Premières impressions sur The Elder Scrolls Online

Successeur des grands Daggerfall, Morrowind, Oblivion et Skyrim, The Elder Scrolls Online arrive le 4 avril 2014. Avons-nous ici un véritable Elder Scrolls en ligne ou plutôt un énième MMORPG fantastique? Votre auteur se penche sur la question et présente ses impressions du jeu lorsqu'il a pu tester sa beta.

Une série réputée

The Elder Scrolls est une série bien aimée de la communauté des gamers. Avec ses populaires opus de Morrowind, Oblivion et Skyrim, Bethesda a su pendant plus de dix ans offrir des RPG axés sur l’action, l’immersion et la liberté totale du joueur. À travers ses mondes épiques rappelant l’univers de Tolkien, la série TES a quand même réussi là où de nombreux autres RPG ont échoué : offrir de l’originalité dans un style déjà surexploité. Le nombre de jeux calqués de Lord of the Rings et/ou de Dungeons and Dragons débordent tellement que le défi était de taille pour ressortir du lot.

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Depuis Morrowind, j’ai été totalement captivé par la série. Même si l’histoire demeure à mon avis assez fade, de nombreux traits particuliers aux Elder Scrolls me gardent pleinement fidèle. Quand on me dit The Elder Scrolls, voici ce qui me vient en tête :

  • Liberté du joueur : voler n’importe qui, tuer de façon permanente un NPC, mes actions auront TOUJOURS des conséquences. Je veux faire un génocide dans une ville? Pourquoi pas!
  • Construire un personnage comme on le veut : un orc voleur avec des armures lourdes qui fait de la magie blanche? Stupide, mais possible!
  • Combats actifs et en temps réel : quand je me bats, il ne s’agit pas de tour par tour et de roulements de dés.
  • Équipement et abilités uniques : mes magies et mes équipements utilisés seront souvent fabriqués par moi-même et peuvent être personnalisés comme je le veux!
  • Très vaste univers à explorer : chaque région possède sa propre géographie : son climat, son relief, ses ethnies, son architecture. Ces éléments contribuent beaucoup à l'immersion du joueur.
  • Progresser partout et n’importe comment : pas de quêtes nécessaires pour avancer sur un autre territoire (malgré des dongeons trop difficiles ici et là), je peux aller dans n’importe quelle région et être capable, parfois aisément ou difficilement, de survivre dans tous les environnements. Pas besoin de grinder.
  • Bon ratio $/h : même à plein prix, je sais que je jouerai au minimum pour une valeur minimale de 1h par dollar payé, un ratio qui me satisfait.

Un défi de taille

De grands obstacles de relations publiques et de développement se présentaient quand Elder Scrolls Online  (ESO) a été annoncé en mai 2012. Les sceptiques craignaient une autre pâle copie d’un typique MMORPG pour faire un coup d’argent. On soupçonnait l‘arrivée d’un autre clone de WoW. On criait même au travesti d’une série fidèlement attachée à l’idée de liberté du joueur. Les plus optimistes et les fanatiques de MMORPG se réjouissaient de voir une série déjà bien aimée prendre une formule qui leur plaisait déjà.

On oublie souvent l’entre deux. Il y avait ceux qui voguaient entre le scepticisme et la joie de  s'imaginer vivre dans le monde de Tamriel avec d’autres joueurs. J’étais parmi ces gens, me posant la question suivante : est-ce que Bethesda arriverait à maintenir les mêmes traits de ses jeux, en harmonisant l’aspect du jeu en ligne? Regardons les deux côtés du jeu pour en tirer une conclusion.

Coup d'oeil sur The Elder Scrolls Online

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Depuis quelques semaines, j’ai participé aux tests beta de ESO. Avouons-le, cette phase beta avait plusieurs buts : tester les serveurs, donner un avant goût (pour ne pas dire une impression entière) du jeu et créer un écho publicitaire et médiatique. L’essentiel du jeu était présent, malgré ses problèmes techniques temporaires. Bref, durant le beta, j’ai vu ce qu’est ESO.

Avant de lancer le pot, laissez-moi lancer les fleurs. Voici ce que j’ai bien apprécié du jeu :

  • D’excellents graphismes : je ne suis pas du genre à juger la qualité d’un jeu par ses graphiques. Mais rien n’empêche de reconnaître un travail bien fait. ESO est un beau jeu, surtout pour un MMORPG. Les lumières, l’eau, les textures, sont agréables à l’œil. Vous pouvez personnaliser l’allure de votre personnage comme vous le voulez, avec des détails remarquables et dignes des autres Elder Scrolls.
  • Des combats différents : l'impression que le combat d'ESO nous donne est, au départ, relativement satisfaisante. Nous le sentons pas comme un World of Warcraft, il est nettement plus actif et varié, il fait appel à la stratégie et la mobilité. Hélas, j'ai aussi beaucoup de critique négative envers le combat.
  • Un vaste monde : les territoires et les décors sont variés, la population et les villes restent fidèles aux autres Elder Scrolls.
  • Les dialogues sont riches : les NPC ont tous des voix, les dialogues sont nombreux et le jeu des acteurs vocaux est de qualité.
  • Une introduction excitante : le jeu commence bien, vous met au centre de l’action, mêle très bien avec les NPC aux vrais joueurs, donnant un bon sentiment. Sentiment qui hélas, va s’éteindre avec le temps.
  • Du combat PvP intéressant : j’en craignais beaucoup pour le PvP d’ESO. Pour plusieurs joueurs, cet aspect est essentiel : il assure la durée de vie du jeu et le dynamisme de sa communauté. Quelle surprise ai-je eu avec le PvP! Les combats sont épiques, immenses, bourrés d’action et de stratégie. Un peu chaotique, certes, mais une guerre réaliste... c'est rien d'autre que du chaos!

