Northern Arena : bilan après la victoire d’Immortals

Une semaine après la finale des LCS Nord-Amérique de League of Legends, c’est un second tournoi majeur qui s’est déroulé à Toronto avec la Northern Arena, nichée au sein de la Fan Expo. Retour sur cet événement pour le moins mouvementé...

Le gratin de l’Amérique du Nord sur CSGO, saupoudré d’un zeste d’Europe, a donc bataillé durant toute la fin de semaine pour se disputer les 100 000$ de bourses mis en jeu. Et si le logo du tournoi illustre le relief nordique, ce sont clairement des montagnes russes que durent affronter le staff et le public durant l’événement.

Espace magnifique, mais démarrage difficile

Northern castersSi la salle allouée par la Fan Expo était franchement étroite pour un événement de la sorte, on peut dire que l’espace fut magnifiquement exploité : écrans projetés au sol, une grande passerelle et des gradins englobant la zone des joueurs, avec au centre de la salle les trois plateaux d’analystes et commentateurs. On peut seulement regretter le faible nombre de visiteurs autorisés imposé par la Fan Expo, même si le flux d’un public de convention fit en sorte qu’une certaine rotation s’établit durant les phases éliminatoires.
La première journée de compétition fut surtout marquée par de lourds retards, causés par de nombreux problèmes techniques. Côté résultats, CLG a lutté pour sortir de son groupe, non pas contre le petit poucet de la compétition Synthetik Gaming, mais contre NRG. S’inclinant en upper bracket, les Américains complétés par la récente addition du jeune Québécois Subroza surent aller chercher une belle qualification en trois manches serrées.

La journée du vendredi s’ouvrait sur le match opposant Cloud9, favoris du tournoi, et les Québécois d’Ace Gaming, qui réussirent à prendre les cinq premiers rounds, le temps pour les Étasuniens de se réchauffer et ne plus lâcher un point par la suite. Ace nous offrit également un baroud d’honneur, avec une ultime map concédée 16-14 face à compLexity. Un bon parcours pour une équipe recomposée au pied levée après le départ de leur joueur étoile Subroza.

Un arbre touffu

Northern bracketLa phase éliminatoire fut un véritable régal, avec seulement trois matchs se terminant sur le score de 2-0. Peu de surprises cependant : le carré final était relativement prévisible, opposant Cloud9, Heroic, Immortals et Echo Fox. La première confrontation, Cloud9 face à Heroic, fut surtout mémorable pour la maîtrise des Américains sur train, infligeant un sévère 16-2. La seconde demi-finale confirma le talent des Brésiliens d’Immortals, malgré la seconde manche concédée sur Nuke à Echo Fox. La journée du dimanche fleurait donc bon la poudre, tous les problèmes techniques et de planning enfin éliminés. Le match pour la troisième place n’est pas resté dans les annales : on sentait Echo Fox un peu sorti de sa compétition, encaissant un lourd 16-1 / 16-5 contre les Danois de Heroic. Restait donc le clou du spectacle, la grande finale....

Le casque de la discorde

Le match ultime et tant attendu entre Cloud9 et la jeune formation d’Immortals a tenu toutes ses promesses : de nombreux retournements de situation, une tension palpable et un public conquis par les Américains offrit un magnifique spectacle, les deux équipes prenant chacune une manche, 16-12 sur Cobblestone pour IMT puis 16-13 allant à Cloud9. Et puis vint le grain de sable enrayant la culasse : alors que les Sud-Américains avaient pris l’avantage sur Overpass 3-0, le match fut interrompu : Hen1 ne portait pas son casque anti-bruit durant les deux premiers points, pouvant donc potentiellement entendre les commentateurs dans la salle. S’ensuivit une longue heure de délibérations, puis de restauration de la partie, les responsables de la Northern Arena s’entendant avec les joueurs pour reprendre la partie à 2-0. Ce furent les Brésiliens qui prirent le dessus à la reprise, s’imposant 16-11 et empochant donc les 50,000$ en jeu.

Northern ImmortalsUne décision arbitrale qui fit couler bien plus d’encre sur les réseaux sociaux que de sang virtuel pour cette finale : concrètement, le reproche principal repose sur le fait qu’une décision claire n’aurait pas été imposée par les admins, voulant tout d’abord redémarrer la manche, pour finalement accéder aux houleuses protestations du leader d’Immortals Zews, Cloud9 ayant donné son accord avec fairplay. Le manque de précision du règlement du tournoi au niveau des sanctions à appliquer a également été pointé du doigt, ne permettant pas aux responsables de la Northern Arena de pouvoir s’appuyer solidement dessus. Il est certain qu’une telle situation, partant d’une “simple” infraction aux règles, auraient dû se résoudre bien plus efficacement.  Il est à parier que la structure canadienne saura corriger le tir dans sa réglementation pour son prochain événement, et verrouiller les points ayant fait défaut durant cette fin de semaine. De son côté, Immortals a fait paraître une déclaration officielle pour apaiser les foules, avec un mea culpa de la part du joueur fautif ainsi que du capitaine. Si les lacunes de l’organisation sont évoquées, la qualité de l’accueil et des efforts entrepris par la Northern Arena pour procurer des accommodations idéales sont  aussi soulignés.

Bilan contrasté

Non, la tragédie annoncée au lendemain du tournoi n’a certainement pas eu lieu. L’espace de compétition était de qualité, et les nombreux problèmes techniques connus durant les premiers jours furent une conjonction de faits hors de contrôle de l’organisation, conjugués à des erreurs de jeunesse. L’ESL ne s’est pas faite en un jour, et les moyens pour un événement esports de haut niveau sont clairement là. La polémique autour de la finale aurait dû incontestablement être bien mieux gérée, et restera le plus gros point noir de l'événement. On peut certainement déplorer que c’est un nouvel événement canadien frappé du sceau des incidents, comme l’ESWC le fut l’an passé. Les cartes sont dans les mains de la Northern Arena pour réaliser un grand événement à Montréal en novembre.

Quant au round suivant…

Carl-Edwin Michel, co-fondateurNous avons pu nous entretenir avec Carl-Edwin Michel, co-fondateur de la Canadian League of Gamers, peu de temps avant la finale. Après être revenu sur les nombreux problèmes ayant enrayé l’événement les premiers jours, la conviction de la capacité de son équipe à mettre en place des tournois de grande envergure est intacte. “On veut absolument faire quelque chose qui vienne du Canada, et qui y reste. (...) On a l’équipe, l’expertise, les partenaires pour faire un grand événement d’envergure”. Quant à la suite du programme, elle s’annonce encore plus ambitieuse. Après avoir innové avec un tournoi de Clash Royale à Toronto, le retour de la Northern Arena s’accompagnera cette fois-ci d’un tournoi professionnel de Dota 2, doté de 100,000$ de bourses. Autant dire que le calibre des équipes devrait être considérable. La Northern Arena n’a certainement pas fini de nous surprendre, mais devra continuer à travailler fort pour devenir le fleuron canadien du jeu vidéo compétitif.

Résultats complet du tournoi de Hearthstone ici, ainsi que du tournoi de Clash Royale par là.

Crédits photo : Martin Sauvé

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Tombé dans la NES quand il était petit, c'est un fan de jeux vidéo depuis l'enfance. Console, puis PC, c'est l'avènement d'internet qui scellera sa passion pour le jeu en ligne. FPS, STR, MOBA, un café, l'addition, tout l’intéresse, et il suit avec attention la scène pro à travers le monde. Au diapason de ses origines, il trouve son inspiration au sein d'une organisation secrète: #FrenchWhine.
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