The Girl and The Robot – Être seul, à deux

Il est rare que les adaptations cinématographiques de jeux vidéo soient marquées d’un grand succès. Mais qu’en est-il de l’idée inverse? The Girl and The Robot, développé par Flying Carpets Games, est un jeu qui se veut grandement inspiré des productions du studio Ghibli. Est-ce une bonne idée de rester trop fidèle lorsqu’on parle du passage du grand écran à une histoire interactive dans le confort de notre bureau?

Une inspiration de Ghibli

The Girl and The Robot est un jeu dont l’histoire concerne, comme son nom l’indique, une fille et un robot. Ceux-ci tenteront, par la résolution de puzzles et par le combat, de s’échapper d’un château et de leur hôte maléfique : la méchante reine. L’inspiration de Ghibli prend forme dans la présentation de l’histoire. Tout d’abord, le vide est le centre de l’intrigue. Dès le début, nous pouvons nous poser la question : « Comment un endroit tel que celui-ci, totalement intact, peut-il être totalement désert? ». En effet, à l’exception des robots, il n’y a aucune trace de vie. Cependant, nous croisons plusieurs œuvres d’art qui permettent de se douter de ce qu’il s’est passé ainsi que deviner le rôle de la reine dans cette histoire. Celle-ci rappelle effectivement certaines mises en scène de Ghibli. Le jeu est donc très réussi...

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Objection!

D’abord, le vide (oui, encore lui) met en place une difficulté que Flying Carpets Games n’a pas su surpasser, c’est-à-dire rendre l’expérience de jeu accrochante. Le vide est lourd au point que l’on peut se demander par moment si c’est le design ou le manque de budget qui a causé ça, car il y a une quantité phénoménale d’objets statiques, et bien peu d’activité pour s’amuser à part les quelques puzzles proposés aux joueurs.

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Pour ajouter à la lourdeur, la trame sonore est quasi inexistante, une déception pour ceux qui suivent religieusement la musique de Ghibli, mais aussi les autres créations japonaises similaires. Il est difficile de justifier la combinaison du vide avec le genre action­-puzzle, alors que les autres cherchent, au contraire, à afficher le plus de vie possible aux joueurs. Ce choix aurait été plus justifié s’il avait été mis en place avec une ambiance d’horreur. Mais est-ce que cela veut dire qu’il existe des thématiques pour lesquelles un mélange avec un genre précis est impossible? C’est une question ouverte aux concepteurs de jeux.

Pour continuer, le jeu vient avec sa part de frustration lorsque les checkpoints sont trop éloignés les uns des autres, chose qui ne se voit généralement plus dans les jeux modernes car ce choix ne provoque ni sentiment d’accomplissement, ni aucune autre sensation positive chez le joueur. De plus, la difficulté croissante est mal choisie dans certains combats. Plutôt que de s’inspirer des jeux qui excellent dans les concepts de boss, Flying Carpets Games a choisi d’y aller avec le vieux «  boss qui va juste aller de plus en plus vite après chaque coup », limitant ainsi la satisfaction de la curiosité du joueur à travers la découverte de la mécanique de jeu.

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Apprendre de ses erreurs

Enfin, le jeu ne satisfera pas le joueur par son dénouement. La fin est très soudaine et n’offre aucune explication. Le problème avec tout ça, c’est que le joueur ne se sentira pas récompensé, un élément essentiel dans la conception de jeux vidéo. On pourra très bien se demander après : « Pourquoi j’ai fait tout ce chemin? ». Pour conclure, l’histoire du château a beaucoup de potentiel et elle gagnerait à se faire connaître davantage, mais avec une présentation différente et plus étoffée. Flying Carpets Games devrait apprendre des erreurs faites dans le développement de ce premier jeu pour nous proposer de futures propriétés intellectuelles mieux construites et moins vides, car il ne suffit pas de s’inspirer du grand studio Ghibli, il faut aussi justifier le média utilisé pour communiquer ses idées (le jeu vidéo dans ce cas-ci).



Testé sur PC pour environ 3h de gameplay. Article rédigé par Vincent Bilodeau.
Sources : Site officiel, Steam, Kickstarter, The Girl and the Robot

Tristement Vide
4.5
Tristement Vide

Un jeu prometteur qui s'avère être trop vide, trop souvent, avec peu de support audio et une fin qui nous laisse perplexe.

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CritiquesPC / MAC
Diplômée en gestion de communauté, Cindy est passionné par l'univers ludique et principalement par les jeux vidéo. Nouvellement mère, elle doit trouver un moyen de concilier ses nouvelles responsabilités avec sa passion. Être geek et parent n'est pas toujours chose évidente!
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