Rain World, l’unique

Entre limace et chat

Développé par Videocult et publié par Adult Swim Games, Rain World nous place dans la peau d’un slugcat qui doit faire face à un environnement hasardeux et hostile. Combinant adorable et troublant, l’univers de Rain World est unique et fantastique et saura défier le joueur d’une manière originale.

Presque trop simple

Essentiellement, Rain World est un jeu de survie et de plateforme. Après une séparation brutale de sa famille, le slugcat que vous incarnez s’embarque dans la quête de recherche de ses proches relatifs. L’environnement dans lequel vous évoluez est essentiellement composé d’éléments hostiles, que ce soit des lézards omnivores ou des plantes carnivores. Vous devez constamment rester sur vos gardes et utiliser des débris en tant que projectiles pour vous défendre. Cependant, l’environnement est aussi rempli de nourriture que vous pouvez trouver, attraper ou alors cueillir pour vous nourrir. Et là est tout le but du jeu (ou presque) : remplir votre estomac au maximum afin de couvrir la froide nuit qui approche. En effet, il vous est impossible de vivre de nuit et vous devrez trouver un refuge une fois que vous aurez fait les provisions. Ensuite, il existe plusieurs endroits que vous pourrez visiter au fur et à mesure de votre quête et votre progression, chacun avec son décor et ses créatures.

Pour ce qui est de la plateforme, et bien, c’est exactement ça. Rien de bien original au niveau du jeu de plateforme. Vous sautez, vous vous agrippez à l’environnement et ainsi de suite. Le tout en traînant votre trace de mucus de slugcat dans les couloirs étroits. Il est très frustrant de mourir à chaque erreur commise, car vous n’avez pas de point de vie : si un ennemi vous attrape, vous êtes devenu un repas. L’originalité du design repose dans l’élément de survie où le but n’est pas du tout d’affronter les antagonistes, mais plutôt de vous nourrir et de trouver refuge. Le tout est présenté dans une interface très épurée qui pourrait même l’être trop, car elle vous prive d’informations fort utiles.

Procéduralement animé

L’animation des créatures dans Rain World est unique pour une raison bien simple. Au-delà des graphismes de style 16 bits qu’on peut clairement apercevoir au premier coup d’œil, l’équipe de Videocult a combiné une animation traditionnelle avec une animation programmée qui s’intègre à l’environnement de manière procédurale, créant ainsi un résultat unique. Dans certaines situations, ces animations sont bizarres, mais souvent le slugcat est complètement adorable par ses mouvements imprévisibles. Du reste, le visuel est aussi très bien réussi. On est dépaysé par le style apocalyptique malgré le traditionnel minimalisme utilisé par les développeurs. Mais… regardez ce slugcat!

Un joueur laissé à lui-même

Dans la veine du minimalisme, Rain World pousse le thème assez fort au point de cacher des informations qui seraient franchement les bienvenues. En fin de compte, les seules indications qui vous seront fournies seront celles qui vous seront communiquées par un ver jaune dans le jeu qui apparaît une fois de temps en temps pour vous donner des indices. Ainsi, le joueur peine à définir ses objectifs, utiliser les outils qui sont mis à sa disposition et évoluer dans l’univers de Rain World. Il y a même des contrôles qui ne sont jamais expliqués ni même affichés dans le menu. À ce niveau, Rain World est peut-être trop minimaliste et, encore pire, ne prends pas suffisamment le joueur par la main. Il faut vraiment une détermination particulière pour passer au travers du jeu. Ça ou alors un wiki à portée de main.

Emphase sur l’immersion

La musique est pratiquement absente. En fait, elle est extrêmement faible et se résume à quelques bruits d’ambiance en général. Lorsque vous êtes en danger et qu’un élément perturbateur comme un lézard mangeur de slugcat se trouve à proximité, le tempo change et avertit le joueur du danger imminent. Ainsi, la musique complémente bien l’ambiance et l’interface épurée pour plonger le joueur dans l’univers de Rain World. L’immersion dans l’univers étrange du titre de Vidéocult est son point fort et ils utilisent à bon escient tous les moyens connexes au gameplay pour le servir.

Quels objectifs?

En progressant (ou en consultant des sources externes), on découvre que les glyphes qui apparaissent pendant la nuit sont en fait des clefs qui permettront au slugcat d’avancer dans les niveaux du jeu. Comment activer les glyphes? Encore une fois cette information est dure de compréhension et peut être, par exemple, la nourriture consommée par le joueur. Ainsi, si le joueur réussit à ne se nourrir que de plantes (herbivore) pendant plusieurs jours, il pourra débloquer le glyphe du Monk et inversement le glyphe du carnivore.

Générique et unique

Essentiellement, Rain World est un jeu de campagne solo qui est adressé à ceux qui désirent une aventure peu commune dans l’univers des jeux vidéo. Si vous aimez creusez vos méninges à vous demander «Qu’est-ce que je dois faire pour atteindre cette plateforme?» ou «Comment dois-je progresser au niveau suivant?», ce jeu est là pour vous. Il faut aussi dire qu’il impose son ambiance de manière très efficace et l’épuration de l’interface permet une immersion assurée dans un monde bizarre, original et plutôt joli dans son genre.

Rain World est un jeu difficile à apprécier dans un monde où la plupart des jeux ont des tutoriels bien réalisés, mais il ne fait aucun doute que c’est un jeu bien conçu, intriguant, joli et qui vous imposera certainement un défi.

Catégories
CritiquesPC / MACPlaystation
Étudiant en conception de jeux vidéo de l’UQAC et amoureux de l’industrie des jeux vidéo, Simon aime partager sa passion à tous ceux qui veulent bien en savoir davantage. Jeux vidéo, jeux de société, cinéma... bref, tous les médiums du divertissement sont au cœur de ses préoccupations.
Aucun commentaire

Laisser un commentaire

*

*

Dans le même sujet