Arrivée de Snipperclips : coupez-moi tout ça !

FriendShapes, c’est le nom que devait porter ce nouveau jeu de coopération tout mignon lors de l’annonce de ses créateurs en automne 2015, Tom & Adam Vian (SFB Games). Sorti sur Nintendo Switch le jour de son lancement le 3 mars dernier, Snipperclips a été présenté comme l’un des jeux phare et inédit accompagnant le jour de la naissance de la nouvelle console.

Snipperclips – Cut it out, together ! se présente alors comme un puzzle game coopératif à deux joueurs, basé sur le principe de découpage : les personnages doivent se couper mutuellement pour trouver les meilleures formes possibles afin de résoudre des tableaux variés.

Cette mécanique de découpage toute fraîche devait initialement faire place à un jeu de combat, mais les créateurs ont finalement exploité la piste principale de la coopération, proposant alors des mécaniques multijoueur complexifiant le simple fighting game. Bien que le jeu ait été envoyé à plusieurs studios et producteurs, les deux frères confieront que leur tête de liste était Nintendo, l’ambiance du jeu correspondant plutôt à la compagnie aux univers souvent tous publics et mignons. Après avoir été approchée par la célèbre compagnie en 2016, l’équipe de production de SFB Games grandit peu à peu afin de réaliser l’intégralité du projet, ce qui donna naissance à Snipperclips.

Le jeu commence donc par nous proposer un petit tutoriel introduisant les mécaniques que nous retrouverons au cours des différents modes de jeu, soit celles de découpage mutuel des deux personnages afin de créer certaines formes en pointillés, un mode de jeu basketball, nous montrant qu’il est possible de se servir de son personnage comme réceptacle (cuve, vase, panier…), et un mode composé de ballons de baudruche, nous faisant comprendre qu’il est parfois nécessaire de tailler notre bonhomme en pointe afin de percer des objets. Ces scénettes seront proposées avant d’accéder au menu du jeu, afin de nous familiariser avec les contrôles et les possibilités.

Snipperclips nous propose ensuite trois modes : Le Puzzle world, pour 1 ou 2 joueurs, étant le seul mode où il est nécessaire de pratiquer les niveaux afin d’en débloquer davantage (Il faudra débloquer 10 mini-jeux minimum pour accéder au dernier tableau du monde), mais également celui qui illustre la mécanique principale du jeu, étant la coopération. Ici, nous incarnons Snipper et Clip, rendus personnages éponymes, soit à un joueur, où il faudra alors alterner entre les deux personnages, soit à deux (c’est quand même plus le fun). Il faudra développer des techniques afin de remplir l’objectif grâce aux deux personnages. Il est d’ailleurs pratiquement impossible de finir le jeu avec un seul de ces bonshommes (si tu cherches un jeu solo, je pense qu’il ne serait pas mal de passer ton chemin maintenant). Ce qui est intéressant, c’est que les solutions pour lesquelles vous pouvez opter sont pratiquement infinies, et changeront en fonction des personnes avec qui vous jouerez.

Ce mode contient trois mondes, ayant chacun leur ambiance :

  • Noisy notebook, à l’ambiance crayonnée et enfantine, nous rappelant vaguement les bancs de l’école, passant en revue les différentes sortes de puzzle possibles.
  • Retro reboot, reprenant l’esthétique des platformers 8-bits, assez minimalistes, avec plusieurs petites références globales à ceux-ci par le biais d’un décor coloré, ainsi qu’avec une mécanique assez intéressante : le jeu nous propose de résoudre des mini-niveaux à l’intérieur même des niveaux du jeu. En effet, un petit personnage féminin fait son apparition dans ce même monde, nous devons donc la guider jusqu’à une sortie potentielle en creusant des tunnels, ou en résolvant des puzzles jusqu’à l’obtention de petits cœurs lui permettant de retrouver sa vie, ce qui fera office d’objectif principal dans ces niveaux-ci.

  • Silly Science, nous introduisant à de nouveaux obstacles liquides, ce qui implique d’être nécessairement stables et précis dans la résolution des puzzles. Ici, les obstacles ne sont plus seulement statiques, mais nous demandent parfois une précision supplémentaire par rapport au premier mode de jeu. Il y aura également une esthétique rappelant, encore une fois, nos chers laboratoires de secondaire en cours de sciences naturelles, composés de béchers, de tableaux à la craie et autres cellules et atomes (ces derniers prenant alors place dans les puzzles car nous devons les épargner des liquides les empêchant de dormir lorsqu’ils rentrent en contact avec ceux-ci, oui oui).

