The Division – En quête de soi

Sorti le 8 mars simultanément sur PC, Xbox One et PS4, The Division est le dernier bébé d’Ubisoft. Au lendemain d’une pandémie globale, le joueur est un agent de la Division, une cellule d’agents dormants ont comme travail de remettre New York sur pied au lendemain de la fin du monde.

Présenté pour la première fois lors du E3 2013, The Division créa un engouement majeur sur l’internet instantanément. Borderlands 2 était encore un jeu actuel et Division semblait promettre une expérience similaire, mais dans un monde plus réaliste, avec des graphismes incroyables et une expérience en ligne de type MMO et non pas seulement coopératif.

Suite à cette annonce, très peu d’informations furent données à propos du jeu mis à part quelques vidéos ici et là servant à rappeler aux passionnés que le jeu existait et était toujours en développement. Chaque vidéo donnait très peu de détails, mais c’était juste assez pour maintenir l’intérêt. Le jeu est finalement sorti après près de 3 années d’attente, aura-t-il survécu aux attentes créées?

The division poubelle

Une immersion brisée

Il est rare de voir des MMORPG présentant un monde cohérent et fonctionnel. Les villes sont toujours trop petites ou bien elles sont vides alors que l’histoire indique qu’il y a des milliers d’habitants y vivant. La ville de New York devant être sauvée dans The Division est contraire au moule habituel, parfaite. Elle est une réplique presque 1 pour 1 de Manhattan sur laquelle une montagne de détails a été ajoutée. Les rues sont remplies de voitures endommagées, de montagnes de poubelles, de débris en tout genre et de cadavres. L’environnement exprime parfaitement la chute d’une civilisation basée sur des services et besoins qui, en cas de crise, sont voués à disparaître. Les voitures sont inutiles sans essence, les déchets, ne se faisant plus ramassés, s’empilent et les commerces ont été pillés et saccagés par une population en pleine fracture.

C’est au travers de cette ville en ruine que doit naviguer le joueur. Suivant une recette établie par Ubisoft depuis plusieurs années déjà, la carte est remplie de points d’intérêts, de quêtes en tout genre, de missions et d’objets à collecter servant d’objectifs au joueur. Ne suivant donc pas de ligne directrice en soi, le joueur est libre de ses mouvements et peu accomplir les tâches lui étant offertes dans l’ordre de son choix.

Le jeu n’ayant pas vraiment de quête principale, son histoire et ses personnages sont découverts à travers ce lot d’objectifs secondaires, notamment via les objets à collectionner. Malheureusement, l’histoire est loin d’être bien intéressante et les personnages sont ennuyeux, sans oublier que fragmenter l’histoire de cette façon permet aux joueurs de tout simplement l’ignorer. À travers le jeu, une tonne d’enregistrements servent à présenter les bons et les méchants, mais même après un lot énorme d’informations, ils restent tous beaucoup trop simples et vides. Mis à part le badge sur notre épaule, rien ne nous relie émotionnellement aux protagonistes qui nous sont présentés. De l’autre côté, les antagonistes sont tous présentés comme des maniaques ne voulant que tuer ceux qui osent marcher sur le même côté de rue qu’eux. Les enregistrements les plus intéressants sont ceux touchant aux évènements s’étant déroulés lors de la chute lente de la ville. Ils n’ont aucun lien avec le joueur, mais présentent très bien la nature de l’humain lorsqu’il est dans une situation de crise. Prendre le de trouver tous ces objets à collectionner en vaut donc le détour si vous rechercher à connaître l’histoire du jeu en entier.

Là où l’immersion prend la porte est lorsqu’aux travers de ce monde vivant, bien construit et rempli de sacs-poubelle vient s’ajouter l’aspect RPG. Alors qu’au début, tuer des mécréants de bas quartiers avec 3-4 balles est normal, il devient de plus en plus difficile de pourfendre ses ennemis à mesure que le jeu avance. Nos adversaires deviennent des éponges à balles, pouvant encaisser chargeurs après chargeurs sans broncher. Contrairement à Borderlands, un jeu rempli de robots et créatures en tout genre, les ennemis dans The Division sont tous humains. Cette différence majeure rend la difficulté à tuer un seul homme absurde, voire comique, surtout lorsque la marque Tom Clancy est connue pour son réalisme. Il n’y a rien de réaliste ici… Les combats sont longs et ce genre de situation ne fait que briser une immersion si bien établie par l’environnement.

The division ultra

Un arsenal limité

Comme le jeu est premièrement un jeu de rôle et ensuite un jeu de tir, utiliser les meilleurs armes et armures à notre disposition est crucial pour la progression. Par contre, le système d’équipement laisse à désirer.

La diversité des armes est adéquate. Il y a une vingtaine de fusils différents répartis en 5 catégories. Chacune d’elle a une utilité et vient avec un style de jeu précis. Par exemple, les fusils à pompe performent bien à faible distance alors que les fusils de précision sont parfaits pour les distances importantes. Le jeu n’ayant pas de système de classe, le joueur est donc libre d’utiliser l’arme qu’il préfère presque en tout temps. Presque, car utiliser une arme puissante, quelle que soit sa catégorie, est plus important que de garder un fusil rendu désuet par son niveau plus bas.

Comme les armes, les 6 pièces d’équipement défensif fonctionnent aussi avec un système de niveau. Le joueur obtient donc toujours du nouvel équipement pour remplacer ses vieilleries lorsqu’il progresse dans le jeu. Ces pièces d’armures ne viennent par contre avec aucune modification visuelle. Elles ne sont que des statistiques ne faisant que devenir meilleures. Ce qui est vraiment dommage, car le nom de certaines pièces d’armure laisserait croire à un visuel intéressant.

