Fated: The Silent Oath – Un silence d’or

Fated The Silent Oath
Fated The Silent Oath

Il suffit de regarder la bande-annonce de Fated : The Silent Oath pour comprendre que les gens chez Frima Studios à Québec ont compris l’importance de la réalité virtuelle comme nouveau médium. Ils ont sauté sur l’occasion et développé un jeu narratif, exclusivement pour l’Oculus Rift et le HTC Vive, disponible sur Steam et Oculus Home.



Fated démarre alors que vous êtes prisonnier du corps inconscient du père d’une famille Viking. Il est mort, mais heureusement pour vous, une déesse vous propose un pacte. Elle vous fera revenir à la vie, mais à une seule condition : vous ne pourrez plus parler. C’est votre serment de silence. Reprenant conscience dans le chariot d’une carriole, votre but est maintenant clair : vous êtes en vie pour protéger votre famille.

C’est aussi le but de l’expérience en général : tenter de vous faire comprendre ce qu’est l’instinct paternel. Et il n’y a rien de mieux pour vous mettre dans les souliers de quelqu’un d’autre que la réalité virtuelle. C’est un médium empathique, qui a le pouvoir de rendre des jeux narratifs comme Fated encore plus efficace émotivement.

La réalité virtuelle fait toute la différence. Étant présent dans ce monde fantastique, on est immédiatement plus investi. Les personnages ne sont pas uniquement des images à l’écran : ils sont là, en 3D à côté de vous. Ils vous suivent du regard lorsque vous bougez, ils tendent les bras vers vous, bref, plus que jamais, vous sentez qu’ils s’adressent À VOUS, le joueur, plutôt qu’à votre avatar.

Fated: The Silent Oath

Comme Brothers : A Tale of Two Sons, on ne joue pas à Fated pour le gameplay en tant que tel. On y joue pour se faire raconter une histoire, mais surtout, pour vivre ces quelques moments spéciaux qui vous marqueront à jamais.

À un moment, on vous met aux commandes d’une calèche qui roule dangereusement sur le bord d’un précipice. On appuie sur les gâchettes pour diriger le cheval et éviter les obstacles qui tombent sur votre chemin. Votre fille est juste à côté de vous, et elle a peur. Soudainement, le chariot frappe une roche et bascule, et instinctivement, j’ai lâché la manette et j’ai tendu le bras par réflexe pour l’attraper. C’est à ce moment même que j’ai compris que je me suis fait prendre au jeu. Non seulement j’ai été dupé par l’illusion, mais que surtout, il a réussi à me véhiculer ce désir de protection pour cette petite fille si naïve, si fragile.

C’est un moment personnel que j’ai vécu, mais plus loin dans le scénario, il y a quelques moments inévitables à la « Brothers » qui vous font utiliser une mécanique toute simple, mais d’une façon déchirante. Quelque chose de physique et de naturel, rarement utilisé dans les jeux vidéo, mais qui devient physiquement difficile à faire tellement la charge émotionnelle est grande. En termes d’empathie, on ne pas peut frapper plus dans le mille que Fated.

Fated: The Silent Oath

Autrement, on met quelques défis et casse-têtes sur votre chemin, qui sont vraiment faciles. Le fanatique de casse-tête en moi aurait aimé quelque chose de plus substantiel, mais j’imagine que leur simplicité est justement pour ne pas rendre l’expérience trop lourde. De toute façon, Frima Studios a déjà prouvé qu’il était tout à fait capable de bâtir un jeu aux mécaniques complexes, originales et difficiles, avec Chariot, un autre de mes coups de cœur.

On y contrôle tout de même le personnage principal et ses mouvements, on peut donc explorer à notre rythme ce décor enchanteur. Je n’ai pas ressenti de cinétose (motion sickness), mais même pour les débutants, quelques options vous sont offertes afin d’en éliminer la possibilité. Les artistes chez Frima ont aussi compris qu’un style dessins animés est étonnement plus immersif qu’un style réaliste, puisqu’on s’y abandonne complètement sans se poser de question. Avec des graphismes photo-réalistes, on est constamment dans le “uncanny valley”, et on ne pourrait s’empêcher de remarquer le moindre détail qui ne va pas, ce qui briserait complètement l’immersion.

Même les scènes d’action gagnent à être présentées en réalité virtuelle. Je pense à un moment en particulier, où vous devez marcher sur une corniche, alors que des immenses pendules en métal aiguisées se balancent, menaçant de vous couper en deux à tout moment. Ces lames passent littéralement à quelques centimètres de votre visage, et même si on sait bien que c’est virtuel, on a le souffle court.

Fated est d’une durée d’environ deux heures, mais si l’expérience est un succès, des épisodes supplémentaires pourraient voir le jour, étendant l’univers de Fated et, j’imagine, explorer un peu plus la mythologie qui nous est introduite dans celui-ci. Certains diront que 20 $ est dispendieux pour deux heures de jeu, mais personnellement, je paie volontiers le développeur qui a pris le risque d’investir dans une nouvelle technologie au nombre d’utilisateurs limité, et qui tente de repousser les limites du médium. D’autant plus qu’après avoir terminé Fated, mon 20 dollars fait office de vote : je souhaite de tout cœur que Frima continue cette série.

Je disais en commençant que Frima Studio avait compris le potentiel de la réalité virtuelle en voyant l’Oculus Rift, et lorsqu’on termine le jeu, on comprend qu’ils ont aussi réussi à l’utiliser au maximum. Cette critique est courte puisque j’essaie d’en dévoiler le moins possible sur l’histoire du jeu, pour ne pas vous gâcher la surprise. Ce que vous devez savoir, c’est qu’il plaira assurément aux amateurs de jeux narratifs, et est aussi une excellente introduction à la réalité virtuelle.

Captivant
8
Captivant

Enfin, les jeux narratifs font le bond vers la réalité virtuelle, et Fated : The Slient Oath est la preuve que c’est une formule gagnante.

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CritiquesFaits au QuébecPC / MAC
C'est un gamer, fan de science-fiction, de BD, de jeux de société et de musique électronique. Bref, un geek. Rédacteur depuis 2008, il adore partir à la recherche de jeux uniques, peu importe leurs dates de sortie ou leurs pays d'origine.
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