Le Pan European Game Information et son efficacité

Pour la suite de notre dossier sur les systèmes de classification des jeux vidéo dans le monde, Multijoueur se penche aujourd’hui sur le celui utilisé chez nos voisins d’Europe. Le Pan European Game Information, mieux connu sous le nom de PEGI est l’ESRB de l’Union Européenne. Né en 2003 suite à un rassemblement de divers systèmes de classification nationaux dans le but d’uniformiser les notes, PEGI est maintenant présent dans plus de 31 pays et a classé plus de 20 000 jeux.

PEGI a la chance d’être un système géré par plusieurs organisations.  Il appartient en premier lieu à l’Interactive Software Federation of Europe (ISFE) basé en Belgique, mais est administré par le NICAM (Netherlands Institute for the Classification of Audiovisual Media) et le VSC (Video Standards Council).  Difficile de parler du but de PEGI sans le comparer à celui de l’ESRB. En effet, tous deux ont été créés dans le but de procurer une référence afin de faire des achats éclairés concernant les jeux vidéo. Il faut comprendre qu’avant 2003 ce n’était pas non plus le néant le plus total quant à la classification. On pense ici à SELL en France et ELSPA en Grande-Bretagne, qui ont maintenant trouvé une nouvelle vocation dans l’industrie du jeu

«PEGI 12»

PEGI utilise des pictogrammes afin d’identifier l’âge minimal recommandé pour le jeu ainsi que pour identifier le contenu. Les pictogrammes d’âges sont : 3, 7, 12, 16 et 18. Plus l’âge augmente, plus la couleur du logo tire vers le rouge ce qui représente un repère visuel rapide.

pegi classification pictogrammes

Les autres pictogrammes au fond noir sont les images qui décrivent le contenu. Il existe donc, de gauche à droite : Discrimination, Drogue, Grossièreté de langage, Jeu de hasard, Peur, Sexe et Violence. Il y a une uniformité des pictogrammes dans tous les pays d’Europe qui ont adopté PEGI avec une législation officielle, sauf au Portugal où vous pourrez apercevoir 4 ans au lieu de 3, 7 ans au lieu de 6 et en Finlande où le 12 est un 11 et le 16 un 15. Vous suivez toujours?

L’évaluation d’un jeu

Tout comme L’ESRB, l’évaluation des jeux se fait d’une manière volontaire de la part du développeur. Le studio doit soumettre sa demande en remplissant un formulaire, qui traite en première partie des dispositions légales en vigueur, propre à certains pays européens.  Selon le site officiel de PEGI, voici les quatre étapes de la classification d’un jeu :

1-      L’éditeur complète la deuxième partie du questionnaire relative à l’évaluation du contenu du jeu, en tenant compte de la présence possible de violence, de sexe et d’autres contenus sensibles, qu’ils soient visuels ou sonores.

2-      En fonction du contenu déclaré, le PEGI attribue une classification par âge provisoire accompagnée de descripteurs de contenus destinés à indiquer pourquoi le jeu a été affecté à cette classe d’âge.

3-      L’administrateur du PEGI (le NICAM ou le VSC selon la classification par âge provisoire attribuée) reçoit un kit d’évaluation qui contient toutes les informations et le matériel requis pour effectuer un double contrôle de la classification provisoire par rapport aux critères du PEGI.

4-      L’éditeur reçoit ensuite une licence autorisant l’utilisation du label de classification par âge accompagné du ou des descripteurs de contenu associés pour le jeu en question.

N’oubliez pas que la classification d’un jeu et l’âge minimal suggéré ne prennent pas en compte la difficulté du jeu comme les classifications de jeux de société. Un jeu pour les 3 ans et plus peut-être trop difficile  pour un enfant.

L’efficacité de PEGI remis en cause

Évidemment, les classifications fournies par PEGI ne sont pas toujours bien acceptées par les joueurs. Le système disposant de descripteurs de contenus moins développés que l’ESRB, il est fréquent de voir le logo de violence sur des jeux comme Soul Calibur ou Battlefield, qui sont tous deux classés 16+ pour l’occasion, mais qui ne proposent pas du tout la même forme de violence. Ainsi, des jeux comme Skyrim sont classés 18+ pour violence. Allez savoir …pegi statistiques

Tout comme son cousin nord-américain, PEGI offre un système de classification qui suggère plus qu’il n’oblige. Les marchands ne sont pas tenus de respecter la classification pour les ventes de leurs jeux. Certains vont demander une preuve d’âge pour les jeux 18+, mais pas tous. Il n’y a pas de législation officielle pour ceci. Malheureusement, cela entraîne de façon involontaire une habitude d’ignorer la signalétique.

Avec le temps, PEGI s’est adapté aux nouveautés sur le marché en ajoutant, par exemple,  des pictogrammes pour les jeux en ligne. Le système ne bénéficiant pas de la même notoriété que l’ESRB avec ses publicités et marchand qui ne vendent pas aux mineurs les jeux 18+, PEGI est méconnu des parents, le public cible même de PEGI.

Mais encore ?

Dans le prochain article que je vous prépare, nous allons faire un tour rapide sur les autres systèmes dans le monde. Nous passerons pas CERO au Japon puis l’AFC en Australie et terminerons le tout avec un petit comparatif de tous les systèmes, bien qu’aucun ne soit parfait…

Pour plus d'information sur PEGI : Site officiel

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Force, sagesse, courage, Marilou aka Ribanne s’est initiée aux jeux vidéo avec la Sega Genesis et n’a pas arrêté depuis. Lorsqu’elle n’est pas sur les bancs d’école où elle étudie la communication, elle est sans doute en train de faire des modèles réduits ou de s’informer des nouvelles du jeu vidéo et de la techno. Son conseil : Swim against the current.
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