Trials Fusion: Le futur… ou pas

Trials est une franchise souvent célébrée par sa difficulté et le fait qu’elle est basée sur le talent et la patience du joueur pour terminer certains niveaux. Le dernier titre ne fait pas exception : la franchise semble s’y être perdue dans un énorme nuage d’idées à moitié conçues et de mauvaises décisions de parcours.

Dès l’accueil, on arrive sur un menu qui nous vend le futurisme plein de néons et de couleurs blanches qu’on pourrait trouver dans un décor générique à la Portal. Les espaces urbains sont souvent si dénaturés qu’on aurait pu y retrouver des objets du jeu Portal pour mieux meubler le décor. Les décors naturels restent beaux et attrayants, mais le décor reste ça, un élément d’arrière-plan sans aucun impact sur le jeu.

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Dès les premières courses, on sent rapidement que Trials Fusion n’est pas là pour pousser plus loin que le legs laissé par les anciens titres. On retrouve la même action dans un emballage manquant de lustre, de finition et d’attraits.

Le développeur Red Lynx, qui a réalisé le projet, semble avoir plutôt mis l’accent sur des éléments externes au jeu. Plutôt que de garder l’expérience dans son plus simple appareil, on nous impose, pour la première fois dans l’histoire de Trials, une trame narrative. Cette histoire est accompagnée par une voix d’une intelligence artificielle sympathique mais superficielle. Hélas, la trame ne semble pas tant développée et est très aisément oubliable. On entend des commentaires qui, surtout dans le contexte de Trials, peuvent devenir irritants. Surtout dans le câdre du quarantième essai lorsqu’on recommence le même segment parce que notre visage décide de dire bonjour au plancher.

Nouveautés oubliables

Malgré cela, les mécanismes qui font de Trials un jeu amusant et un challenge sont toujours présents. On nous donne la possibilité de faire plusieurs courses avec une agilité et une finesse hors pair. Les nombreux mouvements qui font la fierté de la franchise tels que le “bunny hop” et les sauts avec rebond sur un mur sont de retour avec Trials Fusion. Le jeu peut surprendre, car ce n’est pas une courbe de difficulté, mais bien un mur futuriste chromé qui nous attend dans le détour. Le saut d’une espèce de course effrénée à un niveau où chaque plateforme est plus minuscule que l’autre est quasi instantané et peut possiblement tuer l’enthousiasme de certains joueurs.

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Une addition intéressante au mélange est le VTT qu’on peut utiliser pour certaines missions. Même si ce nouveau véhicule est plus lourd et moins rapide, il en reste fort amusant de l’essayer. Je n’irai pas jusqu’à vanter les mérites du véhicule qui semble être une addition superflue. Un autre ajout qui peut intéresser les habitués de la série est le système de manœuvre spéciale (tricks). Il permet au cycliste de faire de multiples manœuvres avant d’atterrir d’une longue chute. Encore une fois, son intégration ne semble pas complète et le jeu peut aussi bien se dérouler sans son usage. Elle mène parfois à certains bogues bizarres. Par exemple, un bras qui ne devrait pas se retrouver dans le corps du personnage.

En fin de compte, Trials semble souffrir d’un syndrome que beaucoup de producteurs de jeux semblent infliger à plusieurs de leurs créations. Même si le contenant du jeu est solide, il est rempli d’un contenu dilué et à moitié prêt. Fusion montre plusieurs bonnes idées qui sont plus ou moins bien implantées. Plutôt que de mettre des éléments ne menant nulle part, Red Lynx aurait dû continuer l’amélioration du cœur de Trials. Le jeu est quant à moi un essai de plaire à un public qui n’appartient pas à la franchise.

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Cofondateur de Multijoueur, Bruno est un grand passionné de l'industrie vidéoludique. Non seulement il aime jouer, mais il adore discuter de cet univers. N'ayant pas la langue dans sa poche, il ne se gêne pas de critiquer les erreurs qui passent sous ses yeux!
Un commentaire
  • Martin Brisebois
    2 mai 2014 at 15:25
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    Autre point important: le jeu est 20$ en digital et 40$ sur disque. Le jeu en digital a la moitié du contenu barré derrière une season pass. C’est peut-être le pire cas de “on-disc DLC” qu’on a jamais vu.

    Ubisoft essaie de nous vendre un jeu pour 40$ alors qu’il n’en vaut pas plus que 20, peu importe le nombre de piste et de skin qu’il pourrait contenir. Surtout après Trials Evolution, qui offrait déjà une infinité de pistes téléchargeable.

    Et UPlay, qui s’infiltre encore dans les jeux d’Ubisoft, qui demande de se connecter chaque fois qu’on démarre le jeu, et qui ne réussit JAMAIS à établir la connexion avec le serveur (du moins sur PS4), c’est un gros FAIL. Reste que le jeu est encore pas mal amusant, surtout en co-op/versus local.

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