Arms : un renouveau dans les jeux de combat

Le 16 juin prochain, le tout dernier jeu de combat de Nintendo, Arms, arrive sur la Switch. On y découvre un titre explosif, assez bien balancé, mais avec quelques coups en bas de la ceinture.

J’attendais Arms avec impatience. Il me tardait d’essayer la version finale de ce jeu que j’avais eu la chance d’essayer il y a quelques mois, lors de la démo de la Switch. Je me souviens qu’on l’avait bien aimé, sans nécessairement en comprendre le fonctionnement. Quelques mois plus tard, il est temps de saisir ce qu’est, justement, Arms. De le comprendre, et de voir si le jeu en vaut la chandelle.

Un univers coloré et chaotique

La prémisse est fort simple : enchaîner les batailles comme on le ferait dans n’importe quel jeu de combat. Pas de mode histoire (on s’y attend un peu avec le genre de jeu, mais quand même…); un mode Grand Prix, un mode En ligne, un mode Local et le mode Compétition (Ranked). Le jeu est orienté combat, avec un menu épuré qui ne fait que souligner les différents modes. Vous prenez les Joy-Con dans vos mains, vous vous placez devant votre téléviseur, et vous essayez de flanquer une raclée au personnage devant vous. Le principal mode d’utilisation des Joy-Con? Les utiliser comme si on frappait avec les poings. Le personnage que vous incarnez en troisième personne se déplacera sur le terrain selon l’angle des manettes. Idem lorsque vous voulez frapper ou vous protéger : il faut utiliser son corps comme extension de la manette. À cet effet, les Joy-Con sont particulièrement sensibles, si bien qu’ils peuvent rapidement capter les différents mouvements et les reproduire assez fidèlement et rapidement à l’écran. Une fluidité fort appréciée, lorsqu’on est encore hanté par la Wiimote dans Skyward Sword.

Parfois, le commentateur s'essaie avec quelques blagues ou réflexions... Pas toujours réussies.

Arms est un univers éclaté et coloré : le jeu ne propose pas seulement un ensemble de 10 personnages plus étranges les uns que les autres (chacun avec des habiletés qui leur sont propres), il propose aussi des cartes différentes et une pléthore d’armes à débloquer. Les différentes cartes se mélangent légèrement dans le Grand Prix, mais aussi dans le mode En ligne : certaines cartes offrent des compétitions de volleyball ou de basketball, d’autres proposent un affrontement dans des décors distincts, avec un environnement sensible au déroulement des combats. Il faut se l’avouer : Arms, autant dans son esthétisme que dans le déploiement de ses mécaniques, est un jeu qui charme et captive au premier coup d’oeil. Malgré les défaites cuisantes contre l’intelligence artificielle ou les joueurs humains, on y retourne, round après round.

Le mode Volleyball et le mode Basketball permettent une agréable accalmie dans une succession de combats.

Devenir le combattant

Cette incursion dans le monde d’Arms est fort sympathique. Il s’agit d’un jeu de combat esthétiquement réussi, avec d’intéressantes mécaniques qui nécessitent plusieurs heures d’analyse et d’essai-erreur pour arriver à bien tout comprendre, mais sans autre fioriture pour l’enrober.  Les tutoriels étant simples et très courts, la tâche revient aux joueurs de découvrir les différentes habiletés des poings à débloquer et des personnages. Et ce n’est pas toujours aisé de découvrir le tout au coeur d’un combat de 99 secondes, dans lequel on se fait bombarder par un ou plusieurs adversaires. Dans des arènes de trois ou quatre joueurs, le chaos s’impose rapidement et il devient difficile de bien se concentrer sur le déroulement des batailles, si bien qu'au final, ça finit souvent par être du 1 contre 2 même si l’objectif était un combat d’arène.

Ces mécaniques demandent, voir exigent, certaines capacités physiques. Il faut être en mesure de bouger le corps, de réagir rapidement avec les mains et de frapper devant son écran. Nintendo propose aussi différentes autres façons de jouer à Arms, de façon à bien exploiter les différentes caractéristiques de la Switch. On peut jouer avec les deux Joy-Con dans les mains, comme le ferait un boxeur : on peut jouer avec seulement une dans les mains, et passer la seconde à un ami; on peut les mettre sur la console ou leur support pour jouer dans un style plus traditionnel. Différents styles pour différentes personnes. Et en soi, c’est une excellente chose : le jeu est très intéressant quand l’on tient les deux manettes, mais de pouvoir partir des duels, en local, comme ça, avec sa seule console sans autre accessoire, ça offre d’indéniables avantages (pour une fois que l’achat d’une deuxième manette n’est pas obligatoire pour jouer en local).

