Death road to Canada – faillite créative

Death road to Canada est un petit jeu indépendant financé sur Kickstarter et développé par une petite équipe américaine, RocketCat games. C’est en août 2013 que leur campagne de sociofinancement a assuré à l’équipe les ressources nécessaires pour la production du titre. Malheureusement, Death road to Canada est ce qui ressemble de plus près à une faillite créative.



 

En effet, Death road to Canada est le résultat qu’on obtient lorsqu’on place ensemble la «très à la mode» génération procédurale avec un jeu de survie et un thème aussi galvaudé que celui des zombies. Les mécaniques du jeu sont bien fonctionnelles et efficaces, mais ne peuvent pas cacher l’ennuyeuse réalité qui est l’inspiration derrière le jeu. Il ne faut pas se méprendre, le titre répond à toutes les attentes créées par le Kickstarter, mais le jeu n’est tout simplement ni différent ni original dans l’océan des jeux indépendants d’aujourd’hui.

Jouabilité ordinaire

La jouabilité est bien simple : vous contrôlez le leader d’un groupe de personnages avec leurs traits, forces et faiblesses. Vous trouvez des armes et vous décimez des hordes de zombies. Les contrôles fonctionnent, c’est-à-dire les déplacements et les attaques, mais manquent de profondeur. Death road to Canada devient rapidement un exercice extrêmement répétitif. Vous équipez votre troupe d’armes contondantes ou alors d’armes à feu et vous cherchez dans les différents environnements des ressources afin de remplir votre mission. Celle-ci est simple : survivre votre expédition vers le Canada où, parait-il, l’infection de zombie ne s’est pas propagée.

Un aspect intéressant du jeu est celui où vous pouvez jouer à deux joueurs dans la même partie. Effectivement, Death road to Canada permet de commencer une partie immédiatement avec un partenaire et, ainsi, de s'amuser à exterminer des hordes de zombies avec votre partenaire et deux contrôleurs.

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Survie sans surprise

Lors de votre périple, vous devez vous assurer que votre troupe ait suffisamment de ressources pour passer au travers des diverses épreuves. Que ce soit de la nourriture, de l’équipement médical, des munitions ou du gaz, il semble que vous trouviez ce dont vous avez besoin toujours au bon moment. Par exemple, lorsque vous n’avez plus de gaz pour opérer votre voiture, il est assuré que votre prochain événement soit celui de la découverte d’une voiture et de gaz… De ce fait, le sentiment d’urgence engendré par le manquement d’une ressource disparaît rapidement et la seule inquiétude devient alors la survie d’une autre journée. Une journée survécue, à pied ou en voiture, est une journée de plus vers votre objectif, soit le Canada.

Du pareil au même

Le jeu est procédural, mais toujours du pareil au même. Alors que vous traversez l’Amérique en route vers le Canada, vous serez confronté à divers événements qui vous imposeront parfois des choix. C’est un peu comme Faster Than Light, sans la liberté du choix du chemin à emprunter. Vous rencontrerez sur votre parcours des personnages que vous pouvez recruter pour votre groupe jusqu’à concurrence de 4 survivants. Là où le jeu brille, c’est quand vous prenez le temps de créer les personnages un à un tout en choisissant leurs apparence et leurs caractéristiques. Ensuite, vous pouvez activer le mode de jeu qui génère les survivants selon votre banque de personnages créés individuellement.

Pixels et stéréo

Si le manque de créativité n’était pas assez flagrant jusqu’ici, vous aurez alors remarqué que Death road to Canada est assorti d’un style de graphisme «pixel art». Bien sûr, le travail sur des graphismes pixelisés est beaucoup plus simple pour un petit studio, surtout lorsque l’on parle d’animer des dizaines et des dizaines de zombies en même temps. Tout de même, il est clair que c’est une autre manière facile de surfer la vague des titres indépendants qui sortent par centaines sur Steam.



 

Autrement, la trame sonore est plutôt entraînante et on a droit à une mélodie très animée. Cependant, l’entièreté de la bande originale dure moins de 20 minutes en incluant le menu. C’est donc une autre facette du titre qui devient extrêmement répétitive, malgré la qualité de celle-ci.

Un thème à mauvais escient

À mon goût, la popularité du thème des zombies ne provient pas des zombies eux-mêmes, mais plutôt du drame humain et des personnages qui sont entraînés dans un scénario post-apocalyptique. Hors, dans Death road to Canada, le thème des zombies est exploité pour la facilité de création des monstres rencontrés dans le jeu. C’est donc bien simple, il n’y a pas de créativité non plus dans les ennemis qui se trouvent sur votre chemin vers le Canada. Pas de zombie «boss», pas de zombies avec des habiletés spéciales, juste des zombies biens simples les uns par-dessus les autres. C’est pourquoi d’ailleurs le jeu est beaucoup plus amusant lorsqu’on utilise des personnages prédéfinis et inspirés de réelles personnes autour de vous.

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Finalement

Si vous êtes capable de faire fi du manque total de créativité derrière Death road to Canada et si la mention du Canada dans un titre est suffisante pour piquer votre curiosité, ce jeu est peut-être pour vous. Les mécaniques fonctionnent et le jeu livre exactement ce qu’il promet dans son titre. Death road to Canada est un jeu qui s'apprécie à deux et il est disponible sur Steam pour 16,99 $. Une version pour iOS est en production.

faillite créative
5.5
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Le jeu est plus amusant lorsque l'on joue avec un partenaire, mais sinon il se résume à une copie conforme d'une centaine de jeux déjà existant dans la marée des titres indépendants.

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Étudiant en conception de jeux vidéo de l’UQAC et amoureux de l’industrie des jeux vidéo, Simon aime partager sa passion à tous ceux qui veulent bien en savoir davantage. Jeux vidéo, jeux de société, cinéma... bref, tous les médiums du divertissement sont au cœur de ses préoccupations.
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