Cat Quest : conquérir le monde, une patte à la fois

Gentlebros Games, un studio de Singapour, nous propose une aventure typiquement féline avec Cat Quest dans lequel le joueur incarne un chat qui se retrouve malgré lui emporté dans une quête contre un vilain sorcier.

Cat Quest, le second titre développé par Gentlebros Games, est une aventure féline disponible sur ordinateur (Windows et iOS, pas de chicanes avec eux) et sur mobile (version Android prévue pour septembre, iOS déjà disponible). Il s’agit d’un RPG dans un monde ouvert peuplé de chats qui… Et bien, qui agissent en chats anthropomorphiques : ils ronronnent, ils miaulent un peu trop souvent et ils mettent le trouble.

Un peu de simplicité, s’il vous plaît

La prise en main du jeu et sa complétion se font rapidement. On apprend les quelques clics nécessaires à la survie du personnage et comment envoyer promener les ennemis à coups d’épée ou de boules de feu - aucune innovation du côté des mécaniques en ce sens. Le chat incarné par le joueur est en effet sensible à la magie, et cela ne lui prendra certainement pas beaucoup d’heures pour aller vaincre son nemesis imposé par un chat fantôme aux allures de Navi - la seule différence étant qu’au lieu de dire « Hey, Listen! », il nous balance des jeux de mots douteux relatifs aux chats (chat s’peut pas ces affaires-là). C’est en travaillant son côté complétionniste qu’un joueur pourra augmenter ses heures de jeux : se rendre au niveau 99, ramasser tous les objets, faire tous les donjons permettra de doubler, voire peut-être de tripler le nombre d’heures de jeu.

Aperçu du terrain de jeu.

Une Chaventure simple mais bien pensée

En parcourant le monde, le chat devra aider ses comparses dans différentes quêtes l’amenant à traverser monts et marées. Le jeu, dans sa présentation, se révèle fort simple : les objectifs sont clairement définis, la carte du jeu est accessible dès le début, sans être trop grande ni trop petite, et permet un certain niveau de difficulté, puisque comme tout jeu ouvert, l’ennemi que vous allez croiser peut potentiellement vous abattre en un coup. Des points de sauvegarde sont placés convenablement un peu partout sur la carte, de sorte que vous n’en êtes jamais trop loin.

La trame narrative, elle aussi, est présentée et assumée comme étant simple et sans profondeur, et ce dès le début du jeu. Qu’à cela ne tienne, les joueurs qui parcourent Félinegrade à la recherche de dragons se rendront compte que l’histoire se révèle finalement plus profonde, beaucoup plus complexe, et avec quelques références qui brisent le quatrième mur (donc qui interpellent le joueur en tant que tel, et non en tant que chat). Malgré tout, elle demeure néanmoins limitée et répétitive; l’enrobage est appétissant, les prémisses captivantes, mais Cat Quest se termine en quelques heures et on reste sur notre faim.

Il faut savoir que le jeu fait aussi preuve d'auto-dérision. Il ne se prend pas au sérieux, et se veut seulement une belle expérience vidéoludique.

Être charmé par des boules de poils et de griffes

Bien qu’on regrette la courte durée du jeu, son esthétique générale - je parle ici tant du visuel que de la trame sonore, en passant par la qualité du texte et de sa localisation - est telle qu’on apprécie l’expérience et qu’on sourit bêtement aux blagues et références. Une fois que le générique déroule, on se mord un peu les lèvres en se disant que le jeu est terminé. Les couleurs et l’ambiance générale en font une perle intéressante et donnent une valeur non-négligeable à l’expérience vidéoludique. La bande son, un peu répétitive, accompagne le tout, avec des sons légers et réfléchis,  le tout dans une qualité qui, sans être excellente, témoigne d’un intérêt pour la qualité audio du jeu.

Un jeu étonnement bien traduit

En tant que joueur, ce qui m’a impressionné le plus, c’est la localisation du titre. Pour un studio qui publie son second titre, offrir un jeu en plusieurs langues simultanément dès le lancement, ce n’est pas chose aisée. D’autant plus que pour avoir jouer dans différentes langues, j’ai été étonné de la qualité des jeux de mots, de la précision des termes, et de la façon dont l’équipe de localisation est parvenue à conserver l’ambiance d’origine du jeu (en anglais). Certes, il y a des problèmes d’intégration, mais la quantité de jeux AAA qui n’arrivent pas à conserver l’ambiance du jeu d’origine en anglais dans ses différentes localisations montrent bien que de publier un jeu de qualité était un objectif important pour l’équipe. Je considère qu’il est bon de noter le dévouement de l’équipe pour offrir un jeu de qualité - malgré sa courte durée de vie - dans un vaste choix de langues.

Certains textes se rapprochent beaucoup de la langue orale. Pas tout à fait une réussite - en mon sens - mais l'effort vaut la peine d'être souligné.

Certes, le jeu est fort court et simple. Il n’en demeure pas moins intéressant et charmant. Côté prix, le jeu se vend à 7$ sur mobile et à 14$ sur Steam. À cet effet, il faut noter que la durée d’un jeu n’est pas représentative de sa qualité. Et en ce sens, Cat Quest offre un jeu de qualité malgré ses quelques défauts et sa simplicité apparente.

Pour Gentlebros, il restera à voir s’ils ajoutent du nouveau contenu gratuitement (donjons et autres), ou s’ils apprendront de Cat Quest pour continuer à créer des jeux charmants mais, on leur souhaite, un peu plus développé.

Jolie référence aux jeux qui se recyclent dans de nouveaux genres. Comme, euh, Persona 5.

Bien, mais pas assez développé
7
Bien, mais pas assez développé

Cat Quest est une curieuse proposition sur fond de RPG ouvert. Le jeu est sympathique et agréablement surpris; il manquerait, au mieux, de profondeur et de quêtes. Il n'en demeure pas moins une expérience agréable qui aurait été impossible sans le support du distributeur PQube qui a aidé à lancer ce jeu indie sur Steam.

Les plus
  • Humour
  • Esthétique générale du jeu
  • Localisation
  • Les chats
Les moins
  • Très court
  • Répétitif
  • Combats simples
  • Une belle découverte malheureusement trop courte
    7
Catégories
AnnoncesCritiques
Ce fut en écoutant Navi qu’il est tombé à jamais dans le jeu vidéo. Et en voulant se relever, il découvrit la Force. Geek et gamer (et traducteur quand il peut), il est un inconditionnel de Nintendo, des RPG et des jeux de stratégie. Entre deux Final Fantasy, il s’intéresse à la localisation des jeux et à leur impact socioculturel.
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