Kaleidoscope, le festival du film VR

Bannière Kaleidoscope
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Le cinéma en VR est un phénomène absolument fascinant et en pleine expansion. Le premier festival du film en réalité virtuelle, Kaleidoscope, a entrepris sa tournée dans 10 villes à l’international, dont Montréal, le premier octobre dernier au Centre Phi. On pouvait y voir une vingtaine de courts-métrages d’une multitude de catégories et même y rencontrer leur créateur.

C’était en quelque sorte l’accomplissement de tout ce dont j’ai parlé dans mon article sur le cinéma VR, la preuve que ce type de présentation peut être plus impressionnante, touchante et simplement spectaculaire, tout en étant présenté à l’aide d’un équipement abordable et accessible.



La salle principale était constituée d’une trentaine de chaises rotatives et de Gear VR, le casque d’Oculus dont l’écran était un téléphone Samsung. Des préposés étaient présents pour vous guider et démarrer les applications/films et vous aider à mettre le casque (ils ont d’ailleurs fait un travail formidable !).

C’était une salle vide totalement ordinaire sur des chaises totalement ordinaires, mais le résultat final est plus grandiose que le plus grand des écrans IMAX. Voilà : la prochaine évolution du cinéma est à nos portes. C’était tout de même surréaliste de se promener dans ce futur cyberpunk, cette salle où 30 individus masqués, dont l’esprit, étaient ailleurs, transportés dans un autre univers.

Salle de "projection"

(PARENTHÈSE)

Je disais dans mon article sur le cinéma VR que lors de mon premier essai du Gear VR, j’avais été déçu par une distorsion de l’image. Je confirme qu’il s’agissait d’un mauvais ajustement dans ce cas précis, puisque j’ai été tout à fait impressionné par la qualité de mon expérience à Kaleidoscope. Immersion totale, image net et précise, aucun ralentissement (lag)... c’était génial. Le casque est tellement confortable que j’ai passé près de deux heures à écouter des films, et je n’ai ressenti aucune fatigue oculaire, aucune douleur faciale, j’étais prêt pour une autre session. Le Gear VR, surtout à 100 $ pour la version commerciale, est un « must » pour tout détenteur de téléphone Samsung.

Oculus Gear VR

Les nombreuses possibilités du VR

C’est difficile d’expliquer à quelqu’un qui n’a jamais essayé un casque de réalité virtuel qu’un film en VR, c’est beaucoup plus que d’avoir les yeux collés sur un écran. Les lentilles couvrent notre champ de vision et éloignent l’image de base, tout en permettant la 3D stéréoscopique (plus efficace que n’importe quelle 3D que vous avez vue dans votre vie !) Les gyroscopes nous permettent en plus de bouger la tête et de regarder tout autour de nous, comme si nous y étions réellement. Et c’est là que les vidéos en 360 degrés permettent de faire quelque chose de différent.

Être dans les souliers de quelqu’un d’autre

C’est ce qu’ont compris les cinq mini-documentaires (5 à 15 minutes chacune) présents à Kaléidoscope. Welcome To Aleppo vous place au centre de cette ville syrienne, ou plutôt, de ce qui en reste après la guerre. Juste un tas de blocs couleur sable qui était autrefois une ville habitée. Je n’ai pas besoin de spécifier à quel point l’image est puissante, surtout lorsqu’on vous met au milieu de ces rues désertiques. Vous pouvez d’ailleurs voir le vidéo complet en 360 degrés ci-dessous.



Même chose pour The Nepal Quake Project, un appel à l’aide pour reconstruire ce qui a été perdu lors du tremblement de terre d’avril dernier. On comprend que le mot clé ici est empathie, et le VR a la force nécessaire pour l’amplifier et vous mettre, justement, dans la peau de quelqu’un d’autre, chose que le cinéma conventionnel ne réussit pas à faire aussi bien.

Witness 360 : 7/7 quant à lui se penche plus sur le côté humain d’une catastrophe, dans ce cas-ci, l’expérience post-traumatique d’une survivante de l’attentat à la bombe dans le métro de Londres en 2005. Elle vous raconte elle même son expérience, illustrée par des images prises dans le métro. On ne voit pas des images de l’évènement, mais sa description est amplement suffisante pour qu’elle nous affecte.

Future of VR a décidé de faire le contraire : de pointer la caméra sur divers spécialistes du VR et de leur demander leur opinion sur le sujet. Ils sont tous autour de nous, sur un banc rond, et s’adressent directement à la caméra. On a pratiquement l’impression d’avoir une conversation avec eux, qu’ils sont assis juste devant nous. Énorme potentiel pour les conférenciers, qui peuvent rendre leur discours plus personnel, s’adressant directement à vous plutôt qu’une énorme foule anonyme.

Être dans une œuvre d’art

Le cinéma VR n’est pas obligé de raconter une histoire ou de passer un message. Il peut simplement être une œuvre d’art interactive. C’est magnifiquement bien illustré dans The Night Café, un hommage aux peintures de Vincent Van Gogh. On marche dans un café où les textures nous donnent l’impression d’être peinturés à la main par l’artiste lui-même.



D’autres vidéos étaient plus abstraits, comme Bright Shadows et Tana Pura. Un court extrait du spectacle Kurios du Cirque du Soleil nous a fait réfléchir sur l’avenir du « DVD » d’un spectacle, qui pourrait être une expérience encore plus impressionnante que le voir « live ».

Un de ceux qui m’as le plus surpris, c’est LoVR. Une animation 3D dans laquelle on nous illustre les activités neuronales d’une personne lorsqu’elle interagit avec la personne qu’elle aime. Poétique.

Bref, Kaleidoscope fut un succès.. C’était l’occasion rêvée de voir des films innovateurs inédits, de rencontrer des créateurs de contenu et de socialiser avec des passionnées de VR. En espérant que le festival revienne l’an prochain, plus grand et plus achalandé que jamais.

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C'est un gamer, fan de science-fiction, de BD, de jeux de société et de musique électronique. Bref, un geek. Rédacteur depuis 2008, il adore partir à la recherche de jeux uniques, peu importe leurs dates de sortie ou leurs pays d'origine.
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