Je vais acheter For Honor

Depuis mon plus jeune âge, j’ai une opinion assez stricte dans mes goûts. J'ai compris rapidement que je n’aimais pas les jeux de combats, possiblement parce que je n’ai jamais eu la patience d’apprendre toutes les combinaisons. Je terminais toujours pas faire n’importe quoi en espérant gagner, ce qui n’arrivait jamais. En vieillissant, j’ai redonné la chance aux Mortal Kombat et Tekken de ce monde pour en arriver encore et toujours à la même conclusion. À mes yeux, ils étaient de mauvais jeux, des jeux de console, des jeux de "paysans". Pourquoi ai-je désormais tant envie de jouer à For Honor ?

Lorsque j’ai vu l’annonce de For Honor lors du E3 2015, je n’en croyais pas mes yeux, non pas parce que le jeu ne faisait aucun sens historiquement (Vikings vs samourais?!?), mais bien parce que j’avais déjà envie d’y jouer. Une sorte de jeu de combat en ligne mélangeant des mécaniques de MOBA et un feeling à la Dark Souls, que puis-je demander de mieux ? Peut-être une date de sortie en 2015? Je pouvais toujours bien rêver, presque aucun jeu présenté lors d’un E3 est lancé pendant la même année.

Un an et demi plus tard, je recevais une clé pour la bêta dans mon courrier indésirable, ma boîte mail semblant étrangement toujours y acheminer les courriels d’Ubisoft. À ce moment, j’avais plus ou moins oublié l’existence du jeu. Je suis ainsi retourné voir ce qu’est devenu For Honor pour finalement y retomber en amour. Dès lors, je me retrouve devant beaucoup plus que prévu.

Me voilà face à un jeu de combat, ce qui habituellement m'aurait répugné. Avec ses multiples personnages aux combinaisons et styles différents, For Honor est après tout un jeu de combat à la troisième personne, tout simplement. Il faut de bons réflexes, savoir ce que tous les personnages font pour bien les combattre et il est possible de faire des duels. Tout ce que je déteste des jeux de combat, quoi. Malgré l'envie d'éviter cette abomination, je lui donnai tout de même une chance.

Après avoir dépoussiéré ma manette, je pris dix minutes à compléter le tutoriel et... j’en voulais déjà plus. Je ne sais pas si c’est la vue à la troisième personne, le système de combat ou bien un mélange des deux, mais c’était comme si ce jeu me chuchotait à l’oreille que je devais «Git Gud», comme le disent si bien les fans de Dark Souls. Le jeu m’appelait et je devais répondre à l’appel. Même si le tutoriel me conseillait de me pratiquer en partie contre l’IA, je savais que j’étais meilleur que ça, toutes ces heures de Dark Souls n’allaient pas être en vain!

Je me suis fait démolir comme jamais. J’avais envie de tout abandonner. J’ai donc décidé de prendre du recul, voir ce qui se passait, ce que j’avais manqué. En explorant le menu, je suis tombé sur la section personnage et j’ai compris que c’était plus qu’un simple jeu de combat. J’étais passé au-dessus d’un système entier de personnalisation de personnages, autant visuel qu’en équipement pouvant modifier les statistiques. Faire le tour des personnages, de leurs combinaisons et de leurs équipements m’ont fait retomber lentement dans le terrier du lapin.  J’ai donc dépensé mes Steel, une monnaie que j’avais gagnée en complétant le tutoriel et j’ai tout investi sur de l’équipement pour le Nobushi, un personnage Samouraï combattant avec une lance.

Au lieu d’aller directement dans du 1v1, j’ai décidé cette fois d’essayer le mode Dominion, une sorte de 4v4 avec objectifs dans lequel il n’y a pas vraiment d’honneur. Je n’aime pas montrer mes faiblesses, mais je dois avouer que c’est beaucoup plus facile apprendre à jouer lorsque trois autres personnes sont présentes pour gagner à votre place. C’était donc un environnement parfait pour apprendre à jouer, sans compter que ça augmentait drastiquement mes chances de me retrouver contre d’autres joueurs de mon niveau. Et je n’avais pas tort : en moins de cinq parties, j’avais l’impression de bien connaître mon personnage et j’étais déjà celui qui portait son équipe sur ses épaules. Toutes ces heures de PvP sur Dark Souls payaient finalement et ça paraissait assez bien autant sur mon désir de continuer à jouer que sur le tableau de score.

