ESWC 2015 : Montréal, centre de la planète CS pour une fin de semaine

 

Les amateurs de compétitions électroniques et surtout de Counter-Strike l’attendaient avec impatience : la grande finale de la Coupe du Monde a posé ses pains de C4 cette dernière fin de semaine à la Société des Arts Technologiques, dans le cadre du festival Juste Pour Rire. Ce tournoi supposé réunir les seize meilleures équipes mondiales, en plus de huit équipes féminines a donc permis de montrer ce qui se fait de mieux sur l’ancestral jeu de tir. Retour sur un week-end explosif!

Une édition 2015 unique en son genre

La Satosphère, exceptionnelle pour un tournoi d'E-Sports!

Cette nouvelle édition de l’ESWC, structure forte de plus de douze ans d’expérience dans le domaine des tournois de Counter-Strike, s’annonçait hors du commun sous plusieurs aspects. Tout d’abord, son exportation sur le sol canadien était une première, l’organisation française ayant pour habitude de tenir sa finale dans l’Hexagone, comme durant la Paris Games Week l’année dernière. De plus, le choix de la SAT marquait clairement une volonté de donner un côté exclusif, voire intimiste à l’événement : on était loin en effet des grandes salles d’exposition pouvant contenir plusieurs centaines, voire milliers de personnes. L’absence de scène centrale pour les matchs éliminatoires était également une surprise. La SAT fut tout de même savamment aménagée pour pouvoir offrir le minimum attendu pour un tel événement, avec par exemple les projections des matchs astucieusement placées au-dessus du bar. Enfin, l’immense atout était surtout l’utilisation de la Satosphère pour la rediffusion des matchs, sous forme de quatre écrans sur toute la surface du dôme. Seul bémol, une chaleur suffocante qui allait peser dans cette fin de semaine…

Un démarrage difficile

Cloud9 en action

En effet, on a eu chaud durant ces trois jours, et sous bien des aspects! Le rez-de-chaussée non climatisé, la météo pour une fois estivale, et bien entendu, la chaleur dégagée par l’équipement et la foule ont rapidement fait grimper le Celsius dès la première journée. Si les joueurs purent tant bien que mal endurer la température, il en fut tout autrement pour l’équipement, à commencer par les serveurs de jeu qui succombèrent rapidement, malgré les systèmes de refroidissement qui eux-mêmes défaillirent le samedi. Ce fut la collection complète des problèmes techniques qui s’enchainèrent deux jours durant : puissance électrique insuffisante, plantage de PC, câbles réseaux défaillants ou mal protégés, et pour couronner le tout des attaques par déni de service ( DDoS) de forte ampleur vinrent complètement gâcher le spectacle. Temps morts interminables, matchs interrompus de multiples fois, et bien entendu des retards accumulés ont entrainé une tempête de rage sur les réseaux sociaux. Fort heureusement, la journée de finale se déroula parfaitement, et permis d’assister à du grand CS.

Tournoi féminin : les Counter Logic Gaming Red  de “retour”

S. Harvey renoue avec le titre avec les Counter Logic Gaming Red

Annoncé une poignée de jours avant le début de la compétition, le changement d’étendard de l’équipe de Stéphanie Harvey, célèbre joueuse québécoise aux multiples trophées, était déjà un signe précurseur de l’évolution de cette formation. Dans les faits, le résultat est là : la domination absolue des filles emmenées par Christine “potter” Chi aura marqué au fer rouge la scène féminine, les Américaines remportant chacune de leurs manches, et ne lâchant jamais plus de 11 rounds. Après une presque traversée du désert, les compères de MissHarvey retrouvent un titre de championnes du monde amplement mérité, et raflent un chèque de 7000$. Les Françaises tenantes du titres, Team Acer, furent quant à elles la principale déconvenue du tournoi, sorties en demi-finale par les Suédoises de Games4u. À venir, l’interview de la Québécoise Stéphanie Harvey, nous parlant de leur victoire, et de la place des compétitions réservées aux femmes dans l’E-Sports.

