Assassin’s Creed Syndicate – Chapeau haut de forme et bottes de foin

Nous avions besoin d’un miracle pour nous redonner foi en la série Assassin's Creed après Unity, le jeu décevant de l’an passé. On a longuement parlé de ses bugs,...

Nous avions besoin d’un miracle pour nous redonner foi en la série Assassin's Creed après Unity, le jeu décevant de l’an passé. On a longuement parlé de ses bugs, mais ce sont surtout ses missions répétitives et ennuyeuses, jumelées à son scénario très ordinaire qui en faisait un titre peu mémorable. Bref, un jeu d’Oubliesoft. Mais miracle il y a eu, à la grande surprise de tout le monde. Syndicate est le premier jeu à être développé par Ubisoft Québec, et c’est peut-être une des meilleures décisions faites pour la série depuis longtemps : non seulement ils ont eu plus de temps pour faire le jeu (2 ans), mais on sent la passion de l’équipe pour son premier projet d’une telle envergure.



Toujours en Europe, c’est durant la révolution industrielle à Londres que se déroule Syndicate. C’est plus que jamais un cours d’histoire, à cette époque où les inventions fusent de tous bords tous côtés. Le train à vapeur joue d’ailleurs un rôle important dans le jeu, agissant à la fois comme quartier général et lieu de nombreuses missions. Étant donné qu’il ne se passe pas en temps de guerre (contrairement à plusieurs Assassin’s Creed précédents), les figures historiques que vous rencontrerez seront des alliés, comme Alexander Graham Bell, Charles Darwin, Charles Dickens, Florence Nightingale ou encore Arthur Conan Doyle. Cette fois, on se sent réellement ailleurs, grâce à cette ambiance bien de son temps, et l’industrialisation qui change la face du monde, nous amenant pour la première fois dans les temps modernes.

Assassins-Creed-Syndicate

Les plaintes incessantes des joueurs ont finalement été entendues : on vous permet d’incarner Jacob Frye ou sa sœur, Evie Frye, premier personnage principal féminin (parce que Aveline de Libération ne comptait pas, selon l’internet). Certaines missions doivent obligatoirement être jouées en tant que l’un ou l’autre des personnages, mais en général, vous êtes libre de choisir qui bon vous semble. Heureusement, les points d’expérience sont gagnés pour les deux personnages à la fois, vous n’êtes donc pas obligé de « grinder » pour que les deux personnages soient au même niveau. Ça permet d’investir les points de compétences des deux personnages différemment : vous pouvez par exemple faire en sorte que Jacob se spécialise dans le combat, tandis qu’ Evie maximise le côté « stealth ».

Les jumeaux ajoutent une dynamique intéressante dans les cinématiques, puisqu’ils ont deux attitudes et buts complètement différents. D’ailleurs, j’aime leur côté un peu plus enjoué par rapport à Arno de Unity, ça rend le tout beaucoup moins lourd. C’est d’ailleurs le cas pour le ton du jeu en entier.

Une nouveauté bien appréciée

Il s’en sont passées des choses côté gaming depuis le premier Assassin’s Creed. On pense notamment à la série Batman : Arkham, qui nous proposait des mécaniques d’infiltrationoriginales. On peut voir son influence pour la première fois dans Assassin’s Creed Syndicate, avec l’introduction d’un grappin, qui nous permet de grimper rapidement au sommet des bâtiments, comme le ferait Batman. C’est donc plus facile de rester discret et d’éliminer les ennemis un à un sans qu’ils aient le temps de nous apercevoir lentement grimper sur un mur. Ce grappin facilite aussi les déplacements, puisqu’il nous sert aussi de tyrolienne. D’autant plus que les rues sont plus larges pour accommoder les calèches, il n’est donc pas toujours possible de sauter d’un côté de la rue à l’autre comme lors des opus précédents.



J’entends les gens me dire : « Oui, mais Martin, grimper le flanc d’un bâtiment est l’essence même de la série Assassin’s Creed ! Le grappin enlève toute la personnalité du jeu ! » Et moi de répondre : « C’est le huitième jeu de la série (sans compter les spin-offs et jeux portables), je pense qu’on peut s’éviter un peu de perte de temps. » Ça fait longtemps que nous ne sommes plus émerveillés de voir le personnage grimper d’une façon réaliste : le grappin nous sauve donc une perte de temps énorme. Je trouvais justement que l’escalade des tours était devenue presque pénible dans Unity. La motivation principale était justement de la transformer en point de « fast travel » pour éliminer les longs déplacements pénibles dans des environnements de plus en plus grands.

