Steep – Comment profiter de l’hiver

Puisqu’il est interdit depuis 2007 de nommer un jeu de course avec un titre de 2 mots (Fuel, Dirt, Grid, Blur, Ride, Nail’d, Pure, Flatout), on accueille maintenant Steep,...

Puisqu’il est interdit depuis 2007 de nommer un jeu de course avec un titre de 2 mots (Fuel, Dirt, Grid, Blur, Ride, Nail’d, Pure, Flatout), on accueille maintenant Steep, le jeu de sports extrêmes d’Ubisoft Annecy. « Sports » au pluriel, car même si la planche à neige est au premier plan, il est possible à tout moment d’enfiler des skis, un wingsuit, ou un parachute.

On peut aussi marcher dans la neige (un peu moins extrême), mais ça en dit long sur le concept du jeu. Vous n’incarnez pas un planchiste de renommée mondiale au talent olympien dans une compétition mondiale grandiose. Non. Ici, vous êtes plutôt un explorateur, un casse-cou solitaire confronté à un mont paisible, mais mortel.

Ce terrain de jeu s’avère être le Mont-Blanc et ses alentours, qui s’ouvrent à vous dès le début du jeu. Seulement quelques évènements sont disponibles au départ et la façon d’en débloquer plus est tout à fait géniale. Vous n’avez qu’à vous arrêter, sortir les jumelles, et découvrir un nouveau sommet (les « drops zone »). Vous pouvez le voir et le taguer de loin, mais vous devez être à un kilomètre maximum pour le débloquer. Ça vous encourage à vous téléporter à un des sommets disponibles et simplement partir à l’aventure.

La carte est tellement grande que chaque descente est unique. Pas de barrière ou de murs invisibles, juste un immense carré de sable blanc. La descente est une expérience très zen, qui vous apportera tout de même une progression dans le jeu. Vous découvrirez des points d’intérêts, de nouveaux sommets, tout en accumulant des points de style qui feront augmenter votre niveau.

La carte dans Steep

Entre deux promenades, on vous offre plus d’une centaine d’évènements aux objectifs précis. Des courses chronométrées, des défis extrêmes en wingsuit, des parcours en parachute cauchemardesques, des compétitions d’acrobaties en planche. Si ce n’est pas assez pour vous, chacune de vos descentes est enregistrée (même hors mission). Vous pouvez non seulement voir votre replay de tous les angles possibles (y compris une caméra à la première personne et une vue Go Pro), mais vous pouvez aussi transformer votre descente en défi de votre choix et le mettre en ligne. Ça peut par exemple devenir une course contre votre fantôme ou un défi de pointage. Comme un Super Mario Maker montagnard avec du contenu tout aussi illimité, avec qui vous aurez toujours du pain sur la planche.

Du réalisme à la planche

On a eu droit depuis toujours à des jeux de planches plus arcades, comme les séries SSX, Amped, 1080 Snowboarding, ou Coolboarders. J’avoue être un fan de SSX, et je dois dire que mon premier essai de Steep fût quelque peu déconcertant. Pas de boost, pas d’acrobaties irréalistes : l’aspect terre à terre nous frappe en plein visage comme un sapin caché derrière un banc de neige.

En tant que gamer, on a comme réflexe de tenter de faire des acrobaties au moindre saut, mais comme les envolées de votre personnage sont plutôt modestes, les développeurs ont trouvé une solution ingénieuse. En fait, vous avez trois façons d’accumuler des points. Les acrobaties, bien sûr, mais vous pouvez aussi passer très près des objets sur votre chemin, ou à travers des endroits étroits. Donc lors d’évènements qui vous demandent d’atteindre un certain pointage, on est encouragé à prendre des risques, soulignant l’« extrême » dans sport extrême, tout en restant réaliste.

Le danger c’est dangereux [1]

Après quelques descentes, ça clique. On comprend que ce n’est pas le pointage qui est le plus grand défi. Lorsque vous franchissez la ligne d’arrivée dans une mission, vous réaliserez que la médaille d’or est facile à obtenir. C’est de survivre assez longtemps pour avoir un cou autour duquel poser cette médaille qui est difficile. N’oubliez pas : un arrêt au chalet, la tête la première dans le rondin, et c’est terminé. Un atterrissage de travers, et « crac ! », votre personnage se blesse aux jambes et fait un tour de toboggan avec son visage jusqu’au bas de la pente. Alors qu’on termine SSX en se disant qu’on serait capable de faire des 1080 parce que ça ne semble pas être si difficile, on joue à Steep en développant une planchophobie qui nous inculque un respect très profond pour les amateurs de sports extrêmes.

