Pokémon Ultra Moon et Ultra Sun: des changements Ultra modestes

Pokémon, c’est un peu le Call of Duty de Nintendo. À (presque) chaque année, on nous offre un nouvel opus, et bien que certains se plaignent du manque d’innovation, ça ne semble pas déranger tellement les fans parce que les copies se vendent comme des fidgets spinners il  y a quelques mois, peu importe ce qui arrive.

C’est donc ainsi que nous arrive Pokémon Ultra Moon et Ultra Sun. Après Sun et Moon, qui avait été ironiquement salué pour avoir osé jouer avec la formule habituelle de la série, Game Freaks et Nintendo nous reviennent avec une version «mise à jour» de la sortie de l’an dernier.

Mais la question demeure : est-ce que ça vaut la peine de débourser un nouveau 50$ pour retourner sur les rives d’Alola?

Des nouveautés

Quand les épisodes ‘’Ultra’’ ont été annoncé, on s’est surpris à rêver à une suite en bonne et due forme comme Pokémon Black & White 2 (qui demeure à mon avis un moment fort de la série.) Mais Nintendo nous avait bien avertis; il s’agit ici d’une version remaniée, davantage équivalente à Pokémon Crystal ou Émeraude qu’à un Pokémon Black and White 2.

Mais quelles nouveautés nous apporte cette version ‘’Ultra’’. Outre les quelques nouveaux Pokémon et les quelques nouvelles techniques (incluant de nouveaux Z-moves), on note quelques changements au niveau de l’histoire. On fait cette fois-ci la rencontre de l’Ultra Recon Squad, qui tente de freiner l’arrivée de Necrozma, un Pokémon d’une autre dimension qui cherche à plonger Alola dans la noirceur.

L’histoire demeure sensiblement la même. Mais on a ajouté quelques scènes par-ci par-là, comme les scènes supprimées d’un film. Elles s’intègrent à la trame narrative originale qui reste essentiellement inchangée.

On a aussi fait l’ajout de quelques mini-jeux. Par exemple, on devra surfer à dos de Mantine en tentant de réaliser des tours, un espèce de Tony Hawk Pro Skater à la sauce Pokémon. On peut aussi chevaucher Solgaleo pour tenter, en utilisant le gyro de la console, d’attraper des boosts de vitesse nous permettant voyager de plus en plus loin dans les dimensions parallèles, là où se cachent des Pokémons légendaires.

L’une des nouveautés les plus remarquées, c’est l’arrivée de la «Battle Agency», qui n’est pas sans rappeler Pokémon Stadium. Dans cette ligue, on doit combattre avec des Pokémons «prêtés» qui sont tous de niveau égal. On choisit un Pokémon parmi un lot aléatoire de trois, puis deux Pokémons empruntés à des dresseurs croisés sur Streetpass viennent compléter notre trio. Il s’agit d’une utilisation astucieuse de la fonction, qui me donnera peut-être envie de remettre la petite console dans mon sac à dos.

La nouveauté qui s’est le plus fait remarquer, c’est certainement le retour de Giovanni. Non, pas Jean-Claude, le faux-cuisinier italien de V, mais bien le chef de la Team Rocket. Ce dernier, attiré par les portails inter-dimensionnels qui s’ouvrent partout dans Alola, décide de prendre le contrôle de l’Aether Foundation et de conquérir le monde, épaulé par les chefs des groupes ennemis de chaque génération. Et devinez qui va devoir les arrêter? Évidemment, un enfant pré-pubère et ses animaux de compagnie (en même temps, un de mes «animaux» de compagnie était une forteresse issue d’une dimension infernale dotée de conscience. Fascinant comment Pokémon et Cthulu sont proches.)

Non, pas ce Giovanni là.

Cet épisode est en fait le contenu post-jeu dans Ultra Moon & Sun. La présentation rappelle un peu l’épisode Émeraude dans Alpha Sapphire et Omega Ruby. C’est un ajout intéressant, qui vient titiller la fibre nostalgique de la bonne façon tout en rallongeant la durée de vie.

 

Les fautes du père

Si Ultra Moon et Sun est un «remake» des opus de l’an dernier, il en conserve malheureusement les défauts. L’an dernier, on s’est tous plaint de la première partie du jeu, qui traîne en longueur de façon exagérée. Les cinématiques qu’on ne peut pas passer, les dialogues interminables, les tutoriels forcés (ça fait 20 ans que je joue à Pokémon, je commence à avoir une idée d’à quoi servent les centres Pokémon.)

De toutes les innovations et mises à jour qui auraient appréciées, un bouton «skip» est la première.

Sinon, si on apprécie que Sun et Moon tentait d’offrir un scénario un peu plus développé, le pacing n’est pas tout à fait là et les scènes additionnelles qui s’ajoutent n’aident en rien le rythme. Vers la fin du jeu, on ne peut s'empêcher de se demander où on en est rendu, et les fameuses épreuves imposées par les capitaines sont plus ou moins mémorables.

Est-ce que ça vaut la peine?

Tout dépend. Si vous n’avez pas joué à Sun et Moon, alors là, oui définitivement. La septième génération est à mon avis la meilleure, et cette version Ultra ne fait que l’améliorer. C’est un des meilleurs RPGs disponibles sur le marché en ce-moment, sans aucun doute.

Toutefois, si vous possédez déjà Sun et Moon, c’est plus difficile de recommander l’achat de Ultra. Les améliorations sont intéressantes, mais je crois que vous aurez de la difficulté à revivre l’interminable début du jeu pour vous y rendre. Et même s’ils sont intéressants, les changements sont superficiels.

Si vous avez acheté une des versions de l’an dernier, je ne peux vous recommander Ultra que si vous êtes des fans inconditionnels, et que vous voulez vraiment avoir CHAQUE jeu de Pokémon. Sinon, gardez vos sous pour ce Pokémon Switch qui ne saurait tarder.

 

Un remake qui apporte de belles nouveautés...mais peut-être pas assez
Un remake qui apporte de belles nouveautés...mais peut-être pas assez

Ultra Sun et Moon est la version ultime d'un des meilleurs jeux de la série. Mais à moins d'être un fan fini ou d'avoir manqué la sortie l'an dernier, ce n'est peut-être pas suffisant pour justifier un rachat.

Les plus
  • D'amusants mini-jeux
  • Encore plus de Pokémon, de techniques, de personnages
  • Un chapitre Rainbow Rocket qui pique la curiosité
Les moins
  • Les dialogues et cinématiques qu'on ne peut sauter
  • Le début interminable
  • Peu de changements majeurs
  • 8,5
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Nintendo
La première vidéo de Pier-Luc, c'est lui, à l'âge de 3 ans, qui joue à Duck Hunt avec le gros fusil orange. Il les a pwn 360 NO SCOPE. Depuis, il passe beaucoup (trop) de temps à jouer à des jeux, que ce soit sur Android, 3DS, Wii U (oui, il est l'une des six personnes à avoir acheté une Wii U) ou PS4. Il ne joue pas beaucoup à l'ordinateur, sauf pour les fois où il télécharge des émulateurs pour jouer à de vieux classiques (des jeux qu'il possède, bien sûr). Quand il ne joue pas, il écoute la WWE, il lit ou bien il tente de faire avancer sa carrière en humour. Mais soyons honnêtes, il passe surtout son temps à jouer.
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