Dead Rising 4 – Fêtez Noël avec Frank West

Dead Rising 4
Dead Rising 4

Les zombies, c’est tellement 2010. On a eu une overdose de jeux de morts-vivants au cours des dix dernières années, mais si nous devions choisir de ne conserver qu’une poignée de franchises, Dead Rising serait très haut dans la liste. C’est que beaucoup de jeux de zombies utilisent la thématique uniquement pour justifier le gameplay qui consiste à tuer sans remords des centaines d’êtres (semi) vivants. Dead Rising quant à lui vous met carrément au centre de foules transformées, créant une agoraphobie à la Gauntlet, dans lequel les ennemis vous encerclent constamment.

Dead Rising 4 marque le retour de Frank West, le journaliste/tête d’affiche du premier jeu. Toujours à la recherche du scoop, il se retrouvera (encore !) dans un centre commercial bourré de mangeurs de cerveaux. Heureusement pour nous, on finit par se promener plus loin dans la ville, pour enquêter sur une mystérieuse organisation qui est peut-être responsable de cette nouvelle contamination.

Pour survivre, vous devez ramasser n’importe quel objet sur notre chemin et vous en servir comme arme, mais surtout les combiner pour en faire quelque chose de complètement ridicule, mais aussi ridiculement efficace. Une masse et des grenades? BAM! Une masse qui produit une explosion lorsqu’elle touche les zombies. Épée de glace qui gèle les ennemis, hache électrifiée, masque-lance-flamme : vous comprendrez que le réalisme est mis de côté pour laisser place à la destruction la plus amusante possible. La nouveauté, c’est qu’on peut aussi combiner des véhicules! Ceux-ci sont d’ailleurs beaucoup plus présents que dans les anciens jeux.

Dead Rising 4 Exosquelette

Les armes sont l’élément de gameplay le plus brillant de la série Dead Rising. L’élément clé, c’est que les armes s’usent et finissent par simplement disparaître lorsque brisées. En gros, ça vous oblige à être constamment à la recherche de nouveau matériel, mais aussi varier votre arsenal et vous adapter selon les outils que vous avez en main. Ça rend le gameplay dynamique et varié. Ça nous encourage aussi à partir à la recherche de plans (blueprint) pour de nouveaux combos, qui aident grandement à faire le maximum avec les objets qu’on trouve. Autre nouveauté: un exosquelette occasionnellement disponible, qui vous donne (pour un temps limité), une force surhumaine.

Plus, ou moins de liberté ?

Une des mécaniques célèbres de Dead Rising consistait à avoir une limite de temps pour terminer le jeu, ainsi que des missions soudaines qui devaient être résolues rapidement. Votre téléphone cellulaire sonnait, et quelqu’un vous appelait à l’aide. Si vous n’arrêtiez pas tout ce que vous faisiez pour aller le secourir, il finissait par mourir et sa mission était perdue pour toujours. Ces quêtes étaient optionnelles, mais elles m’ont toujours dérangé, puisqu’elles me donnaient l’impression d’être obligé de suivre une route précise, ce qui rendait à mon avis le jeu encore plus linéaire. Pas le temps d’explorer, de s’amuser : « Vite, il faut que tu fasses cette mission urgente MAINTENANT ! »

Le web en entier me criera par la tête que c’est ce qui faisait de Dead Rising un jeu unique, et que Dead Rising 2 était beaucoup moins désagréable que le premier à cet égard. Pourtant, l’absence de ces limites dans Dead Rising 4 est un soulagement pour moi. Je prends tout le temps que je veux à exterminer les zombies en m’amusant un peu et je choisis moi-même mon prochain objectif, que ce soit la collecte de plans pour un nouveau combo, ou une tentative de relever l’un des défis proposés.

Néanmoins, lorsqu’on prend la peine de l’observer, la carte de Dead Rising 4 est composée en grande partie de longs corridors occasionnellement agrémentés de petites villes de quelques pâtés de maisons. Donc malgré la limite de temps, on se sent tout de même dirigé, dans un level design très old school. Comparé à l’univers riche de Watch_Dogs 2 que j’ai savouré juste avant, le monde de Dead Rising 4 ressemble plus que jamais à un niveau de jeu vidéo.

