À vos manettes ! : S’inspirer de Blade Runner

Nouveau thème ? Nouvelle sélection !

Il serait faux de croire qu'on n'est pas sensible aux parutions en dehors du milieu vidéoludique. Un certain Blade Runner 2049 vient tout juste de sortir et nous ramène agréablement dans le cyberpunk, ce genre un peu glauque où la technologie se prêtre à un mode de vie difficile, de piètre qualité.

Cette semaine, nos rédacteurs dépoussièrent quelques titres pour vous présenter le genre dans le contexte du jeu vidéo. On se permet références et allusions pour cerner l'esthétique du Blade Runner original.

  • VA-11 HALL-A : Cyberpunk Bartender Action - PC - Alban Quénoi

Times to mix drinks and change lives

Glitch City, 207X A.D. Au fond d’une sordide ruelle se trouve un bar tout aussi sombre, le VA-11, Hall-A, ou simplement Valhalla pour les intimes. Derrière le comptoir, Jill Stingray, jeune femme désabusée en quête d’elle-même, accueille les quelques clients ayant tout autant besoin de vider leur sac que quelques verres.

Roman visuel du studio vénézuélien Sukeban Games, décrit au choix comme « Cyberpunk Bartender Action » ou encore « waifu bartending ». Votre rôle est donc de préparer les cocktails des clients du Valhalla. À vous de gérer les commandes pas toujours précises, ou encore la dose d’alcool dans les boissons, mais surtout d'assumer le rôle un peu cliché du confident derrière son comptoir.

Au-delà des “waifu”, c’est tout un monde dystopique que l’on déguste à travers le quotidien d’une galerie de personnages haute en couleur, de la travailleuse sexuelle cybernétique au rédacteur en chef du quotidien à scandales, en passant par une patronne au passé mystérieux de lutteuse...

Un nectar à siroter confortablement installé, de préférence un bon verre à la main.

Non seulement l’inspiration de Blade Runner est évidente, mais le personnage principal est joué par Rutger Hauer (qui incarnait le répliquant qui pleure dans la pluie dans le film de 1982). Ici, les rôles sont inversés : Hauer joue un détective capable de se brancher dans les cadavres pour voir leur dernier souvenir. Développé par le studio qui nous avait donné Layers of Fear, Observer garde tout de même un côté horreur, par ces cadavres grotesques et ses scènes VR psychédéliques.

C’est peut-être sa plus grande faille à mon avis. J’aurais apprécié quelque chose de plus « détective » que « horreur », mais il semble bien que je sois le seul à penser ça. J’aurais aimé explorer un monde plus ouvert et mener une vraie enquête, plutôt que d’être dirigé dans cette série de couloirs linéaires peuplés de trop peu de NPC. Les séquences de « stealth » où il faut se cacher d’un monstre m’ont fait rouler les yeux, mais je ne pouvais m’empêcher d’être fasciné par son univers hyper-détaillé et agrémenté de quelques effets visuels tout à fait géniaux (aberration chromatique, déformation et flou).

Observer se penche sur le côté « crade » du cyberpunk, là où la technologie, les drogues et la paranoïa se rencontrent. Il propose un univers intriguant (et parfois traumatisant) qui vous marquera à coup sûr.

  • Rocket League - PC, Xbox One, PS4, Switch - Hugo Engel 

Certains peuvent être surpris de ce choix, mais je pense que Rocket League, le sensationnel jeu de footballxfast&furious, emprunte énormément au cyberpunk, tant dans son esthétique que dans son concept, soit le sport compétitif et violent (d’une certaine manière). Déjà, il suffit de voir les visuels pour s’en convaincre: il y a tellement de néons, ça brille de partout, les décors que l’on aperçoit au-delà de l’arène me font indubitablement penser aux décors de Blade Runner, Ghost in the Shell et autres Akira, avec ses hauts buildings, son mélange de technologie futuriste et d’architecture néo-classique.

Puis, le concept de compétition me fait beaucoup penser à une forme moderne sci-fi de gladiateurs; déjà par certaines références à l’architecture grecque antique, mais aussi à ce que pourrait devenir la violence des matchs s'ils se déroulaient en vrai, à la manière du motorball dans manga Gunm ou encore des compétitions dans Tron. Un régal pour les yeux, il laisse la porte ouverte à plein d’interprétations farfelues (à quand un anime Rocket League violent, cru, futuriste et résolument cyberpunk ?).

Le VR est en quelque sorte la fantaisie ultime de l’amateur de cyberpunk : c’est pourquoi des studios comme Iris VR inc. ont dédié leur premier projet à une immersion totale dans un monde à la Blade Runner, et même un peu plus. On y reconnaît des éléments des romans de William Gibson, on saupoudre le tout d’un brin de « Matrix », et voilà : on obtient une dystopie dont les fans du genre se délecteront.

Ce « visual novel » se joue préférablement debout avec les contrôleurs Oculus Touch, ou encore assis avec la manette d’Xbox à la main. C’est essentiellement un jeu d’exploration, mais qui contient quelques machines d’arcade qui ajoutent à sa durée de vie un tantinet courte. C’est un de ces jeux où le gameplay est au second plan : l’immersion et l’observation sont vraiment le point central de l’expérience.

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Ce fut en écoutant Navi qu’il est tombé à jamais dans le jeu vidéo. Et en voulant se relever, il découvrit la Force. Geek et gamer (et traducteur quand il peut), il est un inconditionnel de Nintendo, des RPG et des jeux de stratégie. Entre deux Final Fantasy, il s’intéresse à la localisation des jeux et à leur impact socioculturel.
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