Injustice 2 : K.O. technique!

Après sa création en 2010, NetherRealm a repris le flambeau de Midway pour la série de Mortal Kombat en gardant son créateur Ed Boon aux commandes. Avec Warner Bros comme nouveau propriétaire, il fut inévitable qu'on leur demande de produire une oeuvre mettant en vedette les personnages de DC Comics. Telle est la genèse d'Injustice : Gods Among Us en 2013. Sa suite, Injustice 2, reprend non seulement l'histoire où elle fut laissée, mais elle améliore aussi tous ses aspects ludiques, tant au niveau de la présentation que de la jouabilité, le rendant ainsi une référence pour tous les prochains jeux de combat à venir.

 

Clash de titans

Se déroulant 5 ans après les évènements d'Injustice se terminant par l'emprisonnement d'un Superman devenu un dictateur tyrannique dans un univers parallèle au nôtre, on retrouve Brainiac, le voleur de civilisations, qui se dirige vers la Terre afin de s'emparer des principales métropoles de la race humaine. Malheureusement, cela n’est pas une raison suffisante pour réunir les anciens membre de la Ligue des Justiciers. En fait, les héros sont toujours séparés par les conséquences de Gods Among Us, la confiance n’est plus quelque chose d’acquis chez plusieurs, d’anciens rivaux deviennent partenaires idéologiques, et les vilains deviennent de plus en plus puissants à chaque jour qui passe. Avec les sorties de Batman V Superman : Dawn of Justice et Captain America : Civil War, une certaine saturation s’installe dans les thèmes d’alliés devenus ennemis, mais son introduction émise depuis le premier tome est plus que logique et bien reçu pour cette entrée encore. Contrairement à son itération précédente, Injustice 2 se concentre sur un univers unique sans faire appel à un autre afin de les sauver. Cela n’empêche pas que son histoire soit tout aussi engageante, sinon plus grâce à sa rejouabilité et sa présentation exceptionnelle.

Avant Mortal Kombat X, jamais un jeu de combat n’avait eu si belle allure; Injustice 2 vient de monter la barre encore plus haute. NetherRealm s’est encore une fois dépassé pour donner une motivation à chaque personnage d’être présent ainsi que les représenter d’une façon fidèle et non caricaturée au niveau de leur allure et de leur écriture. Et que dire de la modélisation des personnages à part qu’ils sont presque parfaits? L’utilisation d’une version modifiée de l’Unreal Engine 3 fait ressortir les différentes textures, ombres et détails de leurs costumes et visages pour que chacun soient singulier. Ne vous attendez donc pas à retrouver le même visage féminin sur les différents avatars de ce genre. Pour les amateurs de technologie, les combats restent stables en tout temps à 60 images par seconde, rendant l’expérience fluide et agréable à regarder en tant que spectateur. Si les graphismes fonctionnent à merveille, tant sur le plan artistique que technique, on peut pardonner que seul le thème principal du titre soit l’unique chanson iconique de tout le jeu.

 

Batman, Robin & Cie

Sans surprise, les icônes de DC Comics sont au rendez-vous dans ce titre, mais c’est l’addition de quelques inattendus qui met de la variété stratégique dans le choix des personnages. Si Shazam, Luthor et Killer Frost ne sont plus, Supergirl, Captain Cold et Poison Ivy rejoignent Batman, Superman, Wonder Woman et 22 autres personnages avec 10 autres en téléchargement à venir. Ce n’est peut-être pas autant que la cinquantaine dont dispose la série Tekken ou la vingtaine de la série Street Fighter, mais tous se contrôlent différemment l’un de l’autre avec généralement un bon balancement entre chacun. Si Bane est concentré sur le rapprochement et la pression physique, Doctor Fate va punir votre positionnement dans l’arène avec ses incantations, alors que Deadshot va tenter de garder de la distance avec ses nombreux fusils. Le mode histoire vous donne un aperçu sur une quinzaine de personnages, mais tous ne sont pas jouables ou ne reviennent qu’à très peu de reprises. En fait, le Joker et Atrocitus ne sont votre adversaire qu’une fois chacun dans l’histoire, laissant un goût amer sur leur utilisation et implantation. Néanmoins, cela fait toujours chaud au coeur d’entendre Mark Hamill incarnant le clown cinglé, Kevin Conroy en tant que la chauve-souris, ainsi que plusieurs artistes revêtant leur rôle iconique.

