Steredenn : voyage dans l’espace

Coïncidant parfaitement avec la découverte d’eau sur la planète Mars, l’intérêt qu’on porte pour notre galaxie se manifeste aussi avec l’arrivée de Steredenn, un shoot ‘em up/spaceshooter indie français nous rappelant le temps d’un genre incroyablement populaire. Avec ses éléments roguelikes, les nostalgiques seront satisfaits sans toutefois convaincre les néophytes du genre.

Un shm… shmup?

Situé à Rennes, en France, Pixelnest nous offre un shoot ‘em up (shmup) spatial à défilement horizontal nous rappelant par son look et son style les Gradius, Darius Twin et Super Nova de la SNES. Un style très commun à l’époque, autant aux arcades que sur consoles, qui se divisait principalement entre le défilement horizontal ou vertical et qui est généralement réputé très difficile et nous donne cette envie de toujours recommencer pour aller plus loin.

Vous voyez de quel genre de jeu on parle?

Hommage fidèle et moderne

Digne de l’ère qu’il salue, Steredenn récupère très bien tous les éléments typiques. Le jeu se joue dans l’espace, par défilement horizontal. Vous contrôlez un vaisseau (en solo seulement) avec le but de survivre en évitant les très nombreux projectiles et en détruisant les vaisseaux ennemis. À chaque niveau se trouve un boss qui réparera votre vaisseau et vous offrira un powerup. Un seul vaisseau nous est offert, mais une trentaine d’armes séparées en quelques catégories (plasma, balles, mêlée, artillerie) s’offre à nous aléatoirement pendant les niveaux. La variété de ces armes est d'ailleurs très appréciée et ont chacune leur avantage à utiliser.

Au niveau de l’histoire, la modestie est au rendez-vous. Une décision juste et efficace, puisque c’est ce qu’on attend de ce genre de jeu. Après une attaque lors d’une simulation qui vous sert de tutoriel, vous partez dans le cosmos pour attaquer différents boss dans le but de détruire le vaisseau mère ennemi. De temps à autre, surtout dans l’introduction des boss, un commentaire farceur saura nous faire sourire.

Bon look rétro, mais une musique...

Il est toujours délicat de juger l’esthétisme d’un jeu qui se base sur les normes de l’ère 16-bit. Si vous aimez le genre, vous serez certainement satisfait. Si vous cherchez à tout prix un style plus poli et contemporain, attendez-vous à la déception. Cependant, les arrière-plans sont jolis tout en permettant de très bien différencier les ennemis et les projectiles du fond, un facteur essentiel d’un bon shmup.

Les boss, quant à eux, ont tous un style similaire. Au mieux, ils sont légèrement plus gros en allant plus loin dans le jeu. Nous sommes toutefois loin des monstres, des robots et des vaisseaux imaginatifs des autres space shooters.

La musique, quant à elle, est rythmée et bonne. Généralement du style métal (dont une chanson rappelant clairement Dream Theater!) fait très différent des autres jeux, mais sonne un peu déplacée. Hélas, la trame sonore est très limitée et répétitive, sans en être aussi accrocheuse que dans un roguelike comme Binding of Isaac. Le blast beat, cette séquence très répétitive et intense à la batterie, est constant dans une des rares chansons qui joue lors des niveaux et finit par sérieusement nous agacer. On espère sincèrement que d’autres pistes sonores seront ajoutées afin de moins nous énerver.

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Le combat contre les boss est difficile, mais agréable

Du roguelike, mais peu de level design

En ce qui concerne les vagues d’ennemis, c’est ici que Streredenn se démarque : les vagues (quelques-unes par niveau) sont toutes générées aléatoirement. Les armes, les powerups et les boss le sont tous, à vrai dire. Ainsi, à moins de jouer sur un seed particulier (ici nommé “superplay”), chaque partie est toujours toujours différente. L’idée est fantastique et aurait pu rendre ce jeu remarquable. Toutefois, cette formule de génération aléatoire demande beaucoup de finesse pour plaire à certains joueurs, sans en repousser d’autres.

