Le Six Invitational casse la baraque

Douze équipes, deux tournois et un sledgehammer

Crédits photos : Pierre-Luc Daoust

Douze équipes venant des quatres coins du globe, deux tournois, 200000$, et une seule masse à soulever pour les vainqueurs, c’était le programme concocté par Ubisoft pour son tout premier Six Invitational, finale mondiale de Rainbow Six : Siege.

L'un des nombreux panels présentés par Ubisoft

L’usine C, nichée au coeur du Village sous la rue Ontario, n’est certainement pas la salle de spectacle la plus réputée de la ville. Et pourtant, c’est là qu’Ubisoft et l’ESL ont posé leurs valises et pour ce Six Invitational. On y parvient par une ruelle transverse, et l’accueil réservé par l’antique passerelle reliant deux anciennes bâtisses d’usine confirme que non, votre GPS n’a pas perdu la boussole. De manière surprenante, les équipes d’Ubisoft ont donc trouvé un décor idéal, l’Usine C se prêtant parfaitement à l’ambiance d’un titre aux caractéristiques bien plus fortes qu’une simple variante d’un Call of Duty truffé de gadgets. Dernier point sur la salle, son dimensionnement adéquat : bien entendu, “Siege” est loin d’un League of Legends, et ne prétend pas remplir une arena entière. Les 440 places assises furent un écrin parfait, les trois jours de compétition ayant vu défiler une assistance avertie et motivée, offrant une ambiance surchauffée pour les finales du dimanche. On était loin du centre Bell à moitié vide de la Northern Arena sous bien des aspects. Seule ombre au tableau, le tarif relativement élevé de l’événement, à 30$ la journée, visait donc un public avisé plutôt que les curieux.

Le trophée fracassant du Six Invitational

Décor planté, restait à voir si le barillet d’Ubisoft était chargé. Et la première cartouche remarquable fut bel et bien la qualité de production, domaine parfaitement maîtrisé par les années d’expérience de l’ESL. Un planning respecté, des temps morts passant rarement le quart d’heure, c’est un sans-faute affiché sur les trois jours. Seconde banderille, l’effort affiché par Ubisoft pour donner une identité à l’événement, et un visage à son équipe de développement. On eu droit entre chaque match à des présentations sur divers aspects de Siege, de la création du jeu à son avenir, en passant par les sujets préoccupant la communauté lors des sessions Q&A. La nouvelle opération Velvet Shell a bien entendu été mise en valeur, avec une démo grandeur nature opposant divers influenceurs de la scène. Le tout rythmé sous la baguette de Matt Andrews, véritable clône de Paul Chaloner boosté au Stimpack, l’animateur n’hésitant pas à haranguer ou distraire la foule à la moindre occasion. Une authentique plus-value. Mention spéciale aux images du tournoi interne organisé en 2013, regroupant plus de 350 joueurs parmi les employés d’Ubisoft, prouvant le potentiel compétitif du jeu dès son prototype.

Sur PC, Continuum gère l’espace-temps

La joie de Canadian et son escouade

Bien entendu, le coeur du sujet restait les matchs affichés. Et ici aussi, le spectacle fut au rendez-vous. Malgré le format qualificatif par zone géographique, pouvant potentiellement entraîner de trop grands écarts de niveau, les oppositions furent souvent disputées et de qualité. Des compositions atypiques des Brésiliens de Dexterity, à la patience offensive de eRa, les diverses facettes de Rainbow Six brillèrent durant les trois jours, épaulées par un commentaire pointu et de qualité, malgré l’aspect plutôt brouillon du jeu en tant que spectateur de prime abord. Le tournoi PC aura eu son lot de surprises, avec une finale 100% nord-américaine opposant Continuum à eRa, qui ont privé les Finlandais de Gifu d’une finale qui leur était promise en tant que seconde équipe invitée. Et cette confrontation fut âprement disputée, les favoris du tournoi luttant pour rester à flot dans cette finale. Lâchant le premier point 5-3 sur Consulate, pourtant terrain de prédilection des compères de Canadian, Continuum remis les compteurs à niveau sur Border 5-2. Favorite du public, Skyscraper fut le théâtre de l’ultime rencontre de la journée. Et que ce fut difficile pour les tenant du titre de Pro League, qui durent courir après le score jusqu’à finalement arracher les prolongations, troublés par les changements de rythme d’une phalange eRa en parfaite maîtrise. Dos au mur, Continuum s’impose au forceps sur la première prolongation pour soulever le sledgehammer, trophée inédit bien que rappelant peut-être un certain Mjöllnir, emblème des champions de Smite.

La destruction façon eLevate

Le tournoi Xbox One quant à lui était marqué par l’importance du contingent français. La communauté française est en effet établie comme l’une des plus importante de Siege, avec en fer de lance les derniers champions de Pro League Vitality. Frappée de problèmes logistiques et devant déclarer forfait, la section console de Dexterity était remplacée au pied levé par les Français de Supremacy. Ils n’auront d’ailleurs pas perdu le voyage, éliminant la troisième équipe française Lucky7 dans un match fratricide.

La finale opposait Vitality à leurs rivaux nord-américains de eLevate, et l’ambiance était de mise, les compatriotes des joueurs à l’abeille entamant une Marseillaise d’avant-match, et poussant du plus haut de leurs poumons leurs favoris. Cependant, leur entrain fut de courte durée : ayant méticuleusement étudié leurs adversaires, l’escouade d’eLevate infligea une incroyable raclée aux Français, et remportèrent chacun des points de cette finale. 5-0 et 5-0, c’est un scénario à peine croyable pour une rencontre de haut-niveau auquel les coéquipiers de Furious ne s’attendaient certainement pas. On retiendra surtout l’émotion du capitaine français qui a annoncé sa retraite de la scène compétitive, pour se reconvertir dans le commentaire aux côtés de Guillaume “Scok” Beck. Pour terminer, coup de chapeau au public uni scandant “Rainbow Six!” et “Xbox!”, le retrait de la Pro League sur la console de Microsoft par l’ESL mettant un terme aux ambitions de nombres de joueurs.

Mission accomplie pour Ubisoft

C’est donc un événement de très grande qualité auquel ont pu assister les amateurs de Rainbow Six : Siege durant ces trois jours. S'adressant ouvertement à sa communauté, le studio montréalais réussit donc son pari d’un premier événement de calibre international, et à domicile. Du choix avisé de son écrin, au niveau de jeu admirable de ses compétiteurs et leur fair-play impeccable, on ne peut que souhaiter une tout aussi belle seconde année au seul titre esports développé à Montréal, et attendre avec impatience la prochaine édition du Six Invitational.

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Tombé dans la NES quand il était petit, c'est un fan de jeux vidéo depuis l'enfance. Console, puis PC, c'est l'avènement d'internet qui scellera sa passion pour le jeu en ligne. FPS, STR, MOBA, un café, l'addition, tout l’intéresse, et il suit avec attention la scène pro à travers le monde. Au diapason de ses origines, il trouve son inspiration au sein d'une organisation secrète: #FrenchWhine.
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