulement vos armes et vos alliés mais aussi votre approche tactique via votre profil (plus de protection et de force au corps à corps, plus de place aux pouvoirs biotiques, etc.).

 

Des histoires intimes dans un contexte épique !

Que serait Mass Effect  sans ses coéquipiers, ses missions de loyauté et ses scènes de romances? C’est encore ce qu’Andromeda fait de mieux : créer de la vie.  Loin d’être de simples instructions ambulantes, Cora, Liam, Drack, Peebee et tous les autres répondent présent pour vous donner l’impression de faire partie d’une équipe bien réelle !

Que ce soit à travers leurs flux de paroles sur le terrain, leurs rétroactions régulières sur les missions ou encore leurs mots d’esprits, les personnages de Mass Effect:Andromeda colorent à eux seuls les mondes que vous visitez.

On adresse aussi volontier un gros bravo à Bioware pour la diversité raciale, ethnique et la représentation LGBT qui semble être le fer de lance de cet opus. En effet, dès la personnalisation de votre avatar jusqu'aux relations amoureuses, en passant par de simples dialogues, la diversité éclate. Cependant, les plus sensibles ne pourront cacher que leur petit coeur saigne depuis Mass Effect 3 où malheureusement, la petite flamme qu’animaient les romances s’amenuise à coup de fan service et de manque de finesse. On mise en effet parfois un peu trop sur le sexy et la superficialité plutôt que la constitution profonde d’une relation avec un personnage.

 

Bugs en chaîne et animations déchaînées chez Andromeda

600 ans se sont écoulés pour l’humanité mais visiblement pas pour Bioware qui semble reculer en termes d’animations, de synchronisation labiale ou encore dans une certaine mesure, d’écriture de dialogues. À l’échelle d’un jeu aussi colossal, les bugs étaient attendus mais bien heureusement, l’attachement à l’univers permet assez aisément de passer au-delà de tous ces détails.

La sortie du manichéisme des dialogues tenus entre l’usuel Paragon et Renegade fait d’ailleurs beaucoup de bien et laisse place à une variété de tons qui induiront la personnalité de votre Ryder à la longue.

Là où le bât blesse à vrai dire, c’est lorsque certains personnages (surtout quand leur doublage est loin de leur rendre justice) nous donnent malheureusement encore trop l’impression d’être des menus d’information (à tel point que la doubleuse française d’Addison a fini par croire qu’elle était une IA). En sachant que les dialogues et les personnages sont l’un des piliers de l’expérience narrative de Mass Effect, on attendrait de la série qu’elle innove un peu plus à ce niveau.

 

Massifect

S’il est une certitude, c’est que No Man Sky pourrait presque envier l’effort de Bioware pour rendre les planètes du système d’Andromeda vivantes ! La variété des habitats, des décors, de la mythologie et des autochtones, tout semble être pensé pour attribuer une identité à ces planètes.

Du point de vue locomotion, on retrouve la version revue et corrigée de notre bon vieux Mako qu’on a renommé pour l’occasion : Le Nomade. On est encore loin d’une Lamborghini de Forza Horizon 3 niveau confort de conduite et ergonomie, mais l’amélioration est suffisamment satisfaisante pour nous laisser explorer les différentes planètes à coloniser.

Par ailleurs, les développeurs ont mis de l’effort pour nous faciliter l’expérience de la conduite en nous guidant sans pour autant trop nous prendre par la main. Ainsi, on prémâche un minimum les routes, on donne au joueur une boussole minimale pour qu’il porte davantage attention au design des planètes et à ce qu’il rencontre plutôt qu’à son chemin lumineux vers l’objectif. Cependant, pour un jeu qui place l’exploration au coeur de son système, on regrettera que la carte ne soit pas accessible d’une simple manoeuvre. Sur PS4 notamment, il vous faut ouvrir vos options puis sélectionner la map. Non seulement cela nécessite deux actions mais le bouton option est trop petit pour l’utiliser aussi souvent.


Hormis ces quelques considérations ergonomiques, l’exploration semble être l’aboutissement de ce que devait être à l’origine Mass Effect 1 et rattraper ce qui manquait à Mass Effect 3. Tout est interconnectéde la collecte au crafting. Vous récupérez des ressources et points de recherche en fouillant, en combattant, en forant depuis le Nomad et en scannant planètes et points d’intérêts. Une fois ceux-ci récupérés, le système de crafting vous permet de développer vos armes et autres améliorations. On joint au tout une variété de quêtes secondaires et autres tâches et on obtient une occupation aussi chronophage que palpitante. C’est sans doute aussi ce qui explique pourquoi les développeurs estiment la complétion totale du jeu à environ 170 heures.

Effectivement massif!
7,5
Effectivement massif!

Oui, nous sommes bien de retour dans l'univers de Mass Effect ! Andromeda est un Western RPG gargantuesque auquel un petit coup de terraformation ne ferait pas de mal pour se hisser à la auteur des autres jeux de Bioware. Malgré les nombreux bugs, bonds en arrière et impressions de déjà vu, c’est grâce à son ambiance, sa mythologie, ses combats effrénés, son système d’exploration et le sentiment que nos coéquipiers évoluent à nos côtés que l’univers nous absorbe. Toutefois, même si la force de Mass Effect: Andromeda repose encore et toujours sur son immersion fictionnelle, la question du renouveau qui aurait permis d’aller chercher de nouvelles avenues et une complexité à explorer a encore du mal à sortir du manichéisme qui oppose les gentils, les méchants et qui positionne l’humain comme sauveur de l’univers.

Les plus
  • Un système de combat ultra dynamique
  • Le sentiment de réalisme des personnages et d'immersion narrative dans un univers cohérent
  • La richesse du système d'exploration
  • La variété et l'identité des planètes
Les moins
  • De nombreux bugs, des animations et des doublages douteux
  • Un scénario qui retombe dans le manichéisme et le déjà vu
  • Un gameplay très épuré qui ne permet plus de contrôler les autres équipiers
  • Les interfaces de menu qui mériteraient aussi d'être épurées et réorganisées
  • 7,5
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Au QuébecCritiquesMicrosoftPC / MACPlaystation
Rédactrice, narrative game designer, étudiante en maîtrise en jeux vidéo et multi-task à temps partiel, elle porte une attention toute particulière à la scène du développement indie et à leur moult créations.
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