S’entraîner tous les jours pour devenir the very best like no one ever was

Là où ça devient compliqué, c’est avec la courbe d’apprentissage du jeu. On s’essaie au premier Grand Prix, lequel vient en 10 difficultés différentes. Les mécaniques restent les mêmes, mais la maîtrise des commandes devient rapidement nécessaire. l’apprentissage se fera graduellement, et la courbe de difficulté se fera sentir. Le premier niveau se complète relativement rapidement; mais ceux subséquents deviennent rapidement plus difficiles. L’acquisition de nouveaux points n’est pas nécessairement aisée, et il faut investir beaucoup de temps pour les acheter avec la monnaie du jeu. Et le système d’acquisition n’est pas le meilleur au monde : en accumulant cette monnaie, il est possible de faire un mini-jeu dans lequel il faut toucher des cibles et des sacs avec les poings. Ces « arms » sont aléatoires, et doivent être débloqués individuellement pour l’ensemble des personnages. Donc, si vous jouez principalement, disons, la Momie, et bien vous pouvez attendre longtemps avant de débloquer ces armes.

Il s’agit donc de s’asseoir, et d’y jouer plusieurs heures pour débloquer tous les items, et devenir le meilleur. Une fois lassé du mode Grand Prix, le joueur avide d’émotions peut aller dans les modes En ligne ou Compétition, où il aura la chance d’enchaîner différentes parties aux conditions de victoires différentes, allant du 1 contre 1 au joueurs contre l’environnement. Et de répéter le tout pour accumuler les pièces nécessaires à l’achat de nouveaux poings susceptibles de rendre le jeu plus intéressant et, dans une certaine mesure, plus facile. Du coup, ça fait un bon entraînement.

Une nouvelle expérience

En somme, Arms est une jolie innovation de Nintendo, et pourrait, somme toute, devenir un excellent jeu de combat pour la console semi-portable, moyennant des tournois, du contenu supplémentaire abordable pour entretenir les passions et, surtout, des joueurs présents avec un serveur stable. Certes le mode En Ligne semblait stable et se connecter rapidement, mais il ne s’agissait en rien d’une représentation adéquate de ce que sera leur serveur une fois le jeu sorti.. Les mécaniques sont peut-être mal expliquées et difficiles à assimiler, mais on y plonge néanmoins sans trop d’accroche. On regrettera l’absence d’un mode histoire ou de potentiels personnages à débloquer (aucun personnage débloqué lors de l’essai, et une petite voix dans ma tête crie « DLC ! »). On fait le tour rapidement du jeu et de ses possibilités. Est-ce un mal? Pas tout à fait. Arms demeure un jeu sympathique et esthétiquement agréable. Les batailles dégagent un chaos perpétuel sympathique, mais après quelques minutes, on se lasse de frapper dans le vide devant son écran. Il ouvre néanmoins la voie pour de nouvelles possibilités entre jeux de combats et accessoires de reconnaissance de mouvements.

Arms sera disponible physiquement et en ligne le 16 juin 2017.

Le combat réinventé
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Le combat réinventé

Arms propose une nouvelle façon d'interpréter les jeux de combat avec des mécaniques et des commandes bien pensées. Il offre une variété de personnages et de poings pour permettre une certaine stratégie de se développer. On regrettera toutefois le nombre limité de modes, les commandes pas toujours aisées à saisir, et la quantité d'heures à investir pour accumuler des poings et ainsi créer un peu de variété dans le style de jeu.

Les plus
  • Mécaniques bien pensées
  • Jeu de combat réinventé
  • Bonne variété de personnages
Les moins
  • Tutoriel un peu flou
  • Méthode d'acquisition des poings (arms)
  • Le manque de diversité dans les modes
  • Note décerné au jeu
    8
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Critiques

Ce fut en écoutant Navi qu’il est tombé à jamais dans le jeu vidéo. Et en voulant se relever, il découvrit la Force. Geek et gamer (et traducteur quand il peut), il est un inconditionnel de Nintendo, des RPG et des jeux de stratégie. Entre deux Final Fantasy, il s’intéresse à la localisation des jeux et à leur impact socioculturel.

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