Hélas, ce sont les points négatifs du jeu qui font mal au potentiel d'ESO :

  • Le jeu est cher : 60$ minimum pour posséder le jeu. En plus de 15$ par mois d’abonnement. Si je voulais jouer un an au jeu, il faudrait payer au minimum environ 225$. C’est ridicule et inacceptable. Payons pour le jeu, payons pour un montant par mois, mais PAS les deux.  Certes, WoW a déjà fait la même chose auparavant... mais le marché a changé. Il y a pire encore : il y aura aussi certaines formes de microtransactions à l'intérieur du jeu. Il y aura ainsi 3 paliers de paiements au jeu. Je répète : ri-di-cule.
  • La liberté du joueur est complètement disparue : attaquer un villageois ou un garde pour le simple plaisir? Voler les biens d’un marchand? Pickpocketer un passant? Créer et décorer sa maison? Oubliez-ça. On retourne aux bons vieux NPC immortels et aux actions très limitées. Au moins, vous pouvez toujours faire certains choix concernant l’histoire… mais ces changements demeurent purement esthétiques. L’absence de liberté est un sacrifice essentiel pour le jeu en ligne, je le comprends bien, mais l’essence de TES meurt en partie ici.
  • Le combat est trompeur : ma pire déception, sans aucun doute. Quand je jouais en archer, j’avais beau viser complètement à côté de ma cible... et ma flèche, à chaque fois, se téléportait toujours sur une trajectoire magique qui se plantait directement dans l’ennemi. Viser en tant qu’archer ne sert à RIEN. Cliquez sans viser sur une cible mobile et vous la toucherez. Pareillement pour les magies et le combat à l’épée, il est chose commune de voir son personnage ne pas suivre la cadence de nos actions, car le jeu semble au bout de la ligne suivre une forme de tour par tour bien camouflée.
  • Les races ne servent à rien : dans l'univers de Elder Scrolls, les races jouaient un rôle primordial. Il explique les rapports sociaux, les forces et les faiblesses des personnages, leur personnalité. Dans ESO, chaque race possède des abilités négligeables. Les races se distinguent très peu des autres, outre pour par l'esthétisque et un système de faction. Ce système, qui joue dans l'idée d'alliances et dans l'histoire du jeu, perd de sa crédibilité avec la race des Impériaux, accessible seulement pour ceux qui auront payé un supplément dans leur version de ESO, qui peut rejoindre n'importe laquelle des trois factions.
  • Le jeu est cher : je l'ai déjà dit? Pas grave, je le répète. Parce que le prix aurait pu tout pardonner au jeu. S'il était disponible pour un prix plus raisonnable, s'il n'y avait pas trois paliers de paiements... peut-être aurions-nous eu un bon MMORPG dans l'univers de Elder Scrolls.

Impressions

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Si la série originale mettait de l'avant la liberté totale du joueur dans un univers fantastique riche et immense, sa transition vers le jeu en ligne a du faire des sacrifices trop grands pour plaire à un fan des Elder Scrolls. Toutefois, si vous êtes un fan fini des MMORPG comme WoW ET si vous êtes un amateur inconditionnel de l'univers de The Elder Scrolls, vous aimerez Elder Scrolls Online. Je l'admettrai, le monde de Tamriel est certainement bien présenté et agréable à explorer. Hélas, pas assez pour l'explorer dans un MMO offert à un prix démesuré.

Si vous êtes comme moi : quelqu'un qui adore Morrowind, Oblivion et Skyrim pour leur jouabilité,qui ne déteste pas les MMO sans en être un adepte... vous serez possiblement déçus et votre portefeuille ne vous aimera pas.  Ce jeu a l'allure d'un Elder Scrolls mais ne se joue pas du tout comme s'il en était un. Espérons qu'à sa sortie ou peu de temps après, le jeu permettra plus de liberté, du vrai combat à la TES et aura un prix raisonnable. Là, peut-être, aurons-nous un excellent jeu.

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DossiersPC / MACPlaystationWindowsXbox One
Enseignant d'histoire et de géographie passionné des jeux vidéo depuis sa petite enfance. Il a évolué dans les univers SNES, PSX, PC, Xbox, PS3, PS4. Grand admirateur de jeu de stratégies, d’aventure, de RPG, et de plate-forme. Ses goûts pour les sciences sociales et la psychologie l’amènent souvent à aborder les jeux vidéo d'un angle différent.
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