Les pièces cosmétiques viennent sous forme de vêtements trouvés un peu partout à travers le jeu, soit en pillant des appartements, soit en aidant des civiles dans les rues. Ces vêtements se ressemblent tous énormément et beaucoup la plupart d’entre eux n’ont que des couleurs différentes. Dans les jeux en ligne, l'apparence d’un joueur est importante, car elle montre les accomplissement et le statut du joueur. Mais avec ce système, tout le monde se ressemble et le style manteau, tuque, foulard devient rapidement générique.

The Division gear

Une fin répétitive

Une fois au niveau 30, il reste encore beaucoup à faire, mais en même temps, pas vraiment. Deux options s’offrent au joueur. Il peut soit trouver un groupe et faire des missions en chaîne dans l’espoir d’obtenir du meilleur équipement, ou bien il est possible d’aller dans la Dark Zone et de faire du PvP.

La première option est la plus simple et facile. Il ne suffit que de trouver 3 personnes en utilisant le système de matchmaking intégré au jeu ou bien en invitant tout bonnement nos amis. Une fois fait, il ne reste plus qu’à faire des missionss en mode difficile en espérant trouver du meilleur équipement. Les missions sont aussi un bon endroit pour obtenir des Phoenix Credits. Cette monnaie d’échange sert à acheter de l’équipement et des plans pour construire de l’équipement légendaire. Une fois assez bien équipé, il est possible de refaire les mêmes missions en mode Challenging dans le but d’obtenir encore une fois du meilleur équipement. Le jeu devient très rapidement un grind rendu à ce point. Un peu comme Diablo, il faut refaire encore et encore les mêmes missions dans le but d’obtenir le meilleur équipement possible, par contre, ici, il faut absolument être en groupe, et tuer nos ennemis-éponges prend du temps, surtout en Challenging.

L’autre option est la Dark Zone, le seul endroit du jeu dans lequel il est possible d'interagir avec d’autres joueurs étrangers. Dans cette zone, le PvP est permis et ouvert, rendant donc risqué de s’y aventurer. Comme il faut extraire les objets que nous y trouvons via hélicoptère et que nous perdons tout lorsque nous mourons, il est très difficile d’utiliser cette zone pour trouver du meilleur équipement… En théorie du moins. Car en pratique, c’est l’inverse. Comme les développeurs ont décidé que tuer les ennemis se trouvant dans la Dark Zone donnerait des Phoenix Credits, cet endroit est le meilleur pour obtenir des crédits rapidement lorsqu’en groupe.

Une fois rendu à ce stade, le jeu est sens dessus dessous. Rien n’a réellement de sens et le jeu ne devient rien d’autre qu’un grind énorme à moins que votre activité préférée soit de tuer les joueurs qui cherchent des crédits dans la Dark Zone. Comme le jeu reste un RPG, cette tâche sera difficile si vous n’avez pas un équipement meilleur que le leur, ce qui risque d’arriver si vous perdez votre temps à tuer des joueurs et non pas à trouver du meilleur équipement.

The Division fight

Un jeu qui se cherche encore

The Division est un jeu qui n’a pas réellement trouvé sa place. En essayant d'accommoder tout le monde, il s’est retrouvé dans un endroit entre le MMORPG et le RPG traditionnel. L’histoire est d’une platitude ne demandant qu’à être oubliée et monter de niveau consiste à courir en rond dans New York en passant de points d’intérêts en quêtes secondaires, points d’intérêts qui se répètent d’ailleurs tout le temps. Ne pas utiliser de système de classe permet aux joueurs solo de bien s’en tirer, mais fait en sorte qu’il est inutile de se recréer un nouveau personnage. Les missions peuvent toutes être complétés seuls, mais ils sont très difficiles et il faut une connexion internet pour jouer au jeu de toute façon, alors pourquoi ne pas utiliser le Matchmaking? Une fois rendu à la fin du jeu, il ne reste rien d’autre à faire que d’enchaîner des missions jusqu’à en tomber malade en espérant obtenir du meilleur équipement, mais le meilleur se trouve dans la Dark Zone et son PvP inexistant. Le jeu ne fait rien non plus pour créer une sorte de communauté ou d'interaction entre les joueurs. Il est possible d’écrire ou de parler aux membres de son groupe, mais il n’y a pas de système de guilde et il est impossible d’échanger des objets avec les autres joueurs.

Heureusement, Ubisoft a déjà un plan complet de sorties pour l’année. Le but est d’améliorer les fonctionnalités en ligne et d’offrir aux joueurs du nouveau contenu. J’espère vraiment qu’ils écouteront les joueurs et qu’ils régleront bon nombre de problèmes présents dans le jeu. Seul les prochains mois nous le diront, mais pour l’instant, The Division est une déception qu’il vaut mieux laisser sur la tablette.

The division nuit

décevant
6.5
décevant

The division se lance partout sans vraiment toucher la mire. Le jeu a plusieurs défauts et essaie d'être autant un jeu solo qu'un MMORPG, ce qu'il est au final incapable de faire.

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Critiques
Grandissant entouré de jeux vidéo, jeux de rôle et jeux de société de toute sorte, Alexandre est aujourd’hui un passionné des passe-temps geek. Étant gamer de longue date, il préfère les MMORPG et les MOBA mais rien ne l’empêche d’apprécier tous les genres, tant qu’ils sont disponibles sur PC. Alex s’intéresse aujourd’hui à l’histoire des jeux vidéo depuis le boom internet des 10 dernières années, une page tournante de l’industrie.
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