L’ESRB, son importance et ce que ça mange en hiver

tableau classification esrb pegi cero

L’Entertainment Software Rating Board ou ESRB est le seul système de classification des jeux vidéo qui évalue les sorties pour audiences canadienne et américaine. Il fut créé en 1994 et évalue depuis les jeux de différents développeurs, des studios AAA aux indépendants. Cet article est le premier d’un dossier sur les systèmes de classification des jeux vidéo dans le monde.

L’ESRB a été fondé en 1994 par l’Association du logiciel de divertissement ou Entertainment Software Association (ESA). L’ESA regroupe plusieurs studios de jeux vidéo, qui produisent pour PC, console, mobile ou pour des sites internet (jeux flash principalement). Elle s’occupe aussi des besoins commerciaux des entreprises et de leurs relations publiques et organise annuellement l’Electronic Entertainment Expo, mieux connu sous l’acronyme E3. L’ESA a plusieurs mandats en place afin de réguler l’industrie du jeu, d’où est né ce qui nous intéresse aujourd’hui… l’ESRB.

Qu’est-ce que l’ESRB ?

L’ESRB est une organisation à but non lucratif autorégulée, qui classe les jeux vidéo et les applications afin que les parents puissent faire des choix éclairés quant aux divertissements accessibles à leur progéniture. Les jeux sont donc évalués selon deux gros critères : le groupe d’âge approprié et les descripteurs de contenu. Le système de classification est omniprésent et très peu de jeux disponibles sur les tablettes ne sont pas classés.

«Rated E for Everyone»

L’ESRB donne des classements assez justes de façon générale. Afin de mieux accompagner le consommateur, certaines icônes sont accompagnées de descripteurs de contenu. Voici les icônes officiels de l'association :

ESRB3Tableau explicatif logo esrb

Depuis l’apparition des échanges en ligne et de l’utilisation d’internet par l’intermédiaire de certains jeux, de nouveaux logos ont fait leur apparition dans le répertoire de l’ESRB. En 2013, trois nouveaux logos sont apparus afin d’identifier les jeux qui partagent l’information de l’utilisateur, la localisation et/ou qui permettent une interaction entre joueurs.

L’évaluation d’un jeu en quatre points

Pour évaluer un jeu, l’association a un protocole bien établi. Non, elle ne reçoit pas tous les jeux sur le marché et s’occupe de tous les tester. De plus, il faut noter qu’il n’est pas nécessaire de passer préalablement par l’ESRB pour sortir un jeu. Tous les classements sont demandés de façon volontaire par les développeurs. Peu sont ceux qui ne font pas évaluer leurs jeux, surtout parce que certains magasins refusent de les mettre sur les tablettes. Si vous avez un jeu en développement, voici le processus par lequel votre projet va passer si vous décidez de le faire noter.

1 – La demande

Afin de voir votre jeu évalué, vous devez préalablement envoyer à l’ESRB une compilation des passages les plus violents de votre jeu ainsi qu’un questionnaire décrivant son contenu jugé pertinent par l’association (violence, contenu adulte, langage vulgaire, usage de substances, jeux de hasard, etc).

2- La réception

Une fois le tout reçu, une équipe d’au moins trois personnes qualifiées examine votre soumission. Ils délibèrent donc ensuite à quel groupe d’âge s’adresse votre jeu et ajoutent les descripteurs de contenu. Ils rédigent finalement un résumé de la classification qui est accessible sur leur site internet  si vous avez des questions quant à la justification de votre classification.

3- La pochette

Lorsque votre jeu est prêt pour le marché, l’ESRB va prendre soin de mettre sa cote en évidence sur l’emballage de votre jeu. Vous verrez alors un des logos illustrés ci-haut apparaître sur votre pochette, à l’extérieur ET à l’intérieur de cette dernière. L’ESRB place donc l’icône du groupe d’âge approprié sur le devant de la pochette afin d’avoir une référence rapide. Si votre jeu le nécessite, l’organisation dépose ensuite les différents descripteurs de contenu à l’arrière de la pochette, à côté de l’icône à référencement rapide qu’il avait mis à l’avant.

