Toy Soldier : War Chest – Des jouets en pièces détachées

Toy Soldier War Chest Bannière
Toy Soldier War Chest Bannière

Le premier Toy Soldiers, exclusif sur Xbox 360 à l’époque, compte parmi les jeux les plus vendus sur Xbox Live Arcade. Pourquoi? Parce qu’il proposait un concept original qui mélange le style « tower defense » et le jeu d’action. Après Toy Soldier : Cold War et une compilation des deux jeux sur PC, Signal Studios nous revient avec Toy Soldier : War Chest, un nouveau jeu pour consoles nouvelle génération et PC.



Le concept est plutôt attrayant : on contrôle des figurines sur un énorme plateau de jeu. Les personnages jouables représentent chacun un style de jouet : Kaiser (guerre), Phantom (science-fiction), Star Bright (mignon) et Dark Lord (fantastique). Quatre personnages sont disponibles en DLC, soit G.I. Joe, Cobra, He-Man et Ezio Auditore d’Assasin's Creed (mais qu’est-ce que tu fous là, Ezio!?!). Une douzaine de champs de bataille sont disponibles et jouables avec chacun des personnages, permetttant d’accumuler des médailles, d’augmenter son niveau d’expérience pour se procurer des mises à niveaux pour vos tourelles.

En gros, chaque scénario se déroule comme un jeu de style « tower defense ». Une douzaine de vagues d’ennemis sont envoyées et vous devez les empêcher d’atteindre votre boîte à jouet. Pour ce faire, vous devez construire des tourelles à quelques endroits sur la carte, et même prendre le contrôle de celles-ci pour viser vous même d’une façon plus efficace les attaquants. Entre chaque vague, on vous laisse du temps pour réparer vos tourelles et les améliorer.

Mais voilà : la complexité dans les jeux de tower defense repose habituellement sur le placement stratégique des tours. Toy Soldier, quant à lui, limite la construction de tourelles à quelques endroits seulement (environ 5 à 7 par tableau, sur les formes bleues dans l'image ci-dessous). On y perd donc immédiatement l’aspect stratégique, si ce n’est que de choisir quel type de tour on utilisera à chaque endroit.

Pas beaucoup de choix

L’obtention de la médaille d’or est excessivement difficile, puisqu’elle demande de dépenser le moins d’argent possible, de ne subir aucun dommage sur votre boîte de jouet, et de ne pas utiliser le temps entre les vagues d’ennemis pour bâtir... Ce qui est pratiquement impossible sans connaître par coeur les vagues d’ennemis ou sans avoir le talent d’un tireur d’élite qui fait mouche à chaque fois qu’il appuie sur la gâchette.

La meilleure stratégie?

J’ai donc eu peine à comprendre ce que le jeu attend du joueur. Est-il vraiment possible de regarder stratégiquement le tableau et de faire une partie parfaite du premier coup en utilisant le strict minimum absolu, ou sommes-nous simplement censés nous adapter selon les attaques des ennemis, en fonction de nos ressources? S’il s’agit de la seconde option, Toy Soldier devient simplement un jeu d’action, avec peut-être au passage, un brin de stratégie adaptative.

On pourrait penser qu’en rejouant les premiers niveaux, on accumulerait assez d’expérience pour avoir moins de difficulté par la suite, mais ce n’est pas le cas. Les niveaux d’expérience vous récompensent en vous donnant des jetons qui vous permettent d’acheter des packs d’améliorations de tourelles. (Ces jetons sont aussi disponibles par microtransaction, de 2 $ pour 2000 jusqu’à 20 $ pour 26 000). Mais ces améliorations demandent tout de même un gros budget en cours de partie, ce n’est donc pas un succès garanti.

Après quelques heures de jeu, j’ai fini par comprendre que la meilleure stratégie est simplement de concentrer ses efforts sur une seule tourelle au milieu de la carte (généralement dans l’endroit le plus élevé, permettant de viser n’importe où). On l’améliore au maximum, la rendant hyper-puissante et presque indestructible. La stratégie prend le bord assez rapidement... Pourtant, je me souviens clairement que dans le premier Toy Soldier, c’était possible de placer des barrières de fil barbelé et des petites troupes de soldats n’importe où sur la carte, rendant l’aspect construction un peu plus interactif.