Assassin's Creed Syndicate Map

Le manque de motivation était un autre problème de Unity. La carte était pleine à craquer de collectibles et quêtes secondaires, c’était à en perdre la tête. La situation est corrigée dans Syndicate puisqu’il regroupe tout par secteur qui contenant chacun 4 side-quests, comme des libérations d’enfant, assassinat ou kidnapping de templiers, guerre de gang, etc. Une fois l’activité complétée, le secteur perd sa teinte rouge, vous communiquant visuellement quel quartier a été conquis. Les collectibles sont aussi divisés par secteur, c’est donc beaucoup plus attirant de chercher les 5 coffres dans un secteur, plutôt que de voir une statistique indiquant « 1/150 ». J’ai vu le même genre de séparation en secteur dans Infamous Second Son et Mad Max. Je réalise que c’est plutôt efficace puisque ce sont tous des jeux que j’ai eu envie de compléter à 100 %, puisqu’il est facile de se fixer des objectifs à court terme. De plus, ça nous donne un sentiment de progression, ce qui est toujours un plus.

Des missions plutôt variées

Parlant de lassitude, j’ai été agréablement surpris par la variété des missions dans Syndicate. Bien sûr, on tourne encore autour du « suivre », « tuer » ou « défendre », mais heureusement, ce jeu ne fait pas l’erreur de vous donner trois missions de type identique à la suite. La rotation est constante, on peut donc enchaîner les missions du scénario sans avoir ce sentiment de répétition souvent présent dans le genre open-world.

Même les missions d’assassinat ont droit à des variantes. Celles-ci offrent plusieurs approches, et plusieurs entrées, vous donnant un grand degré de liberté. Des objectifs optionnels s’offrent aussi à vous, comme les « opportunités d’assassinat uniques », ou encore les solutions alternatives (voler les clés à un garde pour avoir un accès plus rapide à l’objectif). On pourrait donc rejouer plusieurs fois à la même mission sans jamais faire le même parcours. C’est ce qu’on recherche dans un open-world.

Ne vous inquiétez pas pour les bugs ou les ralentissements vus dans Unity : Syndicate est très fluide, et bien qu’il nous arrive de voir des petits glitchs une fois de temps en temps, on comprend que tout a été ajusté depuis l’an passé.

En gros, c’est un pari plus que réussi pour l’équipe de Ubisoft Québec, qui a non seulement développé un jeu qui nous redonne foi en la série, mais qui est peut-être le meilleur depuis Assassin’s Creed II. Même si vous avez manqué plusieurs opus précédents, Syndicate vaut la peine de replonger dans cet univers, d’autant plus que le lieu et l’époque qu’il nous propose est un délice. Missions variées et amusantes, difficulté équilibrée (mais penchant du côté facile), bref, un excellent jeu qui a sa place dans votre librairie.

Un des meilleurs Assassin's Creed
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Un des meilleurs Assassin's Creed

Pari plus que réussi pour l’équipe de Ubisoft Québec, qui a non seulement développé un jeu qui nous redonne foi en la série, mais qui est peut-être le meilleur depuis Assassin’s Creed II

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CritiquesFaits au Québec
C'est un gamer, fan de science-fiction, de BD, de jeux de société et de musique électronique. Bref, un geek. Rédacteur depuis 2008, il adore partir à la recherche de jeux uniques, peu importe leurs dates de sortie ou leurs pays d'origine.
4 commentaires
  • Marc-André Blondin
    8 novembre 2015 at 14:35
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    Belle critique Martin. Néanmoins, une chose m’a accroché dans ton article:

    «[…] qui est peut-être le meilleur depuis Assassin’s Creed II.»

    Sans partir de débat, quel rang donnes-tu à Black Flag?

  • Marc-André Blondin
    8 novembre 2015 at 14:37
    Laisser un commentaire

    Belle critique Martin. Néanmoins, une chose m’a accroché dans ton article:

    «[…] qui est peut-être le meilleur depuis Assassin’s Creed II.»

    Sans partir de débat, quel rang donnes-tu à Black Flag?

    • Martin Brisebois
      10 novembre 2015 at 16:59
      Laisser un commentaire

      Assassin’s Creed II est facilement un 9/10 pour moi. Black Flag était très bon, mais il s’éloignait un peu trop du concept de base selon moi. C’était grand, oui, mais les environnements semblaient être construit moins méticuleusement que Syndicate ou le II. Même chose pour les missions, on se retrouvait à parcourrir de grandes distances et à partir à la chasse au collectibles, tandis que dans Syndicate, les missions sont plus amusantes et variées. Ça reste une opinion personelle, mais comme je disais, Black Flag n’est pas loin derrière

  • jean lalande
    30 mai 2016 at 13:50
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    Je n ai pas aimé la mission ou on est sous hypnose ! Ça m as donner mal au coeur et un dégoût de la mission. Moment très désagréable et dégoûtant. Plus jamais svp !!!!!

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