S’il y a bien une chose à retenir, c’est que les sports extrêmes, c’est dangereux. Ce message est présent dans tous les aspects du jeu. La respiration rapide de votre personnage lorsqu’il s’arrête, ses gémissements lorsqu’il fait un atterrissage tumultueux : on sent que c’est demandant physiquement. On retrouve même des défis où vous devrez tenter de vous faire le plus de fractures en une seule descente.

 

Rassurez-vous, toutes les missions sont toujours d’une courte durée (une ou deux minutes), on peut donc recommencer immédiatement sans frustration. Et si c’est trop difficile, rien ne nous oblige à s’acharner sur ce défi. Après tout, la montagne vous appartient.

Problèmes qui font boule de neige

J’ai juste un bémol sur le contrôle. Le wingsuit est difficile à maîtriser et c’est normal, on n’est pas dans Just Cause. On sent la force du vent, on sent le risque de mourir à tout moment. Mon problème se situe au niveau des grabs et des spins qu’on fait en planche. Pour se préparer à un saut, on tient la gâchette droite, pour sauter on lâche la gâchette droite, et pour faire un grab, on réappuie sur la désormais célèbre gâchette droite. Pour contrôler votre personnage, vous utilisez le joystick gauche, et lorsque vous êtes en l’air vous utilisez AUSSI le joystick gauche pour faire un spin. Le problème, c’est que les mêmes boutons sont utilisés pour des actions différentes, et par conséquent le personnage ne fait pas toujours ce que vous aviez en tête. Pourquoi ne pas utiliser le d-pad pour les spins comme dans SSX, avoir un bouton à part pour les grabs ? J’ai compris plus tard que je devais tout lâcher lorsque je suis dans les airs pour que le joystick tombe en mode spin, ce qui n’est pas du tout intuitif. Ça transforme les half-pipes en cauchemar, heureusement qu’il y en a très peu.

Les menus auraient eux aussi pu être facilement améliorés, particulièrement la carte. La montagne est magnifique et sa version miniature est géniale pour planifier vos parcours et votre exploration. Le problème, c’est qu’il n’y a pas de liste de mission. Vous devez les trouver vous même et vous y rendre avec le curseur pour les dévoiler. J’ai perdu beaucoup trop de temps à chercher aveuglément quelque chose à faire. Les limites de la carte ne sont pas claires et lorsque vous vous en approchez, la caméra zoom automatiquement, rendant la navigation beaucoup plus désorientante qu’elle ne devrait l’être.

J’aime bien l’histoire derrière la création de ce titre : les développeurs d’Annecy voyaient le Mont-Blanc de la fenêtre de leur bureau, et il leur a inspiré Steep. J’ai senti que c’était un projet fait avec beaucoup de passion, et c’est une très grande chose.

Je ne sais pas si Steep trouvera son public. Les jeux de style arcade sont beaucoup plus faciles à vendre au public général, mais étant donné que c’est le premier jeu de planche à neige sur cette génération de console (et oui), j’ose croire que les amateurs du genre sauteront sur l’occasion.

Parfois relaxant, parfois excitant
7.5
Parfois relaxant, parfois excitant

Un jeu de planche à neige et ski réaliste, mais bien sympathique, qui nous change des jeux de style arcade habituel.

Les plus
  • Liberté totale
  • Contraste entre le zen et l’extrême
  • Beaucoup de contenu, en plus de pouvoir en créer
Les moins
  • Les contrôles pourraient recevoir quelques améliorations
  • Carte magnifique, mais avec des problèmes de navigation
  • 7.5
Catégories
CritiquesMicrosoftPC / MACPlaystation
C'est un gamer, fan de science-fiction, de BD, de jeux de société et de musique électronique. Bref, un geek. Rédacteur depuis 2008, il adore partir à la recherche de jeux uniques, peu importe leurs dates de sortie ou leurs pays d'origine.
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