Des fondations solides

Malgré tout ceci, je dois avouer que j’ai eu quand même beaucoup de plaisir avec Toy Soldier : War Chest. Il m’a accroché et je me suis amusé à rejouer des cartes avec tous les personnages. Je dirais que malgré ses défauts, le principe de base reste amusant. C’est excitant de voir des troupes de plusieurs dizaines de personnages accourir vers votre base, et de les anéantir à gros coups de canon.

L’avantage de Toy Soldier est justement de pouvoir prendre contrôle des tourelles ou de votre héros : ça vous donne quelque chose à faire durant les vagues d’attaques. On se retrouve trop souvent dans d’autres jeux de tower defense à attendre passivement que la vague d’attaque se termine, fixant sans relâche le nombre indiquant votre fortune, jusqu’à ce que vous puissiez construire la prochaine tour. Dans Toy Soldier, il y a toujours quelque chose à faire. C’est peut-être pourquoi on se sent si investi et qu’on ne voit pas le temps passer.

Toy Soldier écran titre

Mais qu’est-il advenu du style graphique présent dans les jeux précédents? Regardez-moi cet écran titre blanc avec un logo au milieu, comme la fin de la bande-annonce d’un jeu encore en développement! Même le menu principal (ci-dessous) aurait clairement eu besoin d’être revu par un graphiste. Pendant un moment, j’aurais cru jouer à un shareware en 1998! Où est passé l’effet « vieillot » du premier jeu, nous donnant l’impression de regarder un film datant de la Seconde Guerre Mondiale, qui nous plongeait instantanément dans la prémisse proposée?

Le menu très ordinaire de Toy Soldier

Je pourrais me plaindre des temps de chargements, mais en réalité, c’est le manque de contenu versus le prix, le manque de style et d’innovation côté gameplay qui font le plus mal à Toy Soldier : War Chest. C’est vraiment étrange, pour le troisième jeu dans une série.

Je ne peux pas vous dire ce qui s’est passé durant le développement du jeu, mais tout ce que je sais, c’est que c’est le premier de la série à être publié par Ubisoft au lieu de Microsoft Studios, et que ce dernier opus est le premier à contenir des microtransactions et du DLC payant le jour de la sortie. Coïncidence?

À vrai dire, je n’ai pas encore d’opinion définitive sur le DLC payant de Toy Soldier. On vous laisse le choix d’acheter uniquement le jeu de base à 15 $, d’acheter les 4 personnages supplémentaires à 5 $ chacun, ou la version complète à 30 $. D’un côté, j’aime bien l’idée de pouvoir acheter un jeu à moindre coût et d’ajouter du contenu si j’en ai envie. Par contre, le jeu de base n’a pas énormément de contenu, le DLC est dispendieux et l’ensemble du contenu ne vaut pas du tout 30 $. Donnez-moi un free-to-play, contenant uniquement un héros et quelques niveaux et demandez-moi d’acheter mes héros séparément. Ce serait le seul moment où les microtransactions auraient été acceptables.

Vous savez quoi? Si vous prévoyez jouer sur Xbox One, pourquoi ne pas simplement vous procurer Toy Soldiers et Toy Soldiers : Cold War pour le même prix? Ce sont des jeux d'Xbox 360 encore très potables côtés graphismes, et ils sont disponibles sur Xbox One via l’option de rétro-compatibilité. Sinon, Toy Soldier : Complete sur Steam contient les deux premiers jeux et leur DLC pour seulement 11 $, alors que l’édition de base de ce nouveau jeu coûte 20 $ sur la même plate-forme, ou 40 $ pour la version complète. C’est aberrant.

Cruellement minimaliste, ce nouveau Toy Soldier revient en arrière, proposant moins que les jeux précédents, pour plus cher. Vous aurez tout de même du plaisir, mais la déception est inévitable si vous êtes un admirateur de la série.

Cruellement minimaliste
6.5
Cruellement minimaliste

Ce nouveau Toy Soldier revient en arrière, proposant moins que les jeux précédents, pour plus cher. Vous aurez tout de même du plaisir, mais la déception est inévitable si vous êtes un admirateur de la série.

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CritiquesXbox One
C'est un gamer, fan de science-fiction, de BD, de jeux de société et de musique électronique. Bref, un geek. Rédacteur depuis 2008, il adore partir à la recherche de jeux uniques, peu importe leurs dates de sortie ou leurs pays d'origine.
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