Worms W.M.D. – Pas piqué des vers

Worms wmd banniere
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Oui, oui, je sais ce que vous vous dites. « Encore un autre Worms ? » Mais écoutez-moi cette fois, je vous jure que ça vaut la peine. Vous ne pouvez tout de même pas renier le fait que cette franchise est le summum du « jeu de stratégie de party » depuis près de deux décennies. Asseyez-vous autour du feu et je vous raconterai pourquoi ce festin infesté de vers est encore appétissant.



Un match.

C’est dans une ville visiblement mal en point que nos deux équipes de quatre vers se sont données rendez-vous pour le combat ultime. Un combat qui sera violent, il ne faut pas se le cacher. Leur arsenal composé de trente-cinq armes de base est déjà assez létal, on ne s’imagine même pas ce qu’il arrivera lorsqu’ils mettront la main sur les tanks, mechs, hélicoptères et tourelles qui peuplent le niveau... Il ne suffirait que d’un ver y entrant pour avoir une armure protectrice, ou encore utiliser l’arme pour infliger des dégâts massifs.

Notre premier ver s’agite et commence son tour, alors que l’ennemi reste immobile et attend le sien. Il utilise le bazooka (classique !), se déplace un peu sur la carte et grimpe quelques buttes avec des sauts arrière franchement impressionnants, pour finalement dégainer son bazooka (classique !). Il vise avec son curseur peu précis en direction de l’ennemi, calculant méticuleusement l’impact du vent sur son projectile. Il fait feu, lâchant la gâchette lorsque la puissance du tir semble satisfaisante. Sa roquette vole vers le ciel et perd de l’altitude dû à la gravité, et frappe un baril explosif qui explose au visage d’un ver ennemi qui ne se doutait de rien. Celui-ci perd la moitié de son énergie, et crie : « Vengeance ! », le point en l’air.

Le karma fait bien les choses, puisque c’est justement à son tour de jouer. Heureusement pour lui, un bâtiment se trouve à côté de lui. Puisque sa vie ne tient plus qu’à un fil, il s’y abrite. L’avantage du bâtiment, c’est que tout ce qu’il abrite reste invisible aux yeux des autres vers. Avec un peu de chance on oubliera qu’il s’y trouve, et il pourra survivre quelques tours. Beaucoup mieux que de creuser un trou dans le sol comme autrefois ! Par chance, ce bâtiment cachait une caisse de ressource pour la construction d’armes artisanales ! Il décide de combiner les ressources qu’il a trouvées pour transformer son (simple) mouton explosif en « super mouton flatulent », qui empoisonnera l’ennemi avec son odeur nauséabonde, avant d’aller s’écraser et causer une explosion dévastatrice.

L’adversaire tente le tout pour le tout et vous lance, non pas une simple attaque aérienne, mais un bombardement de tapis explosifs ! Carpet diem.

Le seul membre de votre équipe qui est encore vivant, c’est vous. Les vers ennemis vous entourent et vous êtes cerné. Et pourquoi ? Parce que vous avez joué à Worms toute la nuit tellement vous aviez du plaisir. Voilà pourquoi vous êtes cerné.

Worms WMD

Toujours aussi rigolo

La série Worms m’a toujours épaté parce qu’elle réussit à faire quelque chose d’incroyable : être à la fois un jeu simple et amusant entre amis, mais aussi un jeu plus profond qu’on le croit. Derrière l’absurdité des armes comme la vieille dame, la bombe banane ou l’âne de ciment, on y trouve un vrai jeu de stratégie sérieux, dont les matchs de pros sont assez impressionnants.

Vous aurez compris dans ma description de match plus haut que Worms W.M.D. amène une panoplie de nouveautés comme les véhicules, les bâtiments et le crafting, qui donnent un second souffle à cette série, tout en ne s’éloignant pas trop de la formule originale. On note aussi la possibilité de jouer des matchs à six équipes, une campagne généreuse, et des caméos de plusieurs autres franchises. On peut d’ailleurs utiliser la voiture de Rocket League, ou déguiser nos vers en personnage de Yooka Laylee. Ces franchises offrent aussi des niveaux exclusifs, pour ceux qui ont précommandé le jeu ou acheté le DLC.



