Beat Cop, la vie de police

ou comment s'acharner sur un genre

À l’image de plusieurs titres indépendants qui tentent de ludifier des emplois communs et répétitifs, Beat Cop s’attaque au travail très monotone et sale d’un policier de quartier. C’est ce qu’essaie de nous faire vivre le studio polonais Pixel Crow dans son premier titre en carrière : Beat Cop.

Un cheval battu

Certains titres réussissent merveilleusement à immerger le joueur dans une ambiance unique à un quelconque emploi, tel qu’un douanier dans Papers Please, et d’autres titres le réussissent moins bien tel qu’un éditeur de journaux dans The Westport Independant. Dans ce style, Beat Cop s’en sort plutôt bien avec le travail d’un officier de quartier banal. Être un agent au bas de échelle peut être répétitif et ennuyant par moment. Et parfois, l’officier peut découvrir et résoudre des situations intrigantes. Vous aurez d’un côté à donner des contraventions de stationnement, menotter les voleurs impromptus et patrouiller dans le quartier. De l’autre côté, vous aurez aussi à répondre aux événements périodiques et pressants dans votre quartier, interagir avec les marchands et les citoyens passants, et ainsi de suite. Dans ce style, Beat Cop n’arrive certainement pas à recréer la magie de Papers Please. Les tâches accomplies ne demanderont pas de vous autant de complexité et de réflexion que le populaire titre de Lucas Pope.

Moralement douteux

Dans Beat Cop, vous incarnez un détective qui est rétrogradé à simple officier de quartier suite à une intervention policière qui a mal tourné. En tant qu’officier dans la rue, vous serez appelé à faire des choix qui influenceront vos relations avec le public, avec les autres policiers, vos supérieurs et même avec les groupes criminels actifs dans votre quartier. Vous serez appelé à aider (ou non) le trafic de drogue de gens mafieux, aider les activités criminelles des autres, résoudre meurtres et crimes variés ou simplement trouver le chat perdu d’un enfant attristé.

Le jeu veut immerger le joueur dans une ambiance réaliste et dangereuse d’un quartier chaud de New York. Il le fait par le biais de personnages plutôt traditionnel et un humour sombre. Par le biais de courts dialogues au début de chaque journée, Pixel Crow essaie de créer des personnalités non seulement du protagoniste,  mais aussi de ses collègues et supérieures. L’effort est là, mais malheureusement insuffisant. Considérant le scénario sans trop d’originalité, le personnage typique que l’on incarne et les clichés qui l’entourent, il est très difficile de s’attacher aux personnages et à l’histoire.

Étrangement, identifier les véhicules en état d’effraction dans les rues est plus satisfaisant qu’il ne devrait l’être et on se retrouve rapidement à chercher les véhicules fautifs. Les tâches s’empilent vite et il est difficile de remplir tous les devoirs dans les temps impartis. Le joueur doit souvent faire des choix et ne pourra pas plaire à tout le monde. Pourtant, il doit maintenir une réputation sur plusieurs fronts pour ne pas perdre son travail, le respect des citoyens ou carrément pour ne pas être assassiné par des gens de moralité douteuse. Vous traverserez le jeu en accomplissant diverses tâches triviales qui vous imposeront des choix et influenceront ultimement la fin de votre expérience.

Pixels, pixels et musique!

Bien entendu, l’étiquette indépendante collée à un jeu, surtout dans le cas d’un studio qui lance son premier titre peut être similaire à un manque de financement. Beat Cop est présenté avec la carte indépendante sous la forme d’un jeu avec des graphismes pixelisés, pourtant il arrive tout de même à passer son message et à être entouré d’une ambiance complète. La musique est d’ailleurs très réussie, vous transportant dans les années 80 avec brio. C’est exactement ce que désiraient les développeurs qui étaient friands dans leur enfance des romans policiers romancés de l’époque. Les contrôles sont très simples et vous n’aurez besoin que d’une souris pour jouer à Beat Cop.

Cliché hot

Ah et on y retrouve le policier qui doit prendre sa retraite le lendemain de votre première journée de travail, le chef de division qui a des problèmes avec le maire, le policier obèse qui mange des beignes, l’italien mafieux et ainsi de suite. On ne peut pas faire beaucoup plus cliché. Étant donné l’aspiration à recréer une série policière des années 80, on pourra peut-être considérer ces clichés comme une réussite ? Dans tous les cas, il ne s’agit pas d’une réussite créative.

En fin de compte, Beat Cop vous donnera des tâches fastidieuses, répétitives et réelles à l’image du vrai travail d’un policier de quartier, mais sans la personnalité et l’originalité d’autres succès dans le genre. C’est tout de même un premier thème intéressant pour un premier titre en carrière chez Pixel Crow et mérite peut-être d’y jeter un coup d'oeil. Procurez-vous-le sur Steam, Humble Store ou GOG.

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CritiquesJeuxPC / MAC

Étudiant en conception de jeux vidéo de l’UQAC et amoureux de l’industrie des jeux vidéo, Simon aime partager sa passion à tous ceux qui veulent bien en savoir davantage. Jeux vidéo, jeux de société, cinéma… bref, tous les médiums du divertissement sont au cœur de ses préoccupations.

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