Les souhaits du rédac en chef pour 2015

L’année 2015 est finalement entamée! Elle laisse derrière elle une année 2014 forte en jeux surprenants, scandales enflammés et questionnements sur l’industrie. L’équipe vous a présenté une rétrospective de l’actualité ainsi que les meilleurs et les pires jeux de l’an dernier. Je vous propose cette fois-ci mes souhaits pour 2015 sur certaines choses que j’aimerais voir arriver.

Les joueurs en premier

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Je crois que ça ne viendra pas comme une surprise, mais mon premier souhait est tout simple. L’idéaliste que je suis aimerait bien voir un retour des jeux de qualité dès le premier jour. Pas de bugs critiques, pas de plantages, pas de mode en ligne inutilisable. Et même si ça arrive, j’aimerais voir des compagnies qui n’écrivent pas de plates excuses en mentant au visage des joueurs. Je veux voir des compagnies prendre la responsabilité de leur gaffe et dire aux joueurs : “On a cherché à respecter une date limite impossible pour faire plaisir à des actionnaires et on n’aurait pas dû.” Je veux voir une compagnie qui va avoir les couilles de dire les vraies choses, qu’au lieu de dire que pour garder un effet cinématique, il a fallu utiliser une fluidité d’image limitée à 30 images par seconde... mais plutôt : “Notre moteur graphique était un peu trop lourd et malheureusement, même après des essais multiples, on n’a juste pas réussi.” Bref, ce que j’aimerais, c’est que les joueurs et consommateurs de jeux soient remis de l’avant et que la relation entre eux et les développeurs redevienne humaine. Que ça ne devienne pas un sombre exercice de relations publiques douteuses.

La mort des Kickstarters

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Je crois qu’on en est rendu là. Kickstarter a fait sa très grande dose de bien à l’industrie des jeux indépendants, beaucoup de nouveaux projets très intéressants ont pu voir le jour grâce à cette plateforme, comme Skullgirl, Highlands, Broken Age, et j’en passe. Mais pour chaque histoire à succès, on retrouve des projets qui ont accumulé de l’argent pour mourir plus tard. Ceux qui sont des fans de Yogscast ont vu leur projet de jeu partir en fumée après quelques mois de développement. Le projet “Clang” qui se voulait une révolution dans le jeu d’épée a aussi mordu la poussière. Ce qui semble échapper à plusieurs est que maintenant Kickstarter est plus un outil de marketing pour un projet déjà financé que quoi que ce soit d’autre. Dans l’autre cas, il semble que tout le monde a une excellente idée, mais pas nécessairement de savoir-faire. Plutôt que d’utiliser Kickstarter comme plateforme pour réaliser un rêve, pourquoi ne pas faire un programme de bourse avec comme giron les jeux vidéo novateurs. Un peu comme le fait déjà Execution Labs à Montréal, les créateurs et les visionnaires auraient un appui de taille plutôt que de se butter contre le mur du désintérêt ou de l’inexpérience.

Le jeu vidéo dans les arts et spectacles

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Chaque fois que je lis les quotidiens et qu’on parle de jeux vidéo, on en traite surtout comme une donnée économique et technologique. Quand on parle des studios d’ici, on parle d’Ubisoft ou d’autres géants du AAA qui ont créé x, y, z chose ou encore qui ont obtenu des subventions. Bref, on parle d’argent et de rien d’autre. Même si la tendance semble doucement sortir de ce crédo presque éternel, il est temps que ça change encore plus. Quand je vois une foule en liesse quand un film québécois fait de un à deux millions au box office avec de bonnes critiques, que Xavier Dolan se fait nominer aux Oscar ou que Marc Dupré fait salle comble à Paris, ce sont de grandes démarcations du savoir-faire artistique québécois. Quand un jeu comme Outlast, créé par Red Barrels, un studio québécois, fait un petit onze millions de dollars et est reçu comme un des meilleurs jeux d’horreur depuis longtemps, on parle des onze millions, mais pas du travail artistique derrière. Le jeu vidéo est très possiblement le dixième art, combinant des musiciens de talent, des artistes de haut niveau, des chefs d’orchestre pour agencer tout ça et en faire une expérience immersive impressionnante. Des millions d’heures sont passées pour que chaque création soit visuellement et auditivement impressionnante. Pourquoi le jeu vidéo ne reste qu’une bébelle technologique? C’est de l’art, et cet art mérite une section dans Art et Spectacles de La Presse plutôt qu’un article dans la section Économie.

Un E3 avec du contenu

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Surprise! Ça va faire bientôt trois ans que le E3 me désintéresse de plus en plus. À part quelques assassinats notables de la part de Sony envers Microsoft, je trouve que l’exercice du E3 commence à devenir lourd. Pire encore, j’ai du mal à être excité pour l’événement quand il arrive. Ce n’est plus qu’un show qui nous montre des démos un an dans le futur ou des prises de risques sur scène avec un démo montrant un développement de ce qui s’en vient, en direct. Quand je regarde le E3, je regarde des démos méticuleusement calculées, des acteurs un peu trop ou pas assez enthousiastes de jouer à un jeu (auquel ils ne jouent pas réellement) et des cinématiques précalculées de jeux qui sont pourtant en “temps réel avec le moteur du jeu”. Et ça résonnera possiblement avec mon premier souhait, mais j’aimerais avoir du contenu, pas de la bullshit bien polie qui ne sert qu’au monstre du hype. Je veux aimer les jeux qui me sont présentés mais dernièrement, je ne peux qu’être sceptique envers ce que je vois. Parce que tout ce que je vois ne sera probablement pas la réalité une fois la manette en main.

Bref, je commence l’année quelque peu cynique envers une industrie qui semble plus penser à son portefeuille qu’à sa clientèle, mais je garde espoir. J’aime ce que je découvre et même si l’horizon semble brumeux et tumultueux pour 2015, je peux me réjouir du fait que je trouverai des perles chez les développeurs, les jeux vidéo et bien sûr les joueurs que je rencontrerai durant mon année.

Bonne année!

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Opinion
Cofondateur de Multijoueur, Bruno est un grand passionné de l'industrie vidéoludique. Non seulement il aime jouer, mais il adore discuter de cet univers. N'ayant pas la langue dans sa poche, il ne se gêne pas de critiquer les erreurs qui passent sous ses yeux!
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