The Legend of Zelda: Majora’s Mask 3D – De Masque et d’épée

The Legend of Zelda : Majora’s Mask a toujours été pour moi un mystère. Le fait que le jeu soit hors de la norme de la formule classique de Zelda m’a toujours rebuté et empêché d'y jouer pleinement. C’est presque 15 ans plus tard et avec l’obligation d’en faire la critique que je me pose une question. Comment ai-je fait pour ignorer ce titre si longtemps?

La sortie du jeu en 2000 avait causé beaucoup de bruit, particulièrement parce que le jeu chaussait les grosses bottes laissées par son prédécesseur, Ocarina of Time. Ce dernier avait cumulé des notes parfaites et des accolades de toutes parts, et avait taillé devant lui l’avenir des jeux de Zelda pour les prochaines décennies. Est-ce que Majora’s Mask a pu être à la hauteur d’Ocarina of Time? Si vous observez les notes d'évaluation des critiques de l’époque, le jeu avait eu d’excellentes notes et avait encore une fois mis les fans de la série en liesse sur la Nintendo 64.

Termina Nova

Majora’s Mask est un jeu qui défie profondément les conventions des jeux de Zelda. Tout particulièrement par le fait que le jeu abandonne le royaume d’Hyrule et ses légendes fantastiques pour se retrouver dans un monde où les héros n’existent pas et où il n’y a pas de triangles ou d’épée mystique. On entre dans Termina avec la sensation d’être aussi perdu que notre personnage, car nous n’avons plus de points de repère. Tout est nouveau, étrange, inconnu et presque effrayant par endroit.

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Les visages familiers d'Ocarina of Time sont de retour, mais ces derniers n’ont pas la même identité ou le même rôle que dans le dernier jeu. Certains diront que c’est de la paresse de la part des concepteurs et possiblement avec raison. Pourtant, je vois cette réutilisation comme une illusion de stabilité qui vient mettre le joueur en déroute le moment où ces personnages commencent à parler. Ce sentiment d’étrangeté et possiblement de redécouverte de l’environnement nous suit souvent à travers le jeu. Malgré le fait que le village principal devienne rapidement un repaire sécurisant, chaque nouvelle zone découverte est une aventure en dehors d’une zone de confort qu'Ocarina of Time avait établie.

Une question de temps

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Cette sortie des normes continue avec l'antagoniste qui nous a mené vers Termina en premier lieu. Ce n’est pas une version parallèle de Ganondorf, mais bien un enfant des bois (Skullkid) muni d’un masque qui sera la pièce centrale de la quête. Dès l’instant où nous rencontrons ce personnage, on peut rapidement le détester. Il est trop fort et omniprésent dans notre quête. Il est toujours là, accessible, à la portée du joueur, mais pourtant intouchable. Et ce n’est pas le seul problème qui motive et influence l’aventure dans les recoins du royaume de Termina.

On dispose de trois jours pour accomplir le plus de tâches possible avant d’être obligé de revenir dans le temps et de voir tout le travail accompli défait. En dehors de quelques éléments perdurant au cours des nombreux voyages dans le temps, les environnements retourneront à leur état d’origine malgré nos efforts. J’ai eu un léger malaise quand je me suis fait prendre la première fois à retourner dans une zone que j’avais libérée. Une fois revenu, je la retrouve dans l’état ensorcelé précédent, sachant très bien que de ressortir victorieux contre le gardien du temple peut retourner la libération de la zone rapidement. Il m’était difficile d’accepter cette réalité de progression étrange et inhabituelle.

La contrainte de temps devient rapidement un rythme de jeu acquis : on peut souvent retourner dans le temps plusieurs fois si l'on a trop pris de temps à enchaîner les évènements. La gestion de ce qu’il y a à faire et les multiples quêtes secondaires deviennent rapidement priorisées. Le cycle de trois jours inspire une urgence d’agir devant une situation inévitable que plusieurs jeux modernes semblent avoir perdu au profit d’éléments de jeu secondaires.

Le temps est aussi le fil conducteur du jeu. Il dicte quel habitant se trouve à un endroit précis et ce qu'il fait chaque jour. On peut trouver un personnage avec une ligne de dialogue littéralement différente un jour ou tout simplement enfermé chez lui le lendemain. Rien ne reste pareil du jour à la nuit, d’un jour à l’autre durant le cycle des trois jours. Ultimement, quinze ans après son lancement, Majora’s Mask offre un environnement plus vivant et plus intéressant que bien des jeux de notre époque.

