Uncharted 4: A Thief’s End – Retour grandiose!

Depuis Crash Bandicoot, Naughty Dog se surpasse jeu après jeu au niveau de nouvelles mécaniques et de l’exploitation du matériel informatique disponible, afin de donner au joueur la meilleure expérience imaginable sans trop l’étouffer au passage. La série Uncharted n’y fait pas exception, et ce du premier, Drake’s Fortune, jusqu’au dernier, A Thief’s End, sortie aujourd’hui. Rassurez-vous, cette critique est libre de tout dévoilement concernant l’histoire.

Un trésor redécouvert et poli

Que serait Uncharted sans ce bon vieux Nathan Drake, le fameux chasseur de trésors, de cités perdues, et de reliques antiques? Cette entrée nous présente ce personnage qui a finalement raccroché son chapeau d’explorateur pour une vie plus simple, sans tracas de se faire tirer dessus par des mercenaires. S’il ne va pas à l’aventure, c’est l’aventure qui vient à lui alors que Sam, son frère aîné qu’il croit mort depuis des années, cogne à sa porte afin de lui demander de l’aide. Brisant la promesse de ne plus jamais repartir dans une excursion comme tel, les deux frères partent à la recherche d’un ancien trésor du pirate Henry Avery dont ils ont abandonné la piste lorsqu’ils étaient plus jeunes. Nolan North reprend le rôle de Nathan pour une cinquième fois (n’oublions pas Golden Abyss sur Vita) avec brio, captant le charme de cet homme ordinaire ayant accompli l’extraordinaire à plusieurs reprises, majoritairement grâce à sa chance face à des situations mortelles et l’effronterie qu’il a envers ses opposants. Troy Baker, qui a déjà travaillé avec Naughty Dog et North dans le passé dans The Last of Us en tant que Joel, nous fait oublier ce contrebandier du monde post-pandémique en incarnant Sam avec réalisme, ne laissant aucun doute qu’il est un Drake avec ses ripostes rusées et son intérêt envers l’histoire.

Uncharted 4 - Nate et SamSi le casting complet accompagnant ces deux acteurs est tout aussi talentueux, l’environnement varié et impressionnant prend une aussi grande place dans l’histoire que ses habitants. Que nous nous retrouvions sur une île tropicale baignée par le soleil ou dans des catacombes désertes depuis des décennies, le souci du détail apporté aux décors majoritairement interactifs est impeccable. Le tout peut être admiré à sa juste valeur puisqu’il n’y a aucune boussole ni mini-map pour contraindre votre écran. Chaque scène raconte son propre passé non seulement grâce à la mise en place de barricades naturelles, d’écriteaux muraux, et de corps inertes, mais aussi à travers les dialogues optionnels entre personnages et les notes cachées stratégiquement. En fait, même si Uncharted est une expérience linéaire, le corridor que l’on prend pour continuer l’histoire est subdivisé en plusieurs embranchements menant à un même point, faisant place à une certaine exploration de l’environnement nous permettant de découvrir plusieurs artefacts cachés (dont j’ai loupé la grande majorité durant mon test). Sans dévoiler les grandeurs de certains endroits, nous pouvons à plus de trois reprises explorer comme l’on veut le décor avec une jeep ou un bateau, et même descendre du véhicule pour entrer dans des bâtiments.

Le tout est enrobé de graphismes aussi détaillés que The Order 1886, mais avec plus de couleurs. Chaque mouvement de pupille et d’os dans le visage nous fait ressentir l’intention réelle quelques fois cachée des personnages envers les autres et leurs émotions. L’animation est réaliste avec quelques accrocs, mais rien de majeur. La transition entre les sections de jeu et les cinématiques est fluide, sans interruption, pour une expérience vidéoludique (pour ne pas dire cinématographique) immersive. Elle va jusqu’à utiliser un arbre de dialogue dans quelques scènes afin de nous permettre de prendre la parole en tant que Drake, mais cette option n’est pas utilisée à son plein essor, nous laissant imaginer que c’est une idée implantée à la dernière minute par le développeur. Par contre, cette transposition narrative vient avec un coût d’installation de 48 Go (plus une mise à jour présentement de 5 Go), un nettoyage de votre système est donc fortement recommandé.

Toujours fonctionnel, mais raffiné

Uncharted 4 - Combat

Les séquences d’action sont tendues mais égales tout au long de votre expérience. Environ une vingtaine d’armes à feu traditionnelles séparées en deux catégories, soit pistolet et arme lourde, sont offertes à Drake et ses ennemis. Cela permet de non seulement adopter votre propre style de jeu, mais aussi l’approche que vous aurez contre vos opposants. Petit conseil : il n’est jamais recommandé de courir vers un ennemi vêtu d’une armure lourde et armé d’un fusil à pompe lorsque vous avez uniquement un simple pistolet. Parlant d’approche, l’environnement est assez ouvert pour adopter celle que vous voulez, que ce soit directement face aux mercenaires avec un fusil d’assaut, à distance avec un fusil de précision, ou même subtilement en les éliminant un à un grâce à vos poings. Le problème avec l’approche furtive, même avec toutes les possibilités y étant reliées, est que l’ennemi ne va pas investiguer après vous avoir clairement vu, la rendant trop accessible tout en brisant l’immersion de l’expérience. De toute façon, vous serez obligé de vous déplacer puisque l’intelligence artificielle vous forcera à vous dévoiler éventuellement. Même avec un grand arsenal disponible, cela ne vous empêche pas d’utiliser des attaques au corps-à-corps, de même que vous pouvez adopter cette tactique en tout temps de façon beaucoup plus intéressante et excitante que dans la version précédente.

