DreamHack CS:GO Championship : un tournoi haut en couleur

Deux-cent-cinquante-mille dollars mis en jeu et un titre à la renommée établie étaient promis aux plus talentueuses équipes cette dernière fin de semaine. Et le spectacle fut indéniablement au rendez-vous, comme souvent avec la valeur sûre qu’est la DreamHack, du haut de ses vingt ans d’existence. Mais si la finale fut magnifique, c’est surtout le quart de finale opposant Fnatic à LDLC qui aura fait couler le plus d’encre. Retour sur un tournoi riche en émotions.

 

Cet ultime tournoi majeur de l’année recelait de multiples enjeux : la montée en puissance de LDLC, la conservation du trône de Fnatic, ou encore le retour en grâce des NiP. Sans compter les nombreux outsiders aux dents longues, avec en quelque sorte un remix de la guerre froide : les sections étasuniennes, iBuyPower et Cloud9, peu en forme ces derniers mois s’opposant aux équipes d’Europe de l’Est, à savoir Na’Vi, Virtus Pro, ou encore HellRaisers. Tout ce beau monde pouvant prétendre accrocher quelques branches au soleil dans l’arbre final, le programme était prometteur.

La phase de groupe réserva relativement peu de surprises, mais surtout des déceptions nord-américaines : Cloud9, pourtant en bootcamp depuis un mois en Europe, ne put rien face à HellRaisers. Et pour cause, les Ukrainiens ravirent ensuite la première place, promise aux Fnatic. Forcément, les Américains prirent ensuite la marée contre les tout récents champions du monde en titre, et s’en allèrent donc par la petite porte.

Côté iBuyPower, si la première place était promise aux Danois de Team Dignitas, il y avait clairement la place pour prendre le second rang synonyme de quart de finale. Cependant, de surprenants Allemands de la récente section PENTA Sports mirent fin aux espoirs américains dans le match décisif, sur le score serré de 16-13. L’arbre final sera donc 100 % européen, et les Américains repartent l’AK entre les jambes.

 

LDLC vs Fnatic : une courte-échelle pour Olofmeister, une longue nuit pour les admins

Cette confrontation, vue comme un match retour de l’ESWC en octobre dernier, était pour tous les observateurs une finale avant l’heure. Le hasard et surtout le petit exploit des HellRaisers, prenant la première place de groupe face aux Fnatic, a donc fait survenir ce match au sommet en quart de finale. Et on peut dire que celui-ci restera dans les annales, mais pas nécessairement pour les bonnes raisons... Après le scandale des bannissements par le VAC il y a dix jours, Fnatic vous présente le “boostgate” !



Lors de la manche décisive, jouée sur Overpass, les LDLC entament leur côté CT de parfaite manière : 12-3. Ils enchainent ensuite le “gun round” terroriste, se mettant dans une position plus que favorable. Mais c’était sans compter sur “l’inventivité” des Suédois, qui sortent de leur manche une carte pour le moins inattendue : après quelques grimpettes, ils positionnent Olofmeister sur un poste d’observation inédit, lui offrant une vue sur la quasi-totalité de la carte. Le talent du sniper suédois fait le reste du travail, criblant les têtes des Français ne sachant même pas d’où proviennent les balles, comme si le ciel leur tombait sur la courge. Les pauvres Gaulois ne mettent plus un point, malgré Happy découvrant le pot aux roses à quelques rounds de la fin, bien trop tard hélas pour les Français.

S’ensuit alors la polémique : outre l’aspect relativement peu fair-play d’une telle tactique, celle-ci repose sur un rebord de texture plus que mince, le joueur-escabeau flottant dans les airs. Ce “bug” porte un nom, le pixel-walking, et était interdit durant la dernière DreamHack… Mais pas pour cette Winter. Cependant, après une nuit de délibérations, et une première décision des admins de rejouer la manche à 12-3, les Fnatic portent réclamation pour la même raison : un autre bug cette fois interdit, une transparence de texture, ou “immortal bug”, employé des deux côtés. La décision finale change, ce qu'explique le directeur du tournoi dans cette entrevue, et Overpass sera entièrement rejouée. Pour terminer “La nuit Des Longs Couteaux”, Fnatic décide finalement de déclarer forfait, laissant la voix libre à LDLC. Le leader de la section suédoise, Markus "pronax" Wallsten, s'exprimera plus en détail à l'issue du tournoi sur ces événements via sa page Facebook.

 

Une finale jusqu’au bout du suspens



Fnatic sorti du tournoi, tous les espoirs des locaux reposent sur les Ninjas in Pyjamas. Ces derniers accrochés par les modestes ESC Gaming, les éliminatoires roulent plutôt bien après une phase de groupe pas forcément brillante. Match facile contre HellRaisers 2-0, un peu plus tendu contre Virtus.pro 2-1 avec un double overtime sur de_nuke, les ninjas Ikea retrouvent LDLC, vainqueurs des Na’Vi 2-0 dans l’autre demi-finale. Les Français prennent le premier point sur l’ancestrale de_dust2 16-10, mais se font littéralement rouler dessus sur inferno, prenant 4 rounds seulement. Ironie du sort, la manche décisive se joue sur overpass, théâtre de la polémique la veille au soir. Carte atypique, aux sites de bombe rapprochés, elle favorise nettement les contre-terroristes. NiP reste solide et prend 11 points dans cette première moitié. Mais les Français ont du mental, et font la grimpette pour remettre les compteurs à zéro à l’issue de la manche, envoyant les deux équipes en prolongation. Forts de leur remontée, les coéquipiers de shox percent la défense suédoise à deux reprises et remportent la victoire finale, sur le score de 19 à 16.

MoMaN lâche la pression

Cette saison de DreamHack se clôt donc sur un bilan extrêmement contrasté. Après le scandale des VAC bans sont apparus les failles d’une scène pro au paradoxe singulier : plus de dix ans d’âge, mais avec des problèmes de règlement digne des compétitions en bêta test. De l’autre côté, la production de l’événement fut comme toujours à la pointe de ce que peut proposer la structure du haut de ses vingt années d’expérience, et avec en point d’orgue une finale à couper le souffle. Si les nouvelles cartes injectées dans le map pool donnent un coup de fouet et un aspect stratégique renouvelé à la discipline, il faudra cependant redoubler de vigilance quant aux multiples bugs et failles exploitables.

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Tombé dans la NES quand il était petit, c'est un fan de jeux vidéo depuis l'enfance. Console, puis PC, c'est l'avènement d'internet qui scellera sa passion pour le jeu en ligne. FPS, STR, MOBA, un café, l'addition, tout l’intéresse, et il suit avec attention la scène pro à travers le monde. Au diapason de ses origines, il trouve son inspiration au sein d'une organisation secrète: #FrenchWhine.
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