Le mode Party reprendra sensiblement le même principe à un détail près : il se joue de 2 à 4 joueurs, ce qui change légèrement la mécanique. En effet, les puzzles vont maintenant devoir se réaliser à 4, rajoutant alors de la complexité dans certains tableaux, chaque personnage étant nécessaire à la réalisation de ceux-ci. Chaque JoyCon servira à incarner non plus un personnage, mais deux, ce qui parfois, peut poser des problèmes d’ergonomie dans le sens où non seulement les manettes sont relativement petites, mais il faudra aussi les passer à son partenaire si on a la volonté de jouer avec davantage d’amis, de colocs, de dates...

Le mode Blitz se joue de 2 à 4 joueurs et sera, pour finir, compétitif. Illustré par trois modes de jeux (Le dojo, consistant à découper son adversaire le plus rapidement possible, le hockey, et le basket), ce mode pourra vite remettre en cause certaines amitiés (pour vrai, j’ai failli m’engueuler avec mon copain…). Plus sérieusement, celui-ci est satisfaisant si vous êtes mordu de compétition et de mini-jeux à la fois, en plus d’être extrêmement dynamique, car les parties ne durent que quelques minutes, voire secondes. Au vu de la portabilité de la Nintendo Switch, cela s’avère être plutôt appréciable, vous pourrez alors défier vos amis en attendant gentiment vos sushis au restaurant, ou encore chez le dentiste, supposé qu’il ait accepté de vous prendre en double rendez-vous.

Pas besoin de jouer des heures durant pour comprendre que la volonté de Snipperclips est de nous proposer une atmosphère 2D assez enfantine, naïve, mais extrêmement colorée et plaisante. De plus, ce parti pris colle totalement au but du jeu qui consiste en un système de découpage/collage dans une atmosphère flat design, étant donc totalement appropriée. (Des petits effets de parallaxe très réussis dans certains tableaux et dans la présentation de ceux-ci rajouteront d’ailleurs une touche esthétique accessoire, mais agréable). Chaque mini-monde propose son esthétique propre, et se sert de celle-ci afin d’introduire de nouvelles possibilités allant totalement de paire avec les décors proposés (inclure des niveaux miniatures dans un monde emprunté aux jeux vidéo rétro paraît totalement pertinent, par exemple).

Ceci dit, la bande originale, aux aspects bon enfant et joyeux, connaîtra des variations que minimes lors des différents tableaux. La trame sonore étant composée de deux thèmes musicaux revenant au cours des trois mondes (les sonorités seront davantage 8-bit pour le monde rétro, mais le thème principal restera le même), le jeu ne propose pas réellement d’ambiance musicale développée, et  devient d’ailleurs très vite répétitif.

Le concept de découpage est assez novateur et plaisant, mais on peut vite se retrouver limité à des soucis de hitbox : si votre personnage est coupé trop fin, malgré l’affichage de la forme à l’écran, il disparaîtra et sera vite remplacé par une version flambant neuve de Snipper ou de Clips, le système n’autorisant plus le découpage au delà d’un certain point.

7

Snipperclips est un jeu très sympathique à jouer à plusieurs, plutôt en famille, avec des enfants, ou entre amis, le public cible semblant être extrêmement large, mais se servant de quelques petites références afin d’en faire un jeu relativement universel. Ceci dit, le mode s’apparentant à une « campagne » se débloquant en peu de temps, il reste un ensemble de mini-jeux, à jouer occasionnellement, lors d’attentes, dans les transports, ou alors en soirée, mais au cours de sessions d’une heure ou deux, sous peine d’être tanné rapidement. Je conseillerai alors ce jeu pour les mordus de puzzle game à la patience réduite, et ayant un goût prononcé pour le tryhard !

Les plus
  • Mécaniques intéressantes et créatives
  • Puzzles originaux
  • Belle direction artistique
Les moins
  • Limité par quelques soucis de hitbox
  • Musique répétitive
  • Se termine très rapidement
  • 7
Catégories
CritiquesNintendo
Passionnée de jeux vidéo depuis pratiquement toujours, elle a même décidé d'y consacrer ses études en maîtrise à l'UQAM. Intéressée davantage par la scène Indie, l'E-sport et la présence féminine dans les jeux vidéo, elle est également ouverte à tout ce qui concerne la scène vidéoludique !
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