Far Cry 5 – De l’autre côté du mur

Hope County pourrait être un paradis sur terre : ses grands paysages verdoyants à l’odeur de sapin peuplés de caribous sont un lieu rêvé pour tout amateur de plein...

Hope County pourrait être un paradis sur terre : ses grands paysages verdoyants à l’odeur de sapin peuplés de caribous sont un lieu rêvé pour tout amateur de plein air. J’ai bien dit « pourrait », parce que depuis que Joseph Seed et sa famille y ont démarré un culte, Hope County s’est plutôt transformé en enfer. Leurs disciples sont omniprésents, exerçant leur contrôle sur les pauvres familles qui ont le malheur de se trouver sur leur chemin. Rien n’est plus terrifiant que des Américains armés aveuglés par la religion.

C’est donc en tant que membre du service des maréchaux américains (US Marshal) que vous atterrissez à Hope County, avec un mandat d’arrêt contre l’autoproclamé « Father » lui-même, Joseph Marshall. Évidemment, l’arrestation ne se déroule pas comme prévu et vous vous retrouvez seul, dans ce petit coin de pays où nul ne pourra entendre vos pleurs lointains.

Un monde plus ouvert que jamais

Les trois autres maréchaux qui vous accompagnent dans votre mission ont chacun été capturés par un membre différent de la famille Seed, qui contrôlent tous une région de la carte. Une fois que vous avez terminé la séquence d’introduction du jeu (qui est à couper le souffle, comme d’habitude), vous sortez d’un bunker sur une île qui se trouve en plein milieu de ces trois régions. À partir de ce moment, vous êtes libre d’aller où vous voulez et de faire n’importe quelle mission du jeu.

Le système mis en place pour équilibrer tout ça est génial. Tout ce que vous faites dans une des trois sections de la carte vous donne des points de libération, que ce soit une mission principale, secondaire, une conquête de camp, une course en wingsuit, une destruction de propriété, bref, tout. Plus vos points augmentent, plus les ennemis seront coriaces. Il vous faudra remplir la jauge à la moitié pour démarrer une mission très cinématique pour vous présenter chacun des Seed, puis en entier pour avoir accès à la mission finale de chaque région. Ce n’est qu’une fois les trois Seed éliminés que vous serez invité au combat final contre The Father, Joseph Seed.

Donc au lieu d’une série de quête linéaire comme on a trop souvent tendance à voir dans des jeux open world, on se retrouve ici avec une véritable liberté. Bien que certaines quêtes soient reliées entre elles, rien de vous empêche, à tout moment, de prendre un hélicoptère et de voler jusqu’à l’autre bout de la carte.

J’avoue que c’est un peu intimidant au début, on ne sait pas par où se lancer. D’autant plus que la mini-map est une chose du passé. Elle a été remplacée par un compas linéaire situé dans le haut de l’écran, qui vous indique vaguement ce qui se trouve dans les environs. D’un côté, ça vous oblige à explorer et regarder autour de vous (plutôt que de fixer la mini map). De l’autre, les ennemis sont un peu plus difficiles à situer. Fini le hibou qui survolait un champ de bataille pour vous pointer vos cibles, rebonjour les jumelles de reconnaissance.

En revanche, le meilleur ami de l’homme vous donnera un coup de main : un chien hyper attachant nommé Boomer, qui s’infiltre dans les camps ennemis et en retire leurs positions. Boomer est l’un des neuf assistants que vous pouvez faire apparaître à vos côtés, de la même façon que ceux dans Far Cry 4 et Primal. Cette fois, six de ces assistants sont des humains qui ont tous une spécialité (sniper, explosif, support aérien, etc.).

Mon assistant préféré est sans le moindre doute Cheeseburger, l’ours diabétique. Son histoire : un ourson qui a été domestiqué, devenu la vedette d’un zoo dans lequel les gens le nourrissaient avec des burgers, d’où son surnom et son problème de santé.

Si l’intelligence artificielle de vos assistants est trop bête ou rend tout trop facile pour vous, vous pouvez le remplacer par votre copain (réel) via le mode co-op en ligne. Les missions sont toutes jouables à deux (excepté l’introduction au tout début). Attention : seul le «host» de la partie sauvegardera son progrès!

« Far Cry, c’est toujours pareil. » Faux.

Ceux qui se plaignent que les Far Cry «sont toujours pareils» ont tout faux. Soit ils n’y ont jamais joué, soit ils n’ont pas eux du tout la même expérience que moi. Premièrement, ce n’est pas une franchise qui est annualisée. On a droit à un Far Cry tout les deux ans. C’est une pause assez longue pour qu’on ait envie de jouer au prochain, mais aussi pour permettre au développeur de créer quelque chose d’un peu différent.

L’univers du jeu (incluant les décors magnifiques, les animaux et les vilains) est toujours unique et immersif à chaque fois. C’est un des rares jeux à monde ouvert dans lequel je m’amuse à faire le plus d’activités possible.

Pour ce qui est de la répétition, j’ai été heureux de voir que chaque «outpost» de Far Cry 5 est un bâtiment unique. Une marina, un chalet, une prison, un zoo, etc. Oui, on doit toujours éliminer tous les ennemis, mais que voulez-vous, c’est un jeu de tir après tout! Far Cry n’est pas plus répétitif qu’un Call of Duty ou un Battlefield.

