Danger déchaîne sa «Furi» au Théatre Fairmont le 28 juillet

Un des artistes sur la bande sonore de Furi sera de passage au Théatre Fairmont de Montréal le 28 juillet pour la tournée de son premier album, intitulé 太鼓! Je profite de l’occasion pour vous faire découvrir ce maître de l’électro cinématique! Qui est-il donc, ce Danger?

Un jeune homme qui s’enfuit d’un danger imminent. Une pyramide noire au centre d’une forêt tropicale. Une rencontre mystique. Une transformation. Un individu masqué dont les yeux illuminent la scène. Bienvenue dans le monde mystérieux de Danger.

C’était le 2 juin dernier que Danger sortait son premier album, que j’attendais depuis (croyez-le ou non), 10 ans. Son premier EP date de 2007, en plein dans la renaissance de la French Touch, au milieu des Justice, Boys Noize, Kavinsky et Surkin. C’étaient les belles années d’Institubes, Ed Banger Records, Turbo Recordings et Record Makers. Malgré tout, Danger a su se démarquer avec un son bien cru et un peu plus cinématique, moins club que le reste.

Danger, de son vrai nom Franck Rivoire, était d’abord un graphiste, et ça se sent. Avec lui, la musique doit former une image, raconter une histoire. La pochette nous offre chaque fois une image mystérieuse qui garnit un peu plus l’univers dans lequel il souhaite nous faire plonger. Chacune de ses pistes est nommée comme une heure sur un cadran, comme 7:17, 11:02 ou son célèbre 11h30. Depuis 2007, Danger nous nourrit au compte-gouttes, soit des nouveaux morceaux tous les 2 ou 3 ans si on est chanceux. 4 EP plus tard, il prend assez de confiance et d’expérience pour nous livrer son album 太鼓 (qui signifie «taiko», ces gros tambours japonais), sur son propre label, 1789.

Taiko, une célébration de la culture japonaise

Cet album, c’est un amalgame de souvenir de son enfance, qui fut fortement influencé par les animés japonais. Un album riche qui amène une surprise à chaque détour, C’est personnellement ce que je recherche dans la musique électronique : de nouveaux sons et des atmosphères uniques. Il décrit parfaitement son style dans une entrevue sur Nest HQ.

"the album is a hybrid of eastern and western music between 80’s retro and more contemporary sounds."

Ma seule déception : j’aurais aimé qu’il mène à terme le «lore» qu’il bâtit depuis 10 ans, avec un vidéoclip qui lève un peu le voile sur le mystère. La compagnie Multiply Studios avait fait un test d’animation 2D pour un clip de 9h20 qui ne fut jamais terminé, et le teaser en début d’article a élevé de faux espoirs quant à l’existence d’un clip dessiné à la main. L’idéal aurait été un genre de Interstella 5555, qui ajoute de l’animation par-dessus l’album en entier. Mais bon, on peut bien rêver… Parce que le clip de 19:00, featuring Tasha the Amazon (une rappeuse canadienne), nous présente des dioramas de trois personnages, et bien qu’il soit en magnifique 4K, il soulève plus de questions qu’il n’en résout.

Et pourquoi j’en parle sur un site de jeux vidéo?

Parce qu’on peut entendre et voir les influences du jeu vidéo partout dans sa musique. Franck Rivoire est un gamer, et ce n’est pas un hasard si son costume vous fait penser à un mage dans Final Fantasy... Voici ce qu’il dit à ce sujet dans une entrevue sur Wakanim, en 2014:

«J’ai passé beaucoup de temps seul dans ma chambre à dessiner et inventer des histoires, je voulais en faire mon métier, j’ai donc été nourri aux mangas, j’ai lu beaucoup et regardé les films de Miyazaki (ndlr. réalisateur pour le Studio Ghibli), Ôtomo (ndlr. auteur d’“Akira”), Mamoru Oshii (ndlr. réalisateur de “Ghost in the Shell”), Satoshi Kon (ndlr. réalisateur de “Perfect Blue”, “Paprika”)… Entre autres pour les anciens, j’aime aussi Hosoda (ndlr. réalisateur de “Summer Wars” et “Les enfants loups : Ame et Yuki”) et plus généralement je regarde un peu tout ce que passe en Seinen et Shônen, avec une préférence pour les histoires sombres. J’ai beaucoup aimé les scores (compositions) de Taku Iwazaki (ndlr. compositeur de la série « Gurren Lagann ») sur les OAV de Kenshin. Côté jeux vidéo, cela serait trop long de tout citer, je pense que les OST de RPG sont une de mes influences principales en musique : Nobuo Uematsu sur les « Final Fantasy », mais aussi Yuzo Koshiro sur les « Streets of Rage », et plus récemment les scores de « Shadow of the Colossus » (ndlr. jeu sorti sur PS2) de Kow Otani. Je n’ai jamais été un puriste musicalement, j’ai tout de suite associé la musique avec une narration, une histoire c’est toujours plus fort pour moi et plus simple à composer.»

Parlant de Streets of Rage, le teaser de son troisième EP, “09/17/2017”, est sous forme de fausse intro pour un jeu de Sega Genesis, en pixel art et une version 16-bit d’une piste de l’album (ci-dessus). Vous avez probablement entendu sa musique puisqu’il a contribué à la succulente trame sonore de Furi (ci-dessous). Le style cinématique de Danger s’applique à merveille dans le contexte d’un jeu vidéo. Avec un peu de chance, les pistes de Danger pourraient bien se retrouver sur d’autres trames sonores (ce sont des musiques parfaites pour les batailles contre un boss!).

Danger partira de sa France natale pour venir nous visiter au Théatre Fairmont de Montréal le 28 juillet prochain pour sa tournée nommée 太鼓 part II. Ses lives sont agrémentés d’animations derrière lui, garnissant une fois de plus la mythos du personnage. Ne manquez pas ça!

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C'est un gamer, fan de science-fiction, de BD, de jeux de société et de musique électronique. Bref, un geek. Rédacteur depuis 2008, il adore partir à la recherche de jeux uniques, peu importe leurs dates de sortie ou leurs pays d'origine.
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