Licences étirées, licences disparues et autres nostalgies

Officiellement, je suis un gamer depuis plus de 26 ans. Des annonces, des sorties et surtout des jeux, j’en ai vu passer de toutes sortes. Or, plus je vois le temps passer, plus je constate que j’ai vécu une idylle dans l’âge d’or de l’industrie. Suis-je en train de devenir un gamer nostalgique qui ne voit plus rien de positif dans les nouveautés?

Le problème des licences étirées

Vous savez, certaines compagnies ont un talent fou pour nous offrir des suites de licences de qualité. Prenons comme exemple la licence Dark Souls. Les concepteurs nous ont offert un magnifique premier titre et ses suites étaient excellentes. Par contre, est-ce toujours nécessaire d’étirer sa licence maintenant que les gamers se fient plus au nom de la compagnie qu’au titre du jeu? Si je cite la compagnie Atlus, vous savez que vous aurez un jeu de stratégie penchant vers le RPG tactique. Avec Koei Tecmo, vous savez que vous aurez probablement affaire à un Hack’n Slash. Autant certains jeux méritent une suite, autant d’autres méritent une fin. Les Assassin’s Creed et Call Of Duty de ce monde auraient peut-être eu un meilleur sort si ce n’était du fait qu’en plus de sortir une suite, elle sort presque la même année que son prédécesseur. Si nous ajoutons des titres comme Romance of the Three Kingdoms qui est maintenant rendu à sa 13e version, Final Fantasy, Dragon Quest et Y’s qui dépassent tous les 10 titres, il va falloir à un moment donné de la chair fraîche à nous mettre sous la dent.

Les icônes et mascottes de l’industrie

Loin de moi l’idée de vouloir chialer contre tout, mais il faut regarder la réalité en face. Selon moi, même si Mario Bros est énorme dans l’univers des jeux vidéo, je pense qu’avec la force des réseaux sociaux et des memes, il ne serait pas si complexe de créer de nouvelles idoles virtuelles. Entendons-nous, une console de Nintendo sans Mario ou Link serait une console perdue d’avance. Or, on dirait que l’effort de se réinventer est moins présent que l’effort d’offrir du réchauffé mis à jour. Personnellement, la licence Legend of Zelda est un exemple à suivre. Les jeux sont toujours intéressants avec un concept nouveau ou avec une particularité qui rend chaque jeu plus qu’unique. Par contre, Ubisoft, qui se fait régulièrement critiquer, ne fait qu’exploiter les traditionnels Assassin’s Creed sans pour autant travailler sur leur vrai mascotte : Rayman. Le titre Rayman Raving Rabbids sur PS2 aurait tellement pu devenir une série de jeux pour toute la famille, mais Rayman a été laissé de côté pour donner toute la place aux Lapins Crétins. Espérons que le projet reviendra, car c’était toute une licence de party. Naughty Dog a bien rattrapé le coup en remastérisant les Crash Bandicoot. Ceux ayant connu ces jeux dans leur enfance peuvent maintenant présenter le tout à leurs enfants. Le timing avec lequel ils l’ont fait était parfait, car Crash et ses compagnons commençaient à tomber dans l’oubli. Disons juste que, contrairement à Mario, Crash a eu le temps de nous laisser des vacances et de ne pas nous écœurer par sa surexploitation.

 

 

 

Le problème des jeux incomplets

Certes, plus une compagnie sort de jeux, plus elle a des chances de faire de l’argent. C’est tout à fait normal, c’est leur gagne-pain, mais pourquoi maintenant sortir un jeu à peine achevé, à peine testé et apporter des correctifs au fur et à mesure? À force de toujours travailler ainsi, les compagnies diluent la qualité de leurs produits et en font souffrir la réception. Quand un titre reçoit une énorme réception, rapidement la compagnie lance une suite avant que le Hype retombe. Tant qu’à nous donner une suite à un jeu que nous avons adoré, pouvons-nous en avoir un qui n’aura pas 12 DLC payants et des mises à jour à n’en plus finir? Vous nous donnez déjà des jeux qui coûtent de plus en plus cher, pourriez-vous donner un répit à nos portefeuilles?

