Xenoblade Chronicles X – Immense

Une nouvelle planète énorme, de multiples races, des dangers à tous les coins, Xenoblade Chronicles X est tout sauf une réelle suite à son prédécesseur du même nom et vise clairement le joueur de jeux à monde ouvert. Mais est-il à la hauteur de sa compétition? Tout semble indiqué que oui.

Des étendues vastes et incroyables

Le mot “immense” est probablement celui qui m’est passé par la tête la minute où j’ai commencé mon aventure sur la nouvelle planète, Mira, où l’humanité s’est fraichement écrasée. Après une très brève introduction aux contrôles de déplacement et de combat, on découvre l’étendue des lieux. C’est alors qu’, on nous donne de multiples options de chemin, et c’est là que Xenoblade Chronicles X devient une expérience déboussolante. Tout est totalement ouvert et s’offre à nous sans barrière visible. Quelque chose qui n’avait été offert avant qu’avec une petite poignée de jeux de la part de Nintendo.

oblivia2

Le monde dans lequel le titre nous lance n’est pas sans vie, bien au contraire. Ce dernier pullule de créatures insolites de tous acabits. Que ce soit des insectes géants, des sangliers étranges ou des mastodontes de plusieurs dizaines d’étages de haut, on est très rarement seul durant les nombreuses explorations de Mira. C’est une chose absolument merveilleuse et à la fois terrifiante. On peut profiter de la tranquillité entre deux troupeaux d'indigènes pour pouvoir analyser le terrain et les environs, puis le moment d’après on doit fuir à toutes jambes un monstre agressif désirant transformer l’équipe en son prochain lunch.

Même si le jeu nous montre le niveau des monstres à l’avance, il ne nous indique que ceux qui sont dans notre champ de vision. Bien souvent, on peut se faire surprendre dans un combat absolument non voulu. Comme dans mon cas, où une simple chasse pour des matériaux pour avancer une quête a tourné au drame quand un niveau 81 est passé par là et m’a infligé une correction légendaire. Et c’est la réalité du monde : il n’est pas si dynamique, mais il reste tout de même intéressant. On apprivoise le terrain, on le connait mieux et on sait maintenant ce qui se promène le jour et ce qui grouille la nuit. Ce n’est pas nécessairement les menus ou l’interface du jeu qui nous indiquera si tel monstre est là ou non, il faut le savoir et tenter sa chance quand elle se présente.

primordia1

Les musiques d’ambiance colorent les paysages avec une trame plus qu’incroyable. Certaines de ces pièces peuvent mettre le Cirque du Soleil au placard tellement elles sont imagées. Le cycle entre le jour et la nuit vient avec sa trame sonore respective, et ce pour chaque région explorée.

Visuellement époustouflant, mais très couteux

Xenoblade est visuellement percutant. Une des choses qu’il faut noter est que le terrain est majoritairement visible à des lieux à la ronde. Les gros anneaux au fin fond du désert? Ce sont bel et bien des objets avec lesquels on peut interagir, si l’on veut bien y voyager. Ces éléments apportent un niveau de vie et donnent envie d’explorer le monde comme aucun jeu sur la Wii U n'a pu livrer jusqu'à maintenant. Le niveau de détail des environnements est aussi extrèmement intense, tout y est créé avec minutie. Les nombreux indigènes et ennemis ne sont pas en reste, avec un design très soigné.

oblivia1

Néanmoins, il y a un prix à payer pour toute cette grandeur et ce graphisme époustouflant… Il est fortement recommandé de télécharger les packs de chargements si vous prenez la copie physique. Pour avoir l’expérience optimale de jeu, 22 gigaoctets du disque de la Wii U seront nécessaires pour réellement profiter du jeu sans trop de chargements. Ces ajouts montrent malheureusement que la console en est déjà à sa limite en terme de performance.

Épique, mais sans personnalité

Si le monde lui-même est vivant et magnifique, les humains semblent réellement manquer de vie . Les expressions et le jeu d’acteur sont d’une médiocrité rarement vue. Non seulement le jeu est difficile à entendre, mais il arrache toute connexion qu’on peut avoir avec les personnages. Les animations relèvent souvent d’une suite de mimiques difficiles à regarder. Fâché, content ou autre émotion, si ce n’était pas des actions des personnages, on ne le saurait probablement jamais. La cerise sur le sundae est le personnage qui nous représente dans tout ça. Outre les phrases dites en combat, le personnage reste silencieux et ne fait que hocher de la tête quand on lui pose une question. Cela brise l’immersion, je ne m’inquiétais pas outre mesure de ce que mon personnage pouvait ressentir.

combat2

L’histoire reste tout de même épique et intéressante, mais on est loin d’une grande épopée spatiale. Vu le manque d’investissement des acteurs, il est difficile de réellement sentir quoi que ce soit dans les revirements que Xenoblade Chronicles X propose. Les séquences sont intéressantes, mais elles sont lourdes et on veut simplement continuer à jouer sans se se préoccuper des interactions entre les personnages. C’ est dommage, car le fond de Xenoblade est particulièrement intéressant et la mise en scène aurait pu être grandiose. Tout tombe malheureusement à plat par cette exécution maladroite.

Un autre problème qui peut sembler mineur pour certains, les quêtes principales sont rarement faciles à faire successivement. On se retrouve souvent à devoir remplir une liste de prérequis dont certains impliquent l’exploration d’une certaine zone. Le tout aurait pu être beaucoup plus fluide en faisant explorer le joueur ou faire vivre les moments qui unissent les personnages à travers l’histoire. Ce manque de fluidité nuit au flot du jeu et peut parfois enlever l’envie de continuer sa session.

