À vos manettes! : tomber dans le jeu

Nouvelle sélection de titres à (re)découvrir!

Je me souviens très bien, plus jeune, quand j'avais hâte de revenir à la maison pour me lancer dans une énième partie de Fire Emblem: Radiant Dawn. Ou encore de ces samedis matins où je m'enfilais religieusement des heures de Pokémon Yellow.

Certains jeux nous marquent; d'autres nous rendent accros. Cette semaine, on se penche sur quelques-uns d'entre eux qui ont créé un effet de dépendance chez nos rédacteurs. Même des années plus tard, sur le marché du travail, en bonne connaissance de cause, parfois on se dépêche de revenir à la maison pour une seule et unique raison : continuer notre périple.

Je dois faire un mea culpa : je n'ai jamais pensé un jour apprécié ce genre de jeu. Je m'étais acheté Nioh par plaisir culturel (les Yokai, moi, ça me parle).

Qu'on se le tienne pour dit : j'ai galéré contre le premier boss, répondant au doux nom de Onryoki. Mais vraiment galéré ma vie, coloc à l'appui. Mais le sentiment de satisfaction, deux heures plus tard, de le vaincre. Les endorphines faisant leur boulot...

Chaque jour. Je terminais mon boulot, je me dépêchais de rentrer et m'enchaînais 3-4 heures de Nioh. Et ainsi de suite. Une sorte de pulsion sans fin, un plaisir qui n'a pu être rassasié que quand je l'ai enfin terminé. J'ai erré sans but quelque temps, avant de me tourner vers Monster Hunter. Les mécaniques me manquent, tout comme l'univers glauque, les monstres, les références culturelles. Surtout, la difficulté du jeu !

Et puis, voilà. La passe de saison est à 40 % présentement sur le Playstation Store; je reprends fièrement les armes. On se revoit dans deux semaines.

  • Burrito Bison : Launcha Libre - Mobile (iOS, Android) et web (via Kongregate) - Simon Forget

Créé à Montréal, ce petit jeu mobile est idéal pour le transport en commun. Suffit de tapper d’un doigt sur l’écran pour jouer et projetter son lutteur et sa lutteuse mexicaine préférée pour rebondir sur de petits gummybears. Sa formule est pourtant simple, mais se révèle être une vraie drogue lorsqu’on réalise qu’il y a des murs à franchir et toutes les améliorations disponibles.

Je n’étais pas de ceux qui attendaient le nouveau Persona avec impatience. Je savais que les fans de Persona étaient vraiment fans, mais de loin je trouvais qu’ils avaient un peu l’air de fous qui s’amusent à faire des couples avec leurs Barbies.

Puis j’ai joué, et je suis moi-même devenu un fou qui fait des couples avec ses Barbies.

Tout m’a accroché: l’interface magnifique, le style visuel impressionnant, mais surtout, la boucle de jeu qui divise l’action en petites parties facilement digestibles : un peu d’activités personnelles pour améliorer les qualités sociales de son personnage, un peu d’activités sociales avec ses amis, et un peu de combats dans les donjons.

Alors que les RPGs ont tendance à devenir longs et répétitifs, celui-ci maîtrise le style « encore 5 minutes et je me cou- oups il est 3h du matin ».

Un chef-d’oeuvre à essayer, que vous aimiez les Barbies ou non.

Ah, la bonne vieille époque de l’émergence des MMORPG… Tout comme des millions d’autres, j’ai brûlé une quantité incalculable d’heures sur World of Warcraft Lineage II, MMO tout ce qu’il y avait de plus coréen dans le grind abominable et le design pour le moins aguicheur de ses “armures” féminines.

Mais qu’importe le client lourd comme une enclume, l’inexistence de moyens de progression autre que par l’extermination en boucle de mobs, c’est sa dimension politique qui maintenait les joueurs scotchés à leur jeu. Ici, pas de faction imposée, de clan par race à la création de personnage. La vie sociale était parfaitement organique, et ses rouages communautaires, captivants. Propagandes sur les forums, espionnage, guerre de contrôle des points stratégiques, que ce soient les Raid Boss ou les sièges de châteaux, manipulation des olympiades… Une ambiance qui aura duré aussi longtemps que le champion WoW, sorti à quelques jours d’intervalle en Europe. Entré au bas de l’échelle, pour grimper à la tête d’un clan de plus de 150 personnes, d’une dizaine de nationalité, c’est une marque au fer rouge que m’a laissée le titre de NCSoft.

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Jeux
Chercheur (Ph.D), rédacteur, traducteur, Pierre affectionne les questions sociales, culturelles et narratives dans les jeux.
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