Un visage en cache un autre

L’élément qui vient réellement changer quelque chose à l’approche classique de Zelda est l’usage absolument ingénieux de masques. C’est une des composantes qui vient alimenter la tristesse qui tourne autour du monde de Termina. Des 24 masques, 3 ont le pouvoir de radicalement transformer Link en une personne qui a récemment trépassé. Il gagne ses pouvoirs ainsi que son instrument de musique unique une fois le masque mis en place. Ces nouveaux pouvoirs permettent de changer la donne dans les multiples endroits et donjons visités. Encore une fois, un élément qui a mis du temps à être revu dans un titre de la franchise.

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Retravaillé de toutes pièces

Ceux qui auront joué à Ocarina of Time 3D remarqueront des différences très marquantes entre ce jeu et Majora’s Mask 3D. Plutôt que de n’avoir que les personnages clés retravaillés, on voit un monde complètement retapé. Les modèles de bien des personnages, objets et armes ont vu leur nombre de polygones accru et leurs textures littéralement retravaillées. Le champ de vision, à l’instar d’Ocarina of Time 3D, a été également élargi pour donner une plus grande vue d’ensemble sur les vastes mondes du jeu.

Les effets visuels et sonores ont été retravaillés pour une meilleure expérience. Ceci étant dit, il reste que ce sont les mêmes musiques en format MIDI et les mêmes effets sonores. S’ils étaient jadis impressionnants, on s’attendrait aujourd’hui à quelques effets tirés d’une meilleure banque sonore. Est-ce pour garder la nostalgie en place? Quant à moi, la musique aurait pu recevoir plus d’amour. Même si l’ambiance est bien établie, il reste que des pistes en MIDI en 2015 grattent les oreilles de la mauvaise manière.

Riche, mais trop formulaïque

La richesse des environnements de Majora’s Mask 3D et de ses personnages est incroyable par leurs nombreuses histoires. La mort fait partie du paysage à presque tous les tournants et apporte une atmosphère glauque ainsi qu’une incroyable sensation de mélancolie.

Le jeu perd de son charme si on s’en tient à faire seulement l’objectif principal. L'accent du jeu est beaucoup moins basé sur l’exploration et la découverte qu’Ocarina of Time. Un des indices qui nous mènent rapidement à cette conclusion est simplement la disposition du lieu de transit principal, Termina field. La zone est divisée en quatre avec chaque entrée de région bien identifiée. Ces dernières sont bloqués par un obstacle très précis à surmonter avec un objet obtenu auparavant dans un temple. Cette linéarité qui était moins évidente dans d’autre Zelda fait en sorte que tout est un peu trop donné tout cuit dans le bec.

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Autre point qui peut déranger, les personnages ont tous une histoire intéressante à raconter  et des items intéressants à donner. Mais il est aussi TRÈS facile de passer à côté d’une bonne portion du contenu sans savoir qu’il existe. Je me suis surpris à me rendre compte, après le trois quart de la quête principale complété, que je n’avais absolument rien fait autour. Serait-ce par manque d’intérêt ou simplement par le sentiment d’urgence qui nous force à maximiser les trois jours? Bref, la motivation de s’impliquer dans la vie des personnages de Termina n’est pas explicitement encouragée outre la curiosité de s’y intéresser par soi-même.

Il en reste que les quêtes secondaires, une fois trouvées et complétées, donnent des récompenses qui aident grandement à la quête et méritent souvent d’y donner quelques cycles de temps pour les compléter.

Toujours en force, 15 ans plus tard

Malgré le fait que ce soit une première visite de ce titre après plus de 15 ans d’existence, d’autres joueurs adoreront leur deuxième (ou dixième) visite, cette fois-ci avec des graphismes améliorés et une expérience renouvelée. Le jeu présente une belle évolution de la petite expérience de remasterisation qu’il y a eu avec Ocarina of Time 3D en allant encore plus loin. Le jeu reste un impératif pour votre console Nintendo 3DS. Ne faites pas comme moi et n’ignorez pas le jeu pendant plus de 15 ans!

Épique
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Épique

Malgré le fait que ce soit une première visite de ce titre après plus de 15 ans d’existence, d’autres joueurs adoreront leur deuxième (ou dixième) visite, cette fois-ci avec des graphismes améliorés et une expérience renouvelée. Le jeu présente une belle évolution de la petite expérience de remasterisation qu’il y a eu avec Ocarina of Time 3D en allant encore plus loin. Le jeu reste un impératif pour votre console Nintendo 3DS. Ne faites pas comme moi et n’ignorez pas le jeu pendant plus de 15 ans!

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CritiquesNintendoNintendo 3DS
Cofondateur de Multijoueur, Bruno est un grand passionné de l'industrie vidéoludique. Non seulement il aime jouer, mais il adore discuter de cet univers. N'ayant pas la langue dans sa poche, il ne se gêne pas de critiquer les erreurs qui passent sous ses yeux!
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