4- La publication

Une équipe de play-testers s’accorde une dernière vérification une fois que votre jeu est sur le marché. Ils vérifient d’abord les jeux qui soulèvent un questionnement général relié à l’ESRB ou sa cote puis ceux qui ont étés sortis à un public large. Ils s’assurent que la note accordée par l’ESRB est juste et complète.

Il est important de noter que ces étapes s’appliquent aux jeux qui seront sortis de manière physique dans le futur. Les applications mobiles, DLC ou tout jeu délivré exclusivement de manière digitale ou en ligne passe par un processus légèrement différent. Le «Short Form rating process» de l’ESRB vous demande simplement de répondre à un questionnaire à choix multiple, de préciser s’il y a une quelconque forme d’interaction dans votre jeu (les 3 dernières icônes ajoutées en 2013) et d’y indiquer l’âge minimal requis pour y jouer. Le formulaire que vous aurez soumis détermine automatiquement la catégorie de votre jeu, son indicateur de contenu et les éléments interactifs. Une poignée de jeux est ensuite testée par l’ESRB peu après qu’ils soient arrivés sur le marché afin de faire un contrôle de qualité des notes. Si vous avez été trop léger avec l’évaluation de votre jeu, l’ESRB se permet de vous demander d’avantage de matériel à n’importe quelle étape de votre projet. S’il y a erreur, l’association peut corriger alors la note ou demander complètement de retirer le jeu s’il le juge non-approprié.

L’importance de L’ESRB en Amérique du Nord

Chez les consommateurs : les notes de l’ESRB sont un référencement très important pour les parents. En tant que parent, vous ne voulez pas que votre enfant regarde des émissions inappropriées et c’est pour cela qu’au Canada nous avons le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) qui passe au peigne fin les contenus télévisés et radiophoniques. Dans notre ère 2.0 où l’internet et l’accessibilité aux jeux est à la portée, il est nécessaire d’y assurer un certain contrôle. L’ESRB a le privilège d’être l’un des systèmes de classification les plus précis au monde. Il offre sept classes d’âge et trente précisions différentes sur le contenu d’un jeu. Il est donc facile et rapide pour le consommateur d’évaluer si le jeu est approprié pour sa personne ou pour quelqu’un d’autre. En plus d’offrir un système de classification qui affecte directement le consommateur acheteur, l’association génère indirectement un filtre pour le consommateur junior qui entre dans une boutique avec l’idée de repartir avec un nouveau jeu. Bien que ce ne soit pas une mesure mise en place par l’ESRB, plusieurs magasins s’engagent à demander des pièces d’identité à toute personne qui souhaite acheter un jeu coté Mature (M17+), au même titre que l’on demande une pièce d’identité pour acheter de la loterie. Il est important que tous ceux qui offrent des jeux vidéo en cadeau à des plus jeunes soient informés de ce système. Souvent est-il arrivé qu’un jeune de huit ou dix ans demande à ses grands-parents Far Cry 4 dans un magasin et que, lorsque le commis indique que le jeu est classé M pour Mature, un «oui-oui» confus s’en suit et l’achat se règle malgré tout.

Chez les développeurs : comme mentionné plus tôt, l’ESRB joue un rôle extrêmement important dans la classification des jeux, principalement par rapport aux ventes. Le fait que de grosses compagnies telles que Walmart refusent de vendre des titres non classifiés ou à classification Adulte (A18+) affecte beaucoup les ventes d’un jeu. Au contraire, un jeu jugé E va atteindre la plus grosse part de marché et se verra accessible pour les plus jeunes et les plus vieux.

classification pegi

Le système de classification PEGI

Et dans le reste du monde

Dans la suite du dossier que je vous prépare, nous allons nous pencher sur les autres systèmes de classification. Le plus connu ici est probablement PEGI, qui opère en Europe. Survol rapide ensuite du CERO au Japon, de l’AFC en Australie et plusieurs autres.

Pour plus d’informations sur l’ESRB.

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Force, sagesse, courage, Marilou aka Ribanne s’est initiée aux jeux vidéo avec la Sega Genesis et n’a pas arrêté depuis. Lorsqu’elle n’est pas sur les bancs d’école où elle étudie la communication, elle est sans doute en train de faire des modèles réduits ou de s’informer des nouvelles du jeu vidéo et de la techno. Son conseil : Swim against the current.
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