Halo 5 : Guardians – À la recherche de Master Chief

La populaire franchise Halo débarque enfin sur les consoles de génération actuelle avec Halo 5 : Guardians. Développée par 343 Industries, cette nouvelle aventure de Master Chief saura-t-elle plaire aux fans de la série, et devenir l’un des blockbusters de 2015?

D’emblée, il faut préciser que Halo 5 : Guardians met beaucoup moins d’emphase sur Master Chief que les titres précédents de la série (à l’exception d’ODST). Bien qu’il ait une place importante au sein de l’intrigue, on accompagne seulement John 117 dans trois des quinze chapitres que compte la campagne. Le reste du temps, le joueur incarne plutôt Jameson Locke, le chef de l’Escouade Osiris.

Sans trop vendre la mèche, la mission de cette nouvelle escouade de choc consiste à mettre en état d’arrestation le célèbre Spartan (rien de moins), après que ce dernier ait désobéi aux ordres de l’UNSC en se lançant sur les traces de Cortana. Malgré ses promesses d’un Master Chief hors-la-loi, l’histoire s’avère peu mémorable dans l’ensemble, à l’exception de la finale coup-de-poing, qui donne déjà hâte à Halo 6.

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Nouveau, mais pas trop

Il n’est pas évident de modifier une formule aussi bien établie que Halo sans provoquer la colère des fans, mais 343 Industries a su relever le défi. Quiconque ayant déjà joué à un titre de la série sera immédiatement en territoire familier avec Guardians. On retrouve les armes classiques du jeu de tir, comme le Needler ou le pistolet plasma, qui, en plus de bénéficier d’une nouvelle couche de peinture, ont aussi vu leur comportement subtilement rééquilibré. Idem du côté des véhicules.

Sans délaisser complètement les membres du Covenant, les ennemis qu’on affronte dans Halo 5 sont pour la plupart d’origine prométhéenne. Puisque ces androïdes ont la capacité de se téléporter pour éviter nos tirs, l’action est encore plus frénétique que par le passé. Quant à eux, les Spartans disposent de nouvelles compétences qui augmentent leur mobilité, dont la possibilité de s’agripper aux corniches pour grimper plus haut, ce qui permet de mieux apprécier la verticalité des niveaux.

Travail d’équipe

Tout en accumulant les moments spectaculaires dignes d’un blockbuster hollywoodien, parmi lesquels l’assaut d’un Kraken, un vaisseau extraterrestre encore plus large qu’un gratte-ciel, la campagne de Halo 5 est probablement la plus courte à ce jour, et se complète en moins d’une dizaine d’heures, dépendamment du niveau de difficulté sélectionné. On retrouve d’ailleurs les quatre niveaux habituels, allant de facile à légendaire.

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La campagne peut toujours accueillir jusqu’à quatre joueurs en mode coopératif, mais grande nouveauté cette fois-ci, l’intelligence artificielle prend en main nos trois coéquipiers lors de parties en solo. Ces derniers sont capables de nous réanimer sur le champ de bataille, et on peut également leur indiquer sur quel ennemi concentrer leur tir, ce qui ajoute une légère dimension tactique à l’action. Bien que l’intelligence artificielle s’acquitte correctement de sa tâche, traverser la campagne avec des joueurs en chair et en os procure quand même davantage de plaisir.

Soulignons que le mode « split screen » de Halo, qui permettait à deux personnes de jouer simultanément sur le même canapé et qui a beaucoup contribué au succès de la franchise, a mystérieusement disparu de Guardians, une décision décriée par nombre de fans.

Le seigneur des Halo

Guardians est incontestablement le plus beau Halo jamais produit. À travers ses cinématiques à couper le souffle et ses magnifiques paysages de science-fiction, les rendus regorgent de détails, du grain de la peau des personnages en passant par les égratignures sur les armures. Les modélisations 3D sont excellentes, et on reconnaît immédiatement l’acteur Nathan Fillion par exemple, qui prête sa voix et ses traits à Buck, l’un des quatre membres de l’Escouade Osiris.