Lors d’un niveau, on regrette un peu que ce ne soient que des ennemis et des roches qui apparaissent. Nombreux sont les moments où l’on espère voir des obstacles, des environnements destructibles, des chemins qui se divisent, un passage à l’intérieur d’une planète ou d’un vaisseau pour ajouter du challenge et de la variété. Ces éléments existent pourtant dès les débuts des space shooters et des shmups!  Au mieux, des lasers ou une pluie de météorites seront temporairement sur notre chemin. C’est tout?

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On aurait aimé autant d'originalité dans les noms des boss que leur description

Des boss, des boss, des boss

C’est principalement autour des boss que l’essentiel de Steredenn se joue. La plupart des niveaux sont assez courts et faciles à traverser, tandis que les boss sont les principaux défis. Chacun possède environ trois modèles d’attaque qui change selon leur niveau de vie. Il suffit donc d’apprendre leurs attaques et d’avoir la bonne arme et habileté pour éviter ses projectiles.

Sur la première heure, le combat contre les boss est agréable. Mais on remarque rapidement qu’il manque d’originalité. Il est possible de reconnaître les premiers boss seulement par leurs attaques, puisqu’ils se ressemblent en apparence et même par leur nom. On aurait espéré parfois voir des boss en forme de scorpion ou avec des tentacules robotiques afin de rendre leur design plus original et nous permettre de mieux les reconnaître.

Après chaque boss, il est possible d’obtenir un powerup pour nous rendre plus fort ou augmenter notre pointage, tout dépendant de si vous désirez augmenter vos chances de gagner ou être dans le top du pointage publié en ligne.

Rejouable?

Les admirateurs des “bullet hell” et des schmup/space shooters seront satisfaits en matière de rejouabilité, sans non plus en devenir accro. Streredenn est difficile, demande beaucoup d’habileté et la génération aléatoire des armes et des ennemis assurent des parties différentes. Il offre un équilibre entre la nostalgie et la soif d’éléments roguelike que plusieurs amateurs de ce type de jeux recherchent. Avec le mode superplay (une partie sans génération aléatoire) et le challenge quotidien, les speedrunners et les communautés y trouvent tous leur compte.

Toutefois, beaucoup trop d’éléments font en sorte que le joueur moyen et le néophyte se fatigueront rapidement : la musique répétitive, le manque de variété au sein des niveaux, la répétition des boss…

Voilà le danger de la génération aléatoire : elle apporte de la variété pour les grands admirateurs, mais noie les autres joueurs dans une carence de level design.

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Correct, mais...

Steredenn est une excellente formule qui aurait pu hélas être mille fois meilleure. On regrette que la génération aléatoire rende le jeu monotone en coupant tout ce qui est bon dans les shmups traditionnels, au lieu d’ajouter du potentiel à un genre déjà bien peaufiné.

C’est bon, mais il faut vraiment aimer le genre pour ne pas s’en lasser.

Steredenn est disponible pour 9.99$ CAN depuis le 1er octobre 2015 sur PC et Xbox One . La version 1.00 (prerelase) a été testée pendant 6 heures.

Fans seulement
7
Fans seulement

La génération aléatoire dans un shmup séduira les amateurs finis du genre. Hélas, son manque de variété et d'originalité des boss repoussera ceux qui cherchent à découvrir ce style de jeu.

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Critiques
Enseignant d'histoire et de géographie passionné des jeux vidéo depuis sa petite enfance. Il a évolué dans les univers SNES, PSX, PC, Xbox, PS3, PS4. Grand admirateur de jeu de stratégies, d’aventure, de RPG, et de plate-forme. Ses goûts pour les sciences sociales et la psychologie l’amènent souvent à aborder les jeux vidéo d'un angle différent.
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