Nintendo ne comprend rien aux jeux en ligne

En faisant la critique de Super Smash Bros. pour Nintendo 3DS, j’ai compris quelque chose de relativement fâchant. Nintendo joue à l’autruche avec tout ce qui est en ligne.

Ce n’est pas un problème récent. Nintendo a toujours eu de la difficulté à rendre ses jeux et ses services facilement disponibles pour la population des internets. Le meilleur exemple étant l’horreur que sont les codes d’amis pour la console Nintendo 3DS. Non seulement peu pratiques, ces codes font en sorte de décourager quiconque pourrait vouloir utiliser la plateforme d’amis sur sa console. Même si l’on ajoute une personne dans notre liste, il est impératif que cette dernière vous ajoute pour que vous puissiez interagir. Mais sans cela, il n’y a pas de notifications ou de messages vous informant qu’une personne voudrait vous ajouter dans sa liste. Bref, on est de retour à ce que le logiciel ICQ était dans les années 1990.

Il n’y a pas de problèmes ou la compagnie ne les voit pas?

Naïf comme je suis, lorsque j’ai vu l’unification des comptes Nintendo Network entre les consoles Wii U et 3DS, j’ai eu un regain d’espoir de voir la possibilité d’amélioration de cette pagaille. Et naïf, j’ai été. La modification a unifié le eShop et installé le Miiverse sur la console portable. Pour ce qui est de la connectivité entre amis sur les différents jeux? Toujours le même système de codes. C’est décevant que Nintendo semble refuser de revoir cette architecture archaïque. Il n’y a pas de problèmes ou la compagnie ne le voit pas? Laissez-moi rire.

La Wii U n’est pas mieux. À la différence des codes numériques, on peut inscrire le nom de la personne que l’on veux ajouter mais aucune notification n’est donnée de l’autre côté. C’est le même système avec des lettres plutôt que des chiffres.

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Le processus d'inscription d'un ami sur la console Nintendo 3DS est lourd par son code chiffré et sans notifications.

Limitons les jeux en ligne!

Possiblement l’épine dans le pied de la compagnie nippone depuis bien trop longtemps, les jeux en ligne sont possiblement les moins connectés de l’offre actuelle. Plutôt que de promouvoir l’interaction entre les joueurs, les jeux signés Nintendo sont profondément limités dans cet aspect. Les interactions en ligne se limitent la plupart du temps à une série d'inconnus avec lesquels la communication est plus que limitée.

Par exemple, dans Mario Kart 8 on peut partager quelques phrases pré-traduites avant une course mais outre ça, le silence est roi durant la partie. Même si ce genre de jeu n’est pas influencé par ce manque d’interactions, d’autres franchises qui accordent plus d’importance au mode multijoueur ont souffert de ce manque d’amour de la compagnie japonaise.

Tel qu’il a été mentionné dans la critique de Super Smash Bros., le problème du jeu n’est pas le manque de contenu ou d’options de jouabilité. L'inconstance de quelques matchs au niveau de la latence de connexion; le fait qu’un mode fait pour le jeu en ligne, Smash Run, soit tout simplement ignoré et doive être absolument joué localement; et l’absence totale d’un système de jumelage est tout simplement effarant.

Plusieurs de ces points pourraient être réglés d’une manière ou d’une autre si Nintendo commençait à regarder ce que le reste de la planète fait avec les modes en ligne.

Smash Run semblait un monde modeler pour le jeu en ligne. Et pourtant, il n'est jouable qu'en ligne.

Smash Run semblait être un mode taillé pour le jeu en ligne. Et pourtant, il n'est jouable qu'en mode local.

La (dé)connexion japonaise

Certains pourraient argumenter que Nintendo continue de croire au rêve que les jeux devraient être joués entre amis dans le salon. Ce n’est pas une mauvaise chose en tant que telle. Cependant, d’ignorer un phénomène qui est en plein essor depuis maintenant au moins une décénie, on pourrait qualifier cela d’un tir dans le pied volontaire. Mais même si son compétiteur direct, Sony, semble avoir emboité le pas depuis longtemps, le gros N quant à lui semble peiner à prendre le même tournant.

