SNES Classique – À qui la faute?

Mardi, grand jour de précommande dans les magasins du monde : la SNES Classic est finalement disponible pour tous. Vraiment? Non! Le Québec a été un des rares marchés à être sans précommande. Pourquoi n’en avons-nous pas? On peut regarder du coté de Nintendo qui semble avoir oublié que nous avons des règles strictes au niveau des logiciels et des jeux, ainsi que de leurs traductions.

La maudite loi 101

Cette maudite loi, aux dires de ceux qui ne peuvent obtenir leur précommande de SNES Classic, serait la source de tous les malheurs. En fait, les coupables seraient les menus de la SNES Classic. Selon toute vraisemblance, ceci empêcherait la console d’être vendue en sol québécois en vertu de la loi.

Oui, mais sauf que cette loi est établie depuis très longtemps et oui, la modification qui affecte les ludiciels (dont les jeux vidéo) a été ajoutée… il y a 20 ans! L’article 52.1 ajouté en 1997 à la charte prévoit que « Tout logiciel, y compris tout ludiciel ou système d'exploitation, qu'il soit installé ou non, doit être disponible en français, à moins qu'il n'en existe aucune version française ». Surprise, si le logiciel contrevient, et bien on se retrouve avec l’article 54 qui interdit toute vente de ces articles s’ils ne répondent pas à ce critère.

Est-ce que le méchant gouvernement et la loi 101 sont anti-joueurs? Non. Elle est là, car le Québec à un contexte culturel particulier. Dans un pays où tout le monde parle en anglais, nous sommes un des seuls endroits en Amérique du Nord où la langue de Molière est encore la première langue utilisée. Outre l’argument d’histoire, c’est un peu le patrimoine de la région qui a forcé ces changements, pour la préservation de la culture et de la langue. La loi est particulièrement stricte parce qu’il le faut et des exceptions, il y en a très peu. Les gens, de plus, étaient bien contents des changements apportés en 2007 pour resserrer la situation.

Pourquoi donc on ne peut pas avoir accès à certains jeux? Ce n’est pas réellement le gouvernement ni notre loi qu’il faut blâmer ici, mais probablement le laxisme du producteur.

« It’s a me : la localisation! »

Aussi surprenant que cela puisse sembler, on peut laisser tomber nos torches et nos fourches contre le gouvernement et regarder Nintendo pour un coupable dans ce cafouillage monstre. Parce que la compagnie est pourtant fière de pouvoir dire qu’elle localise les jeux au Québec en français. Rares sont ses jeux qui se retrouvent sans traduction. Parfois on se retrouve avec un petit peu trop de zèle (comme dans Super Mario Galaxy) dans la traduction, mais ça reste quelque chose qui est annoncé haut et fort.

On est en droit de se poser la question si c’est le souci de production qui serait en cause. Plutôt que de localiser la console comme ils le font avec les jeux, Nintendo aurait plutôt essayé de couper les coins ronds en omettant la traduction des menus. Pire, est-ce que la version francophone ne verra le jour qu'en Europe? C’est à se demander si notre merveilleuse province ne fait pas les frais d’un manque d’intérêt de commercialisation. Bref, beaucoup de questions, très peu de réponses étant donné le silence total au niveau des communications de Nintendo of Canada sur le sujet.

Reste à attendre leur sortie du mutisme pour en savoir plus. Mais soyons honnêtes, après tout le bon marketing que la Nintendo Switch a reçu, c’est un sérieux faux pas pour un produit très attendu.

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Cofondateur de Multijoueur, Bruno est un grand passionné de l'industrie vidéoludique. Non seulement il aime jouer, mais il adore discuter de cet univers. N'ayant pas la langue dans sa poche, il ne se gêne pas de critiquer les erreurs qui passent sous ses yeux!
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