De la citrouille dans Far Cry 5

Lors de l’annonce du jeu l’an dernier, j’avoue que j’étais inquiet. Je me disais que si ça se déroulait aux États-Unis, on allait perdre le côté sauvage de Far Cry. Au final, c’est tout le contraire : on se retrouve en Amérique rurale (très rurale), où le paysage est composé à 90 % de forêts. L’aspect le plus important de la série, c’est ce sentiment d’isolation et ce désir de survie.

C’est d’ailleurs le seul aspect qui a été un peu terni dans Far Cry 5 : fini la solitude. On vous parle CONSTAMMENT. Quand ce n’est pas les vilains qui vous font un discours dans votre oreillette pendant une fusillade imprévue, c’est Dutch (le personnage qui vous accueille sur son île au début du jeu) qui vous suggère des trucs à faire sur la carte. Il y a aussi les moments où on interpelle un personnage pour recevoir une quête, mais qu’il nous raconte sa vie en 5 minutes pendant qu’on regarde le décor autour, impatient de passer à l’action. Une fois la mission démarrée, le personnage qui vous suit passera le trajet au complet à vous parler de ses traumatismes d’enfance. Laissez-moi tranquille! Je veux juste explorer en paix!

Far Cry Arcade : l’infini +1

Le «jeu vidéo en tant que service» est une mode de plus en plus courante depuis l’immense popularité de GTA Online. Comment maintenir un Far Cry en vie après que tout le monde a terminé la campagne solo? Voici Far Cry Arcade, un éditeur de niveau qui permet de créer ses propres défis et de les partager sur le web.

Bon, le résultat n’est pas aussi soigné visuellement que le jeu de base (on dirait parfois du Left 4 Dead ou du PUBG bâti à partir d’objets génériques), mais ça a le potentiel de divertir les foules pendant des années à venir. Quatre modes sont disponibles : Journey (tenter d’atteindre la sortie du niveau), Assault (éliminer tous les NPC), Outpost (les fameuses bases ennemies), et Bounty Hunt (exterminer un personnage en particulier).

Étant donné qu’on a accès à des véhicules, parachutes, wingsuit, grappin d’escalade et plusieurs autres mécaniques, les possibilités sont infinies. On peut transformer tout ça en course, en platforming, ou en scénario complètement fou. Les items disponibles pour la construction de niveau ne se limitent pas uniquement à ce qui est présent dans Hope County. On y trouve aussi des éléments de Far Cry 4, Assassin’s Creed Unity, Black Flag, et même Watch Dogs.

L’abonnement de saison inclut trois scénarios fous fous à la Blood Dragon, soit une visite sur Mars, une invasion de Zombies, et une dans la guerre du Vietnam. Ce qui est génial, c’est que les éléments de décors qu’ils incluront seront alors disponibles dans l’éditeur du mode Arcade. Pour être franc, je souhaite presque qu’Ubisoft nous offre une saison 2 et 3, avec de petits scénarios supplémentaires, question d’assouvir notre soif de Far Cry et d’allonger la durée de vie du jeu.

Tristement d’actualité

Les États-Unis et leur fanatisme pour la religion et les armes sont malheureusement des sujets plutôt courants au cinéma et en télévision récemment. Des séries comme American Gods, Preacher ou The Leftovers ont des thèmes qui se rapprochent énormément de Far Cry 5. Sachant que le temps de développement pour un jeu comme celui-ci est assez long, j’applaudis Ubisoft pour avoir choisi un tel sujet au moment où la campagne présidentielle au États-Unis avait lieu. On peut évidemment faire des liens avec le dirigeant qui amadoue les Américains avec des mensonges et des promesses malsaines…

Certains diront que Far Cry 5 avait la possibilité de faire une plus grosse critique des États-Unis, d’avoir une position claire et des messages percutants. Quant à moi, je crois que sa subtilité est bien plus judicieuse. Rien ne sert de pointer son message avec de grosses flèches en néons : Hope County et ses habitants parlent d’eux-mêmes. Vous pouvez faire les parallèles vous-même, n’est-ce pas?

Lorsqu’on conquiert une base ennemie et qu’on voit une cinématique où vos rebelles retirent le drapeau du culte, ça fait tellement du bien. Ça donne envie de bâtir une communauté où il fait bon vivre. Alors, oui, le message passe bien, je crois.

Et alors, est-ce que le jeu en vaut la peine? La question est simple : aimez-vous les Far Cry? Si oui, ce cinquième opus vous plaira autant que les autres. Depuis Far Cry 3, il est vrai qu’ils sont devenus un peu formulaïque, mais leur qualité de production et leur univers unique en font des titres incontournables.

Toujours aussi bon
8.5
Toujours aussi bon

La question est simple : aimez-vous les Far Cry? Si oui, ce cinquième opus vous plaira autant que les autres. Depuis Far Cry 3, il est vrai qu’ils sont devenus un peu formulaïque, mais leur qualité de production et leur univers unique en font des titres incontournables.

Les plus
  • Une tonne de contenu dans la campagne, en plus du mode Arcade
  • Un univers encore une fois captivant
  • Moins répétitif que les autres
Les moins
  • Peu de nouveautés (mais ce n’est pas grave du tout)
  • Trop de dialogues
  • 8.5
Catégories
CritiquesMicrosoftPC / MACPlaystation
C'est un gamer, fan de science-fiction, de BD, de jeux de société et de musique électronique. Bref, un geek. Rédacteur depuis 2008, il adore partir à la recherche de jeux uniques, peu importe leurs dates de sortie ou leurs pays d'origine.
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