Une des raisons semble évidente : Nintendo continue de considérer le Japon comme son marché principal plutôt que le reste de la planète. Une stratégie qui peut continuer de nuire à la compagnie à très long terme. Même si les ventes au pays du soleil levant rapportent plus, ce n’est pas nécessairement une raison d’ignorer ce que les joueurs internationaux voudraient bien avoir.

Rien n’est perdu

Même si Nintendo semble ne rien comprendre aux stratégies payantes du web, la compagnie continue d’écouler un nombre considérable de copies. Super Smash Bros. sur Nintendo 3DS a vendu pour plus de 2.8 millions de copies dans sa première semaine de vente. Un exploit considérable pour une console portable. Et même chose pour Mario Kart 8 qui avait amoindri le nuage noir flottant au dessus de la Wii U en doublant les ventes de la console.

De plus, son magasin en ligne a été un des premiers à distribuer des copies digitales de jeux directement sur la console. Nintendo a de plus une politique de DLC qui fait paraître ses compétiteurs comme de vulgaires charlatans. Un bel exemple est celui de Mario Kart 8 qui inclura des personnages venant d’autres franchises en plus de nouvelles pistes de course et voitures par la même occasion. Et ce, sans pénaliser les joueurs qui n’ont pas ces éléments additionnels.

Le contenu téléchargeable de Mario Kart avec le villageois, Link et des références à la série F-Zero

Le contenu téléchargeable de Mario Kart contient le villageois, Link et des références à la série F-Zero.

Mais il est clair que la vénérable compagnie aurait tout intérêt à revoir comment ses jeux en ligne sont exécutés et comment elle pourrait faire une plateforme en ligne convaincante. Car même si l’engouement des fans est présent, il y a quand même une hémorragie qui s’opère au niveau des joueurs. Ces derniers boudent la console pour des expériences en ligne plus intéressantes sur PC ou autres consoles. Il est temps pour Nintendo de regarder la compétition et finalement comprendre l’internet.

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Opinion
Cofondateur de Multijoueur, Bruno est un grand passionné de l'industrie vidéoludique. Non seulement il aime jouer, mais il adore discuter de cet univers. N'ayant pas la langue dans sa poche, il ne se gêne pas de critiquer les erreurs qui passent sous ses yeux!
2 commentaires
  • Maxime Raymond
    29 octobre 2014 at 14:37
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    Pour les problèmes de connections, faut dire que même les grands du genre ont toujours eu du trouble.
    Les jeux de combats sont dans les expériences en lignes les plus difficiles à réussir. Street Fighter 4, Killer Instinct (qui étais pratiquement injouable en ligne à sa sortie), King of Fighters 2013 et Injustice/Mortal Kombat. Les jeux de combats sont incroyablement difficle à exécuté en ligne, c’est des jeux qui repose sur des “hitboxes” et des “framedata” hyper précis et un lag de 0.5 sec est facilement détecté par le joueur.

    Mettre les troubles de lantency sur le dos de Nintendo serai un peu hypocrite. Et j’dirai même que le monde en ligne de Smash m’impressione. J’ai jouer avec des joueurs japonais avec des résultat quand même acceptable (il avais clairement un “input lag” mais assez faible par moment.)

    Pour le manque de communication, je crois que c’est mieux comme que c’est, le nombre d’injures que moi et mes amis peuvent lancer durant une partie de Mario Kart n’as vraiment pas sa place dans le “mushroom kingdom”.

  • PAX EAST 2015 : Splatoon à l'essai! – Multijoueur
    10 mars 2015 at 14:00
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    […] Ceci étant dit, quelques inquiétudes me sont venues lors de l’essai du jeu. Seule le Gamepad était utilisé et le gyroscope de la manette était la méthode principale pour changer la direction de la mire, ce qui peut devenir rapidement lassant ou simplement frustrant. Le joystick de gauche manquait de précision quant au repositionnement de la caméra ou de la mire. La gestion du jeu en ligne ou le choix d’équipe ne semblaient pas non plus détaillés, en ce qui concerne la façon dont les équipes sont formées ou comment elles sont connectées. Ça laisse à beaucoup de spéculations sur comment Nintendo pourrait gérer le tout, connaissant son historique peu reluisant à ce sujet. […]

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