Sunset Overdrive – Explosion de plaisir

Sunset Overdrive header
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Sunset Overdrive est comme un vent de fraîcheur: après des années de jeux de tir dramatiques brun-gris, ce nouveau titre d’Insomniac Games crève l’écran avec un monde hypercoloré et complètement fou, prouvant qu’un jeu post-apocalyptique avec des zombies/mutants peut être amusant !



La compagnie Fizzco était trop pressée de sortir sa nouvelle boisson énergisante Overcharge Delirium XT. C’est au party de lancement de la ville de Sunset City qu’elle a compris que la boisson avait un effet secondaire tout à fait terrible : elle transforme les gens en mutants orange fluorescent! Le gouvernement a mis la ville en quarantaine, laissant les derniers survivants livrés à leur propre sort. Ceux-ci ont donc décidé de s’amuser en transformant la situation en « awesome-pocalypse ». Au lieu d’une ville en ruine, Sunset City s’est transformé en une explosion de couleurs, abritant une multitude de groupuscules plus dérangés et immatures les uns que les autres.

Parmi eux : des universitaires paresseux et asociaux, des cheerleaders « de la muerte », des amateurs de jeux de rôle qui méprennent leur fantaisie pour la réalité, ou encore un groupe de scouts samuraïs. Vous comprenez aussitôt que le jeu ne se prend pas du tout au sérieux, et c’est ce qui fait son charme. Qui devra sauver tous ces gens de la compagnie Fizzco et des mutants qu’ils ont créés? Vous ! Oui oui, vous !

On vous invite d’ailleurs à créer un personnage qui vous plait, grâce à une garde-robe complètement folle. À mi-chemin entre la mode punk, rock, gothique et le costume d’Halloween, l’univers post-apocalyptique du jeu a éliminé toute notion de mode. Les habillements singuliers sont à l’honneur. Sachez que ni les vêtements, ni les accessoires et ni la forme physique de votre personnage ne sont associés à des statistiques comme dans les RPG. Insomniac tenait absolument à encourager les joueurs à se déguiser selon leurs goûts, assurant des avatars loufoques lors du jeu en ligne et rendant chaque personnage coloré et unique.



Une recette explosive

La recette de Sunset Overdrive est simple : dans un monde open-world où toutes les surfaces vous font rebondir et glisser comme Jet Set Radio, prenez l’humour et les situations complètement folles de Saints Row, ajoutez-y les hordes de zombies de Dead Rising, Saupoudrez le tout de centaines d'objets à collectionner comme dans Crackdown, une poignée d’armes ridicules à la Ratchet & Clank, mélangez, et c’est prêt !

Outre le combat contre une mascotte géante de boisson énergisante et un personnage principal personnalisable un peu détestable, le lien avec Saints Row ne s’arrête pas là. Les deux jeux semblent avoir été conçus pour être tout simplement le plus amusant possible : aucun temps mort, de la musique qui tente de garder l’énergie à son maximum, et toujours une tonne d’ennemis à l’écran qu'on ne se lasse jamais de réduire en bouillie. La difficulté est d’ailleurs finement équilibrée pour ne jamais causer de frustration. Mourir n’a comme seule conséquence que de vous faire réapparaître au dernier point de contrôle, qui est généralement très rapproché, en temps et en distance.

On vous encourage à remplir votre jauge de style, en enchaînant des cascades de styles « parcours » (glisser sur des rails, rebondir sur des objets, courir sur les murs, etc.). Une fois pleine, elle vous permettra d’utiliser le pouvoir des « amps » qui sont équipés sur vos armes ou votre héros. Ces « amps » peuvent être simples, comme augmenter les dégâts infligés aux ennemis ou le style gagné en faisant certaines actions. Elles peuvent aussi vous faire faire des actions complètement ridicules, comme lancer des tornades chaque fois que vous utilisez une arme de mêlée, ou avoir une chance de causer une mini-explosion nucléaire...

Des armes complètement folles

Les armes en tant que telles ne sont pas non plus de tout repos : lanceur de disques vinyles, d’ours en peluche explosifs, de boules de bowling, gicleur d'acide. Bref, on retrouve sans surprise le même studio responsable des Ratchet & Clank. Cette série avait comme point fort sa multitude d’armes excentriques, et c’est aussi le cas dans Sunset Overdrive. Il y a 26 armes en tout, et vous avez la possibilité de traîner un arsenal de 8 armes à la fois.

C’est pratique, puisque chaque type d’ennemis est vulnérable à une sorte de dommage en particulier. Les OD (les mutants appelés Overcharge Drinkers) sont plus vulnérables aux attaques de feu, alors que les robots de Fizzco, par exemple, s’éliminent plus facilement avec les armes qui électrocutent.

Sunset Overdrive screenshot 2

Les missions principales (qui vous occuperont pendant un bon 10 heures) sont étonnamment variées. Elles ne consistent pas uniquement à éliminer tous les ennemis dans un secteur, et même si c’était le cas, Sunset Overdrive contient tellement de sortes d’ennemis différents qu’on n’aurait pas l’impression qu’elles se répètent. En plus de quelques boss et quelques missions de type « tower defense » où vous installerez des pièges pour protéger votre base, un autre dix heures de jeu est assuré par des missions optionnelles. Si ce n’est pas assez pour vous, vous pouvez toujours partir à la chasse aux 859 objets à collectionner (oui oui, 859) cachés dans la ville.