Au niveau de la jouabilité, Injustice 2 reprend les fondations établis par son prédécesseur de 2013 avec de bonnes additions. Si les combos restent au coeur du jeu, c’est la symbiose avec leurs attaques spéciales, l'interaction avec l’environnement ainsi que le trait unique à chaque personnage qui produit de la profondeur au système de combat. La «super-jauge» fait également un retour afin de balancer l’issue d’un combat, donnant une chance au joueur plus défensif de se défaire des griffes de l’opposant en le forçant à s’éloigner, en faisant une attaque spéciale un peu plus puissante, ou en ripostant avec une super-attaque dévastatrice. Comme Killer Instinct, les personnages disposent de deux barres de vie durant un combat afin de vaincre l’ennemi, remplaçant ainsi les rounds au niveau du rythme. Durant leur deuxième barre, ils ont également une chance de recouvrer de la santé perdue grâce encore une fois à la fameuse jauge. Le jonglage est aussi accessible et encouragé si vous voulez faire le plus de dégât possible en peu de séquences offensives. Si je vous ai perdu avec ces termes, ne vous en faites pas : des tutoriels à la fois généraux et spécifiques à chaque personnage sont disponibles et encouragés à découvrir, rendant le jeu plus accessible pour les néophytes du genre. En d’autres mots, la formule du studio établie par MK en 2011 est respectée et améliorée afin d’encourager les différents styles de jeu et les renversements de situation.

 

Supergirl VS Power Girl : Univers parallèles

Si l'histoire ne se concentre que sur un seul univers, le mode arcade enrichit l’idée du «Multiverse» dans le mode de jeu éponyme. Considérez celui-ci comme le remplacement officiel du mode arcade traditionnel par une série de défis générés pour un temps limité avec des personnages revêtant des accoutrements différents de ceux du mode histoire. En plus de justifier narrativement l’incorporation de différentes peaux pour chaque personnage, on y introduit un tout nouveau système d’équipement. Celui-ci vous permet de créer votre propre version du Green Lantern en changeant 5 composantes de son habillement et sa couleur en élevant ses statistiques au niveau de la force, la puissance des habiletés, la défense et la santé. Cet élément RPG ajouté paraît compliqué à première vue, mais il devient très facile à comprendre après vos premiers gains. Or si vous voulez affronter un Blue Beetle noir avec une tête d’alien avec votre Harley Quinn revenant dans son costume d’arlequin jaune alors que la gravité de l’environnement est réduite, vous le pouvez! Un événement fut même créé dans le Multiverse afin de remporter les différents éléments de l’habit porté par Gal Gadot du film de Wonder Woman. Imaginez ce que Warner nous réserve pour Justice League!

Si le Multiverse est une joie à revisiter, le système de costume peut être un peu ardu. Nous avons peut-être la liberté de changer notre équipement, mais avoir ce que nous désirons réellement revient au hasard : Toutes les différentes composantes sont générées de façon procédurale spécifiquement pour chaque personnage au niveau de l’apparence et de ses avantages, une comparaison semblable aux paquets de cartes dans les jeux de sport d’Electronic Arts puisqu’il y a une incorporation de microtransactions pour ses boîtes à butin. Le problème est que mis à part quelques teintes de couleurs, tout doit passer par ces boîtes «surprises» aux différents grades sans savoir sur quoi l’on va tomber. Nous n’avons même pas accès à un catalogue de possibilité! La limitation se fait ressentir certes, mais cela peut attirer et éloigner à la fois les joueurs compétitifs et les occasionnels pour les différentes raisons. Que l’on soit en accord ou non avec cette nouvelle mécanique et sa façon de procéder, c’est une toute nouvelle dimension de rejouabilité au titre qui y est apporté. Pour les puristes de jouabilité, ne vous inquiétez pas : les combats classés en ligne désactivent tout avantage automatiquement.

 

Injustice 2 délivre la marchandise sur tous les points pas seulement en tant que suite, mais en tant que jeu de combat. Avec une histoire prenante comme elle est, on pardonne facilement sa courte durée grâce à sa présentation éblouissante et sa jouabilité solide inspirée par Mortal Kombat. L’aspect dynamique du Multiverse donne une excellente raison supplémentaire afin d’y retourner jour après jour, d’essayer de nouveaux personnages, et de collectionner de nouvelles pièces d’équipement. L’exécution et la distribution pourraient être meilleure, mais on laisse notre imagination libre quant à la création de costumes. Parce qu’il n’y a pas de déguisement vendu à part, cela laisserait de la place pour du meilleur contenu pour la passe saisonnière.

Incroyable!
9
Incroyable!

Injustice 2 n’est pas seulement un excellent jeu, c’est la nouvelle barre à atteindre tout aspects confondus, et vous me verrez y jouer encore et encore pour les semaines à venir!

Les plus
  • Histoire captivante
  • Combat solide
  • Bon choix de personnages
  • Beaucoup de rejouabilité
Les moins
  • Système d'équipement restreint
  • Microtransactions présentes
  • 9
Catégories
CritiquesMicrosoftPlaystation
Geek affirmé, gamer confirmé, et barbu occasionnel, Marc-André (alias Bobbyjoe) reçoit la Playstation à l'âge de 6 ans, la faisant ainsi sa console de prédilection. En possession d'un DEC en cinéma et communication, il y ajoute une spécialisation dans l'industrie des jeux vidéo grace au baccalauréat en médias numériques à l'UQÀM. Il ne croit pas aux guerres culturelles: que ce soit Playstation/Xbox, PC/Mac, ou même Marvel/DC, si tout le monde est content et trouve ce qui lui plait, pourquoi autant de haine?
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