 

Étirer sa licence avec la culture

Il est possible d’étirer une licence avec une suite, mais il est aussi possible de le faire avec des éléments culturels. Le meilleur des pires exemples est Dynasty Warriors. Déjà que nous arrivons bientôt au 9e opus, les concepteurs utilisent d’autres jeux ou des animés pour combler la suite. Voici quelques exemples : Berserk and the band of the Hawk, The legend of Arslan, Gundam Warriors, All Star Warriors, Samurai Warriors 1 à 4-II, Hyrule Warriors, Fire Emblem Warriors ainsi que toutes les versions Empires. Cela commence à être étiré pour de vrai. De plus, force est d’admettre que mon collègue Martin Brisebois a raison pour les jeux Lego. Ce n’est qu’une adaptation de chacun des titres sans nouveauté particulière. À ça, j’ajouterais tout ce qui est jeu provenant d’un film ou d’une série. Ce n’est pas parce que Goldeneye 64 était magistral qu’il faut étirer la licence James Bond à tous les films qu’Hollywood fait. De plus, c’est bien beau les produits dérivés, mais j’avoue qu’à l’exception du succès commercial d’un jeu portant les noms Simpson et Games of Thrones peuvent apporter, attendez dont la fin de la série pour offrir un titre qui pourra vous aider à vous faire un nom dans le monde du gaming. De plus, je tiens à dire à tous les concepteurs que même si les jeux de cartes sont amusants, arrêtez de nous donner du Yu-Gi-Oh! remâché et régurgité. Si vous n’êtes pas capable de vous empêcher de créer un jeu de carte, au moins donnez-nous la chance de récolter de l’argent rapidement in-game. Ai-je déjà dit que nous étions tannés de toujours dépenser de l’argent dans les jeux?

 

De gros ratés

Vous savez, malheureusement pour nous, certaines suites ont tué leur franchise. Mon exemple est Breath of Fire. Après 4 magnifiques titres sur Snes et PlayStation, le 5e sur PS2 a détruit toutes les chances de voir un 6e jeu. C’est triste, mais tellement vrai. Les scénaristes ont carrément passé à côté de l’essence même de ce qu’est Breath of Fire ce qui a alors coulé la licence. Un autre exemple, NHL 2k. En étant les seuls faisant vraiment compétition à NHL de EA, cette licence avait son charme en offrant une simplicité pour la jouabilité ainsi que des éléments de gestions différents de son compétiteur. Cherchant toujours à faire différent, en 2010, la compagnie 2K a donné une exclusivité à Nintendo pour la Wii de leur NHL après s’être établie sur les 3 consoles à la mode de l’époque. Ce fut un désastre. La licence est maintenant confinée à de petits jeux sur Android dont plus personne ne parle.

Les réussites

Même s’il y a beaucoup de licences qui se tirent dans le pied en s’étirant, d’autres nous forcent de constater une réussite à chaque fois. Civilisation de Sid Meyer est une preuve qu’il peut être intéressant d’étirer une licence. Déjà rendus à son 6e titre, à toutes les nouvelles parutions, beaucoup d’éléments passent dans le tordeur et sont bien reçus par la communauté. Que ce soit l’évolution visuelle, les types de gouvernements, les arbres des technologies ou les habiletés de chacune des nations, l’équipe travaillant derrière Civilisation offre toujours un produit qui fait le bonheur des joueurs. Un autre exemple est Disgaea. Sans jamais dénaturer leur univers démoniaque, Nippon Ichi Software et leurs collaborateurs arrivent toujours à un produit qui plaît à la critique et aux publics cibles.

 

Réinventer ou bien terminer?