La richesse visuelle de Halo 5 ne se fait jamais au détriment de la jouabilité. Les développeurs ont en effet choisi de donner la priorité à la performance plutôt qu’à l’apparence, et si la résolution alterne entre 1080p et 900p selon les niveaux, le jeu tourne toujours à 60 images/seconde, qu’on joue seul ou dans des parties bien peuplées en ligne. Le résultat est l’une des expériences les plus fluides qui soit, un must pour un jeu de tir compétitif qui aspire à entrer dans le monde du E-Sport.

Les bleus contre les rouges

Halo 5 dépoussière son expérience en ligne, avec d’un côté l’arène, contenant les modes compétitifs plus traditionnels (capture de drapeau, match de mise à mort en équipe, etc.), et de l’autre le tout nouveau Warzone, dans lequel deux équipes s’affrontent sur une large carte aux objectifs changeants. Absolument épiques, ces parties opposant 24 personnes (un record pour la franchise), donnent lieu à des affrontements vraiment endiablés. C’est ici que les joueurs passeront sans doute la majeure partie de leur temps.

Principalement en usage dans le mode Warzone, 343 Industries a intégré un nouveau système, baptisé « REQ » (pour réquisitions) au jeu en ligne. Un peu à la façon d’un Plant vs Zombies : Garden Warfare, on achète des paquets de cartes au magasin. Chaque paquet contient un assortiment aléatoire d’objets permanents (armes, modifications cosmétiques)ou temporaires (véhicules, augmentation de vitesse) qu’on peut ensuite utiliser durant un match.

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Les réquisitions peuvent s’acquérir avec l’expérience accumulée lors des parties, mais aussi avec de l’argent sonnant (un paquet Or par exemple coûte 2.99$). L’arrivée de microtransactions dans un jeu se vendant pourtant près de 80$ fait craindre le pire, et avec raison, mais les développeurs assurent que cette fonction ne débalancera jamais le fragile équilibre des parties en ligne.

La Forge, qui permettait de créer ses propres niveaux et de les partager avec la communauté, est malheureusement absente de ce nouvel opus. Chose rare, Halo 5 fonctionne sans aucun bogue depuis le jour de son lancement, et ce, sans avoir eu besoin d’une mise à jour massive. Bravo aux développeurs pour cet exploit!

Pour quelques dollars de plus, l’édition Digitale Deluxe de Halo 5 : Guardians (que j’ai eu la chance d’évaluer) vaut certainement la peine. En plus du jeu en version téléchargeable, on obtient les 12 épisodes de la série animée Halo : The Fall of Reach, des points pour le système « REQ », ainsi qu’une copie de Halo : Spartan Assault. Il faut cependant s’assurer d’avoir assez de bande passante et d’espace sur le disque dur de sa console, puisque cette édition fait plus de 55 giga-octets.

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Solide
8.5
Solide

Malgré la déception qu’éprouveront certains de ne pas jouer davantage Master Chief, Halo 5 propose une expérience d’une très grande qualité. C’est à la fois le plus beau titre de la franchise, et le plus fluide. La solide rejouabilité des modes en ligne réussit presque à compenser pour sa campagne plutôt courte. Au final, Guardians est une valeur sûre, qui plaira à tous les amateurs de jeux de tir à la première personne.

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Critiques
À l’âge de onze ans, Patrick Robert vend des tablettes de chocolat de porte en porte pour s’acheter sa première console, une Atari 2600 avec un fini de faux-bois. Alliant sa passion pour l’écriture à celle des jeux vidéo, il a rédigé plus d’une centaine de critiques pour les défunts sites Jouez.com et HardGamers depuis 2008. Quand il n’a pas une manette entre les mains, il signe aujourd’hui des textes pour Ztélé, et bien sûr, pour Multijoueur.ca.
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