Entre ces échanges de coups de feu, l’aspect «aventure» s’enclenche. Comme dans les autres opus, l’escalade est un des aspects principaux du déplacement, mais comme le «corridor» est plus ouvert, différentes routes s’offrent à vous. Certaines vous mèneront à destination, d’autres à un trésor caché ou simplement à un cul-de-sac. Les mécaniques solides de platforming établies dans les autres jeux restent les mêmes, mais on rajoute à cela un harpon relié à une corde. Ce simple outil rajoute des possibilités intéressantes, mais avec la façon dont il est incorporé à l’histoire, on se demande néanmoins pourquoi il ne fut pas inclus dans les autres auparavant. Un autre outil qui se rajoute est un pilon que l’on plante dans une surface plus fragile afin de se donner un appui supplémentaire durant l’escalade. Même s’il est bien implanté avec le reste des autres éléments, il est introduit tard dans le jeu et n’est pas utilisé fréquemment de façon exhaustive, le rendant utile seulement dans les quelques rares sections du jeu vers la fin. Venant avec le tout sont les nombreux puzzles et énigmes que la série est réputée avoir. Il n’y a rien de très compliqué avec ceux-ci mais certains m’ont quand même pris au dépourvu, me demandant une minute de réflexion. De toute façon, si vous prenez trop de temps, le jeu vous donnera un indice, ne vous laissant pas contraint de ruiner votre expérience avec les guides de stratégie. Tout au long de cette aventure, vous serez accompagné par au moins une autre personne afin de vous battre à vos côtés, résoudre des énigmes, ou simplement atteindre des plateformes autrement inatteignables. Un parallèle évident peut être fait avec The Last of Us au niveau de cette complicité avec le partenaire, ce qui n’est pas une mauvaise chose puisque cela vous donne l’impression de jouer en coopération et de partager cette expérience.

Uncharted 4 - Ville

Uncharted reste fidèle à ses racines au niveau du genre Action-Aventure à la troisième personne. Ce raffinement du genre faites par cette série est un très bel amalgame dont beaucoup d’autres franchises (tel que la renaissance de Tomb Raider) essayent de prendre inspiration, mais c’est le rythme que celle-ci offre qui lui donne un avantage plus que concurrentiel, et ce à travers ses 25 chapitres (incluant un prologue et un épilogue) totalisant une quinzaine d’heures de jeu. Cela ne paraît peut-être pas beaucoup, mais il faut prendre en considération qu’il n’y a aucun temps mort et/ou ennuyant durant l’expérience. En fait, le rythme narratif de l’intrigue donne une raison sensée pour chaque action effectuée et environnement visité. De plus, la transition d’un genre à l’autre est bien effectuée. Un chapitre de Drake’s Fortune pouvait se résumer à une séquence de plate-forme, résolution de puzzle, et reprendre le chemin en sens contraire avec des ennemis sur le chemin; A Thief’s End fait une transition de puzzle/platforming à une séquence d’action de façon naturelle pour nous, le joueur, voire même en incorporant du platforming obligatoire en plein combat.

Uncharted 4 : A Thief’s End englobe tout ce qu’on aime de la série tout en accueillant les néophytes ne connaissant pas les exploits passés de Drake. Une histoire d’acier avec des personnages humains, des contrôles simples et fonctionnels, des graphismes à couper le souffle, une excellente jouabilité avec plusieurs extras lorsque l’on finit la campagne une première fois (question de le revisiter), et aucun moment ennuyant. Que dire de plus? Avec un titre comme celui-ci, on peut se demander si c’est véritablement la fin de Drake comme Naughty Dog nous l’a promis. Chose certaine, les amateurs de la série ne seront pas déçus.

Incontournable!
9.5
Incontournable!

Pas obligé d'avoir joué aux trois autres opus afin d’admirer ce chef-d'oeuvre, mais il est recommandé de le faire si vous voulez saisir les subtilités du scénario.

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CritiquesPlaystationSony
Geek affirmé, gamer confirmé, et barbu occasionnel, Marc-André (alias Bobbyjoe) reçoit la Playstation à l'âge de 6 ans, la faisant ainsi sa console de prédilection. En possession d'un DEC en cinéma et communication, il y ajoute une spécialisation dans l'industrie des jeux vidéo grace à son baccalauréat en médias numériques à l'UQÀM. Il ne croit pas aux guerres culturelles: que ce soit Playstation/Xbox, PC/Mac, ou même Marvel/DC, si tout le monde est content et trouve ce qui lui plait, pourquoi autant de haine?
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