Rassurez-vous, ceux-ci servent à acheter des « amps » supplémentaires, et il est possible de payer pour afficher leur position sur la carte, vous ne faites donc pas tout ceci pour rien. Comme dans Crackdown, que je mentionnais plus haut, le plaisir des objets de collection est de trouver comment s’y rendre et de s’amuser à sauter librement d’un toit à l’autre... Ils ne sont pas toujours cachés, vous les verrez de loin si vous êtes attentifs puisque leurs couleurs se distinguent du reste de l’environnement.

Une ville qui vous en fera voir de toutes les couleurs

Et des couleurs, il y en a dans Sunset Overdrive! Toujours intéressants à regarder, les bâtiments ont une architecture particulière. Sunset City est différent de tout ce que vous avez vu auparavant dans un jeu à monde ouvert. Les mutants sont d’un orange fluorescent, alors que les robots de Fizzco sont blancs, ce qui contrastera toujours avec le décor. Vous aurez donc vos repères même dans cet océan de couleurs vives. Vous n’aurez pas de mal à trouver les objets qui sont interactifs puisqu’ils le sont presque tous. Si un objet ne vous fait pas rebondir, vous pourrez vous en servir pour faire un « grind ». Le level design à ce niveau est impeccable. Comme le jeu le dit si bien : dans Sunset Overdrive, la zone la plus dangereuse, c’est le sol. Vous voudrez donc être en mouvement constant pour éviter les attaques ennemies.

J’ai bien aimé le fait que les points de vie de votre personnage ne s’autorégénèrent pas avec le temps, ce qui vous oblige à être en mode offensif plutôt que défensif. En effet, il y a des boîtes qui vous redonneront des points de vies, mais le moyen le plus efficace est d’attaquer une horde de mutants, qui en laissera tomber une fois éliminée. C’est donc plus dynamique que Infamous, par exemple, où on a tendance à se cacher pour regagner de la vie en cas de danger.

Sunset Overdrive Screenshot

Un sens de l'humour particulier

L’humour, c’est très subjectif. Chaque fois qu’un jeu essaie d’être drôle, il est inévitable qu’une partie du public n’aime pas les blagues qui sont proposées, et c’est normal. Pour vous aider à le situer, l'humour de Sunset Overdrive se rapproche beaucoup de la série Saints Row (particulièrement le 3e et le 4e titre). Les nombreuses références à la pop culture rappellent sans gêne internet ou des séries comme Breaking Bad ou Arrested Development. Ça passe ou ça casse, ça dépend de vous.

Personnellement, j’ai bien aimé, mais je suis conscient que cet humour pourrait irriter certaines personnes. Il est ici poussé à l’extrême, et si on l’ajoute à la musique hautement énergique et au stress de toujours enchaîner les cascades pour faire monter la jauge de style, ça peut rendre l’expérience épuisante, d’où la possible irritation par l’humour du jeu.

Étant constamment dans l’adrénaline de Sunset Overdrive, mon temps de jeu m’a filé entre les doigts sans que je le voie passer. Je ne peux pas reprocher au jeu d’être trop court, mais plutôt, beaucoup trop amusant ! Si Sunset Overdrive 2 sortait demain matin, j’irais me le procurer sans hésiter. Le seul problème, c’est qu’une suite n’aurait pas le choix de lever la barre plus haut en ce qui concerne la folie des armes et des missions, un peu comme Saints Rows IV l’a fait. Ce serait facile de se perdre dans l’exagération, ou de répéter les mêmes blagues.

Sunset Overdrive est donc un jeu essentiel pour les détenteurs de Xbox One, mais est aussi l’une des rares nouvelles franchises à faire son apparition cet hiver. Pourquoi s’entêter à faire des jeux de tirs de plus en plus réalistes alors que tout ce qu’on veut, c’est avoir du plaisir? Les jeux vidéo, c’est fait pour s’amuser, non?



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CritiquesPlateformesXbox One
C'est un gamer, fan de science-fiction, de BD, de jeux de société et de musique électronique. Bref, un geek. Rédacteur depuis 2008, il adore partir à la recherche de jeux uniques, peu importe leurs dates de sortie ou leurs pays d'origine.
Un commentaire
  • Guide cadeaux 2014: Xbox One – Multijoueur
    2 décembre 2014 at 10:01
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    […] Un rafraichissant mélange de Jet Set Radio, Saints Row et Crackdown. Sunset Overdrive vous propose d’affronter des hordes de mutants à l’aide d’armes artisanales plutôt farfelues, et ce, dans une ville hyper colorée et loin des clichés de jeux post-apocalyptiques. Les personnages sympathiques aux dialogues ridicules vous tiendront de bonne humeur tout au long du jeu qui nous défile sous les yeux beaucoup trop rapidement. Une des exclusivités de la Xbox One qui met le système en valeur et qui vous fera souhaiter de futures collaborations entre Insomniac et Microsoft Studios. Lisez notre critique! […]

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