La visite de Saint-Batman

La nuit de Noël, dans toute la ville de Gotham,
Nul être ne bougeait, sauf peut-être à Arkham,
Les criminels pendaient, accrochés par les pieds,
Espérant le départ du Batman frustré.

Les voyous se cachaient au creux des ruelles grossières,
Parlant de la fois où ils ont étés témoins
Du Batman qui plongeait la tête première,
Vers le thorax de Carl, le criminel nain

Quand de notre rue monta un tel fracas,
Que les vitres explosèrent et la caméra trembla,
Volant vers la scène, aussi prompt que l'éclair,
Repoussant les décorations, activant les alarmes.

La lune jouant sur la neige tombée sur la rue
Éclairait le tout aussi vivement que le midi,
Quand à mes yeux terrorisés, devinez qui parut:
Le fou furieux déguisé en chauve souris

Il péta la gueule de Max, en lui atterissant sur la tête,
Enfonça sa botte dans Nick dès le premier moment.
Puis, rapidement, il bondit vers mon oesophage,
Il hurlait et crachait empli d’une telle rage:

“BLAGHEU BLAHEU GLARLALA RLA BLA!”
Que j’ai interprété vaguement
En: “QUI A PAYÉ DES ASSASSINS POUR MA TÊTE?”
Avant de présenter son poing à mes dents.

Aussi vite qu’il est arrivé il est reparti entêté
Accroché de nouveau à son chiroptoplane vorace
En guise de vengeance sur un gars masqué
Qui en fin de compte est un clown cocasse

Spoilers! que vous criez!
Mais je m’en fous!
J’en ai assez du Joker
Et Batman itou!

On dirait que c’est devenu modus operandi
D’être triste et bas et morne
Quand on combat des bandits
Habillé de manière aussi extravagante qu’une licorne

Batman, il y avait un temps récent
Était capable de sourire occasionnellement
Même Tim Burton lui a permis sans déni
L’usage approprié de l’ironie

Kevin Conroy, dans la série animée
Poussait des rétorques fort enjouées
On peut ignorer West et Kilmer et Clooney aussi
Mais même Bale rit plus que Smith ici

Arkham Asylum et un peu moins City
Tentaient de rester dans l’image faite
D’un Batman qui travaillait quelques sornettes
Dans ses commentaires fléchis

Peut-être que c’est moi qui de nouveau ne voit
Quelque chose que les bros-dudes semblent aimer
Dans l’idée d’un gars en bobettes armées
Qui bondit en rage du haut d’un toit

Je sais que je donne souvent à Ubisoft du fil à retordre
Mais grâce à Warner Brothers j’ai perdu ma rime
Pour un Batman qui m’enrage je finis et vous dit:

“Joyeux Noël à tous...oh pis Arkham Origins m'endort!”

*Ce texte est un dérivé du conte de Noël de Clément Clarke Moore. On appèlle ça de la satire

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Opinion
Critique aux goûts tranchants et développeur de jeux indépendant, Moustafa se plaint beaucoup, même trop (et sans cesse, ça nous agace), mais cherche à pousser la critique constructive dans l'industrie.
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