Transistor ou le dépaysement numérique

Supergiant Games, le studio qui nous a apporté l'excellent jeu Bastion, a récemment lancé son deuxième titre, Transistor. Avec la même équipe de développement et de design, Supergiant Games nous transporte dans un autre monde pour nous faire vivre une nouvelle aventure. Les attentes étaient grandes, mais les talents de l'équipe sont, à mon avis, à la hauteur du défi. Le jeu apporte une atmosphère unique, une jouabilité diversifiée et une histoire intrigante. Somme toute, Transistor est une expérience des plus agréables à vivre.

Jouabilité unique et diversifiée

Transistor permet au joueur de personnaliser son arsenal chaque fois que celui-ci s'arrête dans un point d'accès. Sous forme de fonctions qu'on introduit dans l'épée du personnage principal (l'épée est le "transistor"), c'est seize fonctions qu'on peut découvrir et installer dans un des quatre compartiments de l'épée. Ensuite, chacune de ces fonctions peut obtenir deux extensions. C'est-à-dire que chacune des seize fonctions peut être appliquée en tant qu'une extension d'une autre fonction. La personnalisation du joueur n'a pas de limites outre celles de son imagination, mais ce n'est pas tout! En effet, les seize fonctions peuvent aussi être appliquées comme un des quatre attributs passifs pour aider le joueur dans les combats. Cela peut sembler compliqué, mais, en résumé, le joueur a des centaines de possibilités de combinaisons en supposant qu'il a débloqué toutes les extensions et les fonctions passives (ce qui est le cas seulement plus tard dans le jeu).

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Le joueur peut combattre avec un style tour par tour lorsqu'il active l'habileté de l'épée qui lui permet d'arrêter le temps et de planifier plusieurs actions. Ce faisant, il dépensera une réserve de points qui, lorsqu'elle sera vide, obligera le joueur à exécuter les actions choisies et bloquera toute autre action pendant quelques secondes. Il sera alors davantage vulnérable aux attaques ennemies. Cet aspect ajoute une touche de stratégie aux combats et permet au joueur de planifier grandement ses actions (par exemple, en attaquant les ennemis dans leur dos, il augmente les dégâts de chaque attaque).

Il est intéressant de voir comment Supergiant Games a programmé certaines actions du joueur pour qu'elles n'aient aucune répercussion sur la jouabilité, mais aident l'immersion dans le monde de Transistor. Par exemple, quand le joueur n'est pas en mode de combat, il peut utiliser le bouton de l'épaule gauche de la manette (ou TAB sur le clavier) et le personnage du jeu s'arrête pour fredonner la chanson qui roule à ce moment en arrière-plan. À quelques reprises, le joueur pourra s'arrêter dans une "aire de repos" en passant dans une zone de plage (oui, oui) où il peut effectuer des défis supplémentaires pour s'exercer au système de combat et expérimenter les maintes combinaisons des habiletés du Transistor.

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En terme de difficulté, le joueur choisit lui-même le niveau de défi qu'il désire de la même façon que dans Bastion. C'est-à-dire qu'il a le pouvoir d'augmenter la force de ses adversaires ou de limiter la sienne. Cette fois-ci, ce sont les dix limiteurs applicables sur l'épée "Transistor" qui peuvent être interchangés, ajoutés ou enlevés (à la place des petites statuettes du précédent titre de Supergiant Games). Lorsque vous perdez tous vos points de vie dans Transistor, vous ne mourrez pas automatiquement. Vous perdez  d'abord une de vos quatre fonctions actives et ainsi de suite jusqu'à la toute dernière, ensuite vous mourrez définitivement et devrez recommencer au dernier point de sauvegarde.

Une atmosphère et une histoire dépaysantes

Transistor nous transporte dans une ville futuriste et numérique (littéralement et symboliquement), Cloudbank. La musique, l'esthétisme et la narration font tout pour vous arracher au monde réel et vous emporter dans l'univers de Cloudbank. L'équipe artistique de Supergiant Games nous revient en force dans ce nouveau jeu. Logan Cunningham, détenteur de la voix épique du narrateur de Bastion, récidive dans Transistor. Cette fois-ci, il est la voix d'un personnage emprisonné dans l'épée du joueur et accompagne celui-ci tout au long de l'aventure. Au lieu d'exposer constamment l'histoire (comme c'était le cas dans Bastion), son rôle est de découvrir le monde avec nous. Darren Korb et Ashley Barrett sont aussi de retour pour nous impressionner par leurs talents artistiques de compositeur et d'interprète.



 

Le personnage principal, Red, est une artiste reconnue de Cloudbank qui a perdu sa voix. Elle découvre l'épée Transistor plantée dans le corps d'un malheureux dont la conscience et la voix semblent avoir transité dans l'épée. En utilisant les pouvoirs de cette arme, Red doit combattre le processus qui envahit la ville et menace celle-ci de disparition (on peut faire un rapprochement avec l'histoire du "kid" de Bastion). Je ne veux pas trop en dévoiler pour éviter de vous gâcher la surprise, mais je me suis délecté de cette histoire du début à la fin. Il y a beaucoup de choses à découvrir et à interpréter dans la narration de Transistor.

Le format est assez linéaire et, en évitant tout le contenu optionnel, l'histoire peut être complétée en quelques heures seulement (4-6). Pour ma part, j'ai exploré toute la ville dans ses moindres détails et effectué plusieurs défis supplémentaires pour environ 10 à 12 heures de jeu (sans parler de mon inhabilité à rester en vie lors des combats). Pour aller chercher des informations supplémentaires sur le monde (le "Lore"), il faut utiliser les fonctions de combat et lire leur description. En effet, les seize fonctions amovibles de combats représentent des personnages de la ville de Cloudbank. Pour obtenir les descriptions complètes de ces fonctions, le joueur doit les utiliser à toutes les sauces lors des combats (en fonction active, passive ou en extension d'une autre fonction). Autrement, il doit explorer légèrement la ville, dont les limites sont généralement étroites, pour y découvrir davantage de petites informations sur le monde.

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Conclusion

Transistor est disponible au prix de 20 $  sur PlayStation 4 et Windows (par Steam). Supergiant Games promet aussi qu'une version pour Linux et pour Mac sera bientôt disponible à l'achat. Personnellement, j'ai adoré l'histoire et apprécié la jouabilité. Je le recommande à tous ceux qui veulent vivre une expérience courte, mais intense dans un autre univers. Certains auront l'opinion (très compréhensible) que c'est une aventure plutôt courte pour le prix demandé, mais je crois de mon côté qu'elle en vaut la peine. La bande sonore et la narration sont en anglais seulement, mais on peut changer les textes et les sous-titres en français.

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Étudiant en conception de jeux vidéo de l’UQAC et amoureux de l’industrie des jeux vidéo, Simon aime partager sa passion à tous ceux qui veulent bien en savoir davantage. Jeux vidéo, jeux de société, cinéma... bref, tous les médiums du divertissement sont au cœur de ses préoccupations.
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