Surmonter la fatigue

Armes Worms XBLAW.M.D est vraiment amusant et complet, mais il ne faut pas se le cacher : votre niveau d’appréciation du jeu dépend de votre fatigue face à la série. Tout le monde le sait, la tentative de passage à la 3D a échoué lamentablement en 2003 et 2005. Le problème, c’est que depuis, à chaque nouvel opus, on nous promet le prochain « Worms Armageddon ».
Si on oublie les jeux sur console portable et mobile, le supplice a débuté en 2007 avec la suite simplement intitulée « Worms » sur XBLA et PSN. C’était un retour à la 2D, certes, mais il était nu comme un ver, avec son arsenal ridiculement limité (voir image ci-contre). C’était bien, mais on voulait plus. Et nous avons eu plus, en 2009, avec un autre jeu sur les mêmes plateformes, que Team17 a eu l’audace de nommer « Worms 2: Armageddon ». Ce dernier était encore faiblard côté contenu, mais son vrai défaut, c’est son manque de nouveautés. C’est alors qu’arrive Worms Revolution en 2012, qui fait exactement le contraire. Il amenait des nouveautés, oui, mais des ajouts qu’on n’avait jamais demandés et qui déséquilibrent le jeu en s’éloignant trop loin de l'original. Des vers avec des classes, une emphase énorme sur la physique, et beaucoup de contenu derrière du DLC. Un bon jeu, mais ce n’est pas, encore une fois, le nouveau « Worms Armageddon » qu’on nous avait promis. Quant à Worms Battlegrounds de 2014 : je ne me souviens même pas des différences qui le distinguent de Revolutions…

(l’image ci-contre, qui sera alignée à droite du paragraphe ci-dessus)
On arrive donc en 2016, dix-sept ans après le fameux Worms Armageddon, et Worms W.M.D. est réellement ce que je pourrais qualifier de successeur légitime. Mais là est la question : durant ces deux décennies, est-ce que vous avez encore de l’affection pour le gameplay de la série, ou en avez-vous eu assez ? Pour ma part, je suis resté fidèle toutes ces années, parce qu’aucun jeu ne réussit à remplacer la satisfaction que me procure la série : le mélange parfait de stratégie et d’adresse. Par contre, je me voyais plus souvent retourner à Worms World Party qu’aux tentatives de reboot même s’ils y étaient presque. La raison est simple ; les graphismes 2D !

De la bonne vieille 2D

Ce que Team17 n’avait pas compris au fil des ans, c’est que le gameplay en 2D n’était pas suffisant : il fallait des graphismes en 2D, comme l’original. Ce n’est pas uniquement une question d’esthétique, même si le nouveau style des vers est plutôt réussi. La 2D rend les décors plus précis et clairs. On peut s’accrocher à un pixel de butte restant qui n’a pas été touché par aucune explosion, alors que les décors en 3D des jeux comme Revolution manquaient de précision.

Ça nous permet aussi d’importer n’importe fichier PNG et d’en faire une carte jouable sur PC ! Des dizaines de terrains d’utilisateurs sont téléchargeables dès maintenant sur le Steam Workshop!

Et bien sûr, c’est beaucoup plus beau! On pourrait penser que les décors que l’on voit sur les captures d’écran ont été dessinés à la main, mais ce n’est pas le cas ! Tous les environnements sont générés aléatoirement, utilisant une banque de morceaux magnifiquement illustrés et les assemblant en un niveau jouable différent à tout coup. On a donc des niveaux beaux, variés, et avec de la personnalité. C’est le meilleur des deux mondes. (Autrefois, les niveaux générés aléatoirement n’étaient couverts que d’une texture générique [lien]).

Je mentionnais le nombre limité d’armes dans les versions XBLA tout à l’heure, et ça peut sembler le cas avec les trente-cinq visibles dans le menu, mais sachant que le crafting offre souvent trois variations par arme, W.M.D. comprend le plus grand arsenal de la série. Vous pouvez y trouver vos armes rares préférées en fouillant un peu (un vase Ming construit avec une dynamite, un minigun bâti avec le fusil, etc.)

J’ai beau être déjà vendu à cette série, mais sincèrement, je crois que cette fois c’est la bonne. Le vrai successeur de Worms Armageddon est enfin disponible, avec une centaine d’armes, un vrai retour à la 2D et plein de contenu, bref, tout ce qu’on pouvait espérer. Je suis hautement satisfait, et je vous le conseille sans hésiter.

Sérieusement rigolo
8.5
Sérieusement rigolo

Le vrai successeur de Worms Armageddon est enfin disponible, avec une centaine d’armes, un vrai retour à la 2D et plein de contenu, bref, tout ce qu’on pouvait espérer.

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C'est un gamer, fan de science-fiction, de BD, de jeux de société et de musique électronique. Bref, un geek. Rédacteur depuis 2008, il adore partir à la recherche de jeux uniques, peu importe leurs dates de sortie ou leurs pays d'origine.
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