J’étais en immersion complète avec le jeu, cela ne faisait que quelques heures et il me paraissait déjà parfait, jusqu’à ce que le tout se pause lorsque j’étais en pleine exécution d’un de mes adversaires et que le message «Recovering Gameplay State» apparaisse au milieu de mon écran. Un joueur, l’hôte de la partie, venait de quitter, probablement dû à sa défaite imminente.

C’est à cet instant que je compris la triste réalité du jeu. For Honor était bâti sur du peer-to-peer, faisant fonctionner les parties sur un des joueurs désignés comme étant l’hôte et non pas sur des serveurs dédiés. Les parties étaient donc dépendantes entièrement de la connexion et l’ordinateur d’un des huit joueurs. C’était comme jouer à la roulette russe avec la stabilité de la partie. Pour tourner le fer dans la plaie, une fois un nouvel hôte trouvé, le serveur décida de reculer la partie dans le temps de quelques secondes, juste avant mon exécution. Il bloqua mon coup et réussit à tourner le duel à son avantage pour ensuite me tuer.

J’ai vraiment beaucoup de misère à croire qu’en 2017, Ubisoft se soit dit que ne pas avoir de serveurs dédiés était une bonne idée pour un jeu de combat à saveur compétitive. Le jeu était beaucoup trop parfait, j’aurais dû me douter que lorsque je trouvais finalement un problème, ça en serait un gros comme celui-ci. C’est le genre de chose qui me fait lâcher un jeu, habituellement. Les problèmes non pas liés aux mécaniques du jeu, mais bien à son fonctionnement, comme des DRM, des DLC obligatoires ou dans ce cas un système de serveur archaïque. Mais bon, For Honor était trop bon pour le lancer par la fenêtre, je n’arrêtai donc pas d’y jouer et je me rendis compte lors du weekend que c’était un problème assez mineur, au final. Dominion étant en quelque sorte le mode de jeu relaxe, ce n’était pas bien grave. Et en duel, le problème n’existait pas vraiment, car les parties sont rapides et le départ d’un joueur impliquait souvent sa défaite de toute façon.

J’ai donc joué à For Honor une bonne partie de la fin de semaine jusqu’à ce que le jeu plante par lui-même et qu’un message me ramenant à la réalité apparut dans mon écran «Thanks for playing For Honor beta». J’avais peine à croire que c’était déjà terminé. Il m’en fallait plus! Et une semaine plus tard, il m’en faut toujours plus! J’ai passé les derniers jours à lire sur le jeu et regarder des vidéos. À lire sur les multiples campagnes pouvant être faites en coop, sur les personnages que je n’ai pas eu la chance de voir et sur les modes de jeux supplémentaires qui seront présents. Et bonne nouvelle, le jeu sera à nouveau en bêta, ouverte cette fois, du 9 au 12 février, juste avant la sortie du jeu, le 14 février. Si vous n’avez rien à jouer lors de cette période, je vous conseille fortement de l’essayer. Je vais certainement y être, avoir accès à ma dose juste un peu avant la sortie.

 

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Grandissant entouré de jeux vidéo, jeux de rôle et jeux de société de toute sorte, Alexandre est aujourd’hui un passionné des passe-temps geek. Étant gamer de longue date, il préfère les MMORPG et les MOBA mais rien ne l’empêche d’apprécier tous les genres, tant qu’ils sont disponibles sur PC. Alex s’intéresse aujourd’hui à l’histoire des jeux vidéo depuis le boom internet des 10 dernières années, une page tournante de l’industrie.
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