Carte de Dead Rising 4

Côté graphismes, Dead Rising n’est pas du tout soigné niveau textures, mais c’est pour permettre évidemment d’avoir beaucoup de zombies à l’écran. J’avoue qu’à quelques moments, j’ai eu des frissons dans le dos en voyant non pas des dizaines, mais des CENTAINES de zombies dans les rues d’un petit village. J’avais beau être à l’abri dans un véhicule, je me disais que je n’arriverai jamais à survivre à pied même avec les armes les plus folles. À bord d’un tank, je décimais les zombies comme une souffleuse dégage la neige : mon combo est monté jusqu’à 400. J’ai fait un virage à 180 degrés, refait la même route et tué un autre 300 zombies. Malgré tout, il en restait encore beaucoup, juste pour vous illustrer à quel point les rues sont parfois pleines à craquer.

Lâcher notre fou ?

L’élément le plus étrange de Dead Rising 4, c’est qu’il ne semble pas savoir sur quel pied danser. D’un côté, on a le côté sérieux d’une enquête sur une organisation secrète menaçante, et de l’autre, on a Frank West qui prend des selfies avec les zombies juste avant de les écraser en Segway. Le ton est inégal. Avec les armes fofolles qu’il contient, je crois qu’ils auraient dû y aller « full Saints Row » et miser sur le ridicule, l’exagération et le plaisir plutôt que de vouloir garder un pied dans le réalisme.

Selfie dans Dead Rising

Selfie pas du tout approprié

Ça crée un effet « Deadpool » dans le sens où Frank West est la seule personne qui s’amuse dans ce monde, au grand désarroi de tous les personnages qu’on rencontre. Puisque c’est nous, Frank West, on se sent presque coupable de s’amuser, alors que si on nous avait mis dans un monde déjanté à la « Carmageddon », nous aurions été encouragés à lâcher notre fou. Je pensais que Capcom avait finalement compris ce que devait être cette série lors de l’annonce du DLC Co-op « Super Ultra Dead Rising 3' Arcade Remix Hyper Edition EX + α »...

Amusant, c’est tout ce qui compte

Puisque Dead Rising 4 n’offre pas une tonne de nouveauté, on est en droit de se demander s’il en vaut plus la peine que les éditions remasterisées. Fait cocasse : si on additionne le prix des trois premiers jeux sur Steam (25, 20 et 38 $), on obtient un total de 83 $ avant taxe, soit 3 dollars de plus que le nouvel opus. Plutôt dommage que le jeu ne fasse pas partie de l’initiative Xbox Play Anywhere de Microsoft, surtout qu’il n’est présentement disponible sur PC que sur le Windows Store.

Vous savez, malgré le manque d’innovation, un univers fade et quelques problèmes, il faut en revenir à la question la plus importante : est-ce que j’ai eu du plaisir ? Eh oui, j’ai plongé dans le jeu en prenant largement le temps d’explorer et de partir à la chasse au collectibles sans voir le temps passer. Est-ce un incontournable ? Pas du tout, mais si vous êtes un fan de la série, ou que le style vous parle, vous devriez y jeter un œil lorsqu’il ne sera pas aussi dispendieux.

Amusant, mais inégal
7.5
Amusant, mais inégal

Pas très innovant, mais toujours amusant : la série Dead Rising est une des rares à thématique zombie à bon escient

Les plus
  • On ne se lasse pas de décimer des foules de zombies
  • La variété des armes, donc des approches possibles
Les moins
  • Univers composé de corridors
  • Scénario plutôt inintéressant
  • 7.5
Catégories
CritiquesMicrosoftPC / MAC
C'est un gamer, fan de science-fiction, de BD, de jeux de société et de musique électronique. Bref, un geek. Rédacteur depuis 2008, il adore partir à la recherche de jeux uniques, peu importe leurs dates de sortie ou leurs pays d'origine.
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