Compétition mixte, jusqu’au bout du suspens

Si les phases de poules furent pour le moins chaotiques, elles n’en furent par pour autant inintéressantes. Nos Québécois fraîchement passés sous la bannière de Boréal eSports le temps du week-end n’héritèrent pas du groupe le plus facile. Ils donnèrent leur maximum, et purent râcler 3 ou 4 rounds par match, mais la différence de statut fut flagrante, comparé à des équipes 100% professionnelles comme Cloud9. Le contrat est tout de même rempli, et le 16-0 a été évité.

Un tournoi à oublier pour NiP

Les grands perdants de la phase de groupes furent les deux équipes françaises Titan et LDLC White, ces derniers perdant leurs trois matchs assez sèchement. Côté Titan, rien ne va plus dans cette équipe depuis plusieurs mois, leur dernière victoire en tournoi international remontant à la DreamHack Stockholm en septembre dernier. Les rumeurs de changements circulent de plus en plus…

Les phases finales furent surtout marquées par l’élimination surprise des Suédois de NiP. les Ninjas se firent surprendre par FlipSid3 Tactics, alors qu’ils avaient survolé la première manche 16-1 sur de_inferno. C’était sans compter sur la ténacité des Ukrainiens qui enchainèrent les deux cartes suivantes, éliminant du même coup un des plus sérieux prétendants au titre.

En demi-finale, c’est le grand favori EnvyUs qui déçut, face à des Cloud9 et un n0thing particulièrement en forme durant tout le tournoi. Sortis sèchement 2-0, malgré une prolongation sur de_cbblestone, les français n’ont clairement pas convaincu. Et si Happy soulignait au micro de hltv.org que la fatigue et le rythme infernal des compétitions commençait à peser sur les organismes de ses coéquipiers, il est à parier que des changements s’en viennent dans la feuille de match d’EnvyUs.

Les nouveaux champions du monde, Na'Vi

La finale, quant à elle, fut bien entendu le point culminant de la fin de semaine, offrant 30000$ à la clé et le titre de champion du monde. La plupart de l’audience poussant derrière Cloud9, qui se retrouvaient face aux ogres de Na’Vi et un Guardian des grands jours, les Américains firent preuve d’un mental de fer. Après s’être fait rouler dessus 16-3 sur la première carte, les coéquipiers de n0thing trouvèrent les ressources pour aller chercher la map décisive sur de_dust2 sur le fil, 16-14. Cependant, les Ukrainiens ne tremblèrent pas et s’imposèrent finalement sur le même score, après un match durant lequel chaque équipe s’est rendue coup pour coup. Un final haletant, tant pour les joueurs que pour l’audience chauffée à blanc, au sens propre comme figuré!

Bilan mitigé, mire à ajuster

Si la dernière journée aura pu faire oublier les ratés du vendredi et samedi pour les spectateurs sur place, il en est probablement autrement pour les viewers ayant attendus beaucoup trop longtemps sur les streams. Le manque d’expérience du Mondial des Jeux est une possible explication, mais l’ESWC devra redresser la barre : la structure a souvent été critiquée par le passé, et cette édition 2015 risque de laisser quelques traces dans les réseaux sociaux, malgré une dernière journée s’étant déroulée sans aucun problème. Reste que la compétition offrit un magnifique spectacle, tant chez les femmes que du côté du tournoi mixte. L’ESWC n’a clairement pas l’envergure des plus grands circuits E-Sports comme l’ESL ou la DreamHack, mais est encore capable d’offrir de beaux moments du sport électronique, et le partenariat avec le Mondial des Jeux laisse présager un avenir encourageant pour les adeptes de compétitions électroniques à Montréal, pour peu que le tir soit corrigé côté production.

Si vous en voulez encore, surveillez Multijoueur pour les vidéos des interviews à suivre très bientôt!

Crédits photo : Marilou Hudon

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Tombé dans la NES quand il était petit, c'est un fan de jeux vidéo depuis l'enfance. Console, puis PC, c'est l'avènement d'internet qui scellera sa passion pour le jeu en ligne. FPS, STR, MOBA, un café, l'addition, tout l’intéresse, et il suit avec attention la scène pro à travers le monde. Au diapason de ses origines, il trouve son inspiration au sein d'une organisation secrète: #FrenchWhine.
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