Quelquefois, certaines compagnies ont l’humilité d’admettre leurs erreurs. De ce fait, elles peuvent tenter un redémarrage de leur licence ou donner une fin intéressante à un arc qui n’en finit plus de finir. Un des redémarrages réussis est Mortal Kombat avec leur 9e titre sur PS3. Après s’être rendu MK : Armageddon, le tout aurait pu se terminer ainsi que plusieurs fans seraient sur cette note amère. Avec ce redémarrage de l’histoire réussi, ce jeu de combat a connu une cure de rajeunissement. Par contre, évitons de parler de Mortal Kombat X. Ensuite, j’ajouterais Tekken qui avec son 7e titre direct, mais qui en compte beaucoup plus en comptant toutes les associations avec d’autres licences ou tous les Tag Tournament commençait à nécessiter un dénouement à tous ces tournois de karaté sans fin. Enfin, Tekken a eu son dénouement et la manière dont les scénaristes ont amené le tout est simplement enivrant. En terminant l’histoire en comblant tous les trous qu’avaient laissés les premiers jeux ainsi que tous les événements entre ces derniers, la boucle est bouclée et le prochain arc peut commencer sur des bases solides.

 

 

Ceux qui cherchent à vous offrir de la qualité

Autant certaines compagnies cherchent à profiter du buzz autour de leur licence rapidement, autant d’autres vont prendre le temps de vous offrir une suite à la hauteur du premier jeu. Pour ce point, je me dois d’envoyer des félicitations à Naughty Dog pour The last of Us 2 et à Sony Interactive Entertainment pour God of War 4. Même si nous avons de vagues idées à quoi nous attendre de ces deux titres, les concepteurs coulent de l’information au compte-gouttes afin de garder le hype bien vivant tout en prenant le temps de présenter un produit fini qui sera à la hauteur des attentes des joueurs. Ce n’est pas tout de renvoyer les personnages à l’aventure, il faut aussi que cette aventure soit autant intéressante que la première, sinon vous pouvez sonner le glas de votre licence.

 

Ceux qu’on attend depuis trop longtemps

En plus de The Last of Us 2 et God of War 4, nous avons tous appréciés des titres auxquels nous voudrions une suite, mais dont il est hors de notre contrôle de savoir ce qui s’en vient. Personnellement, je m’informe régulièrement des dénouements pour Way Of The Samurai 5. Le 4e titre était exceptionnel et la communauté de joueurs que la licence s’est bâtie attend impatiemment de voir si le projet verra le jour. La preuve qu’il est important d’espérer est l’annonce de Beyond Good and Evil 2 qui est plus qu’anticipé depuis des années. Avec toutes les variations du marché des jeux vidéo ainsi que toutes les œuvres qui sont en conceptions, nous devons être compréhensifs, car certaines compagnies sont vendues ou ferment leurs portes. Plusieurs auraient bien aimé voir un Neverwinter Nights 3 au lieu de voir un MMORPG.

 

Les licences disparues qui auraient mérité une suite

On dira ce qu’on voudra, maintenant les compagnies ne souhaitent que nous tirer le plus d’argent possible à chaque jeu. Peut-être devrions-nous seulement encourager ceux qui nous offrent des jeux finis ou qui prennent le temps de bien écouter leur communauté. Pour terminer, nous avons tous eu des coups de cœur pour des titres qui n’ont malheureusement pas eu de suite. Par exemple, Conquer bad fur day, Ogrebattle: The march of the black queen (excluant Tactic Ogre qui n’est pas une suite), Brigandine : Legend of Forsena, Eternal Sonata, Bully ou Heavy Rain sont des titres qui ont connu un immense succès, mais dont les espoirs d’en voir une suite est pratiquement nulle. Si maintenant le succès est gage d’une suite, il est clair que certaines de ces œuvres auraient débloqué sur une suite. Maintenant que les noms sont plus importants que les contenus, il arrive trop fréquemment que le produit dérivé d’un jeu soit sa suite. Pour vous, quels titres croyez-vous qui mériterait une suite ou une résurrection?

 

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AnnoncesOpinion
Natif de St-Valère et bachelier en linguistique depuis 2015, je me suis toujours intéressé au domaine des jeux vidéo. J'adore tous les types de jeux, ma seule condition: avoir du plaisir à jouer. Je me spécialise en RPG, en jeux de sports et en licences oubliées.
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