Combats dynamiques et amusants

Une des choses qui vient vraiment marquer l’expérience de Xenoblade Chronicles X est son système de combat. Ce dernier est calqué directement sur son prédecesseur, mais apporte aussi un nouveau niveau de profondeur intéressant. Un de ces éléments est la classe choisie, comportant un éventail de trois chemins principaux avec une base de jeu différente. On peut donc choisir un chemin à suivre menant à de nouvelles possibilités d’armes et de combos suivant l’option prise. Chaque sélection vient avec un combo d’arme à longue distance et d’arme de mêlée unique. On peut se spécialiser en corps à corps, en combat à distance ou rester tout simplement balancé.

classes

Au coeur de la baston en elle-même, le choix des compétences de votre personnage et de votre équipe est crucial pour sa survie. Si votre sélection n’est pas en adéquation avec votre style de combat, vous pouvez rapidement vous retrouver le nez au plancher devant un monstre pas si difficile. Et malheureusement, aucun menu ne vous explique l’entièreté de toutes les subtilités du combat, comme les jauges de chargement, les points de combat et bien sur les “Arts” qui vous permettent d’avoir de nouvelles attaques. C’est un aspect critique qui change l’expérience rapidement une fois qu’on le découvre et fort heureusement, le rythme du jeu permet aussi une exploration des menus après un moment. La lecture des nombreuses possibilités n’est pas réellement une option si on veut pouvoir optimiser son expérience.

Autre très malheureux bémol, l’intelligence artificielle qui peut être lourde à gérer par endroits. Plutôt que d’avoir une manière d’intéragir directement avec les personnages, on peut envoyer un ordre simple pour attaquer un ennemi, éviter de dépenser toutes les ressources inutilement, etc. On ne peut mettre ces ordres de manière automatique et il faut donc les réinitialiser avant chaque engagement. Et malheureusement, si on laisse les personnages faire ce qu’il veulent, on peut se rendre compte qu’ils ont autant de jugeote qu’un chevreuil devant les phares d’une voiture. Certaines situations facilement évitables ont été provoquées par un “collègue” qui a décidé que l’ennemi pacifique était dans son chemin, menant à devoir prendre mes jambes à mon cou, ou simplement mourir dans le déshonneur le plus total.

De gros robots, de gros plaisirs.

Après une vingtaine d’heures de jeu, on se retrouve devant l’opportunité d’obtenir notre premier robot piloté nommé “Skell”. Dès qu’on embarque dans ces titans de fer, l’exploration du jeu change totalement. On saute beaucoup plus haut, se déplace beaucoup plus vite et on a soudainement moins peur de tout ce qui grouille à l’extérieur de la zone sécuritaire. Très loin d’être un dieu, on reste vulnérable aux attaques de monstres trop forts pour l’équipe. Mais le tout vient comme une révélation que le monde a beaucoup plus d’endroits accessibles, et d’immenses terrains. Si je pouvais vous décrire l’effet d’obtenir le Skell, ce serait comme la première fois que j’ai obtenu une monture épique sur World of Warcraft.

Le robot est aussi pleinement modifiable, on peut choisir sa couleur personnalisée, ses armes d’épaule, ses sabres, son armure et j’en passe. Pour celui qui a rêvé de posséder une armure Gundam ou un autre gros robot japonais, c’est un excellent rapprochement. Chaque arme apporte sa compétence spéciale pour le robot, et la symétrie visuelle de l'armement n’est pas obligatoire, mais vraiment plus stylisée.

skell

Le combat change radicalement aussi avec cette arme en main, on peut faire énormément plus de dégâts aux créatures de grosse taille et certains indigènes nous laissent tranquilles lorsqu’on est à bord de notre armure. Les combats sont naturellement plus dynamiques et intéressants. Même si le robot est puissant, il se peut qu’à certains moments, votre personnage reste plus efficace sur le terrain que si vous utilisez la machine. Ce qui peut sembler un peu ridicule pour le rapport de force qu’on présente.

Au final

Xenoblade Chronicles X est un jeu très vaste avec une quantité de contenu qui dépasse largement ce qu’on peut retrouver sur la Wii U aujourd’hui. Après 30 heures, je suis loin d’avoir terminé la quête principale ou d’avoir exploré toute la planète Mira. Le jeu est rarement ennuyant et le contenu à découvrir est toujours une surprise. Le titre est un excellent point d’entrée pour ceux qui sont profanes aux jeux de rôle avec un monde ouvert. Malgré ces gaffes techniques concernant l’intelligence artificielle, l’information mal disséminée ou l’histoire qui peut être ennuyeuse par endroits, Xenoblade Chronicles X reste un incontournable de la console.

Impressionnant!
8.5
Impressionnant!

Un monde ouvert et vivant, de gros robots et un système combat amusant, Xenoblade Chronicles X est vraiment une perle sur la Nintendo Wii U. Loin d’être une expérience sans faute, le titre offre un excellent point de départ pour ceux qui voudraient s’initier aux jeux de ce genre.

Catégories
Critiques
Cofondateur de Multijoueur, Bruno est un grand passionné de l'industrie vidéoludique. Non seulement il aime jouer, mais il adore discuter de cet univers. N'ayant pas la langue dans sa poche, il ne se gêne pas de critiquer les erreurs qui passent sous ses yeux!
Aucun commentaire

Laisser un commentaire

*

*

Dans le même sujet