Infectonator 3 : Apocalypse – Nous, on fabrique des zomb’

« Maintenant je suis la Mort, le destructeur des mondes. »

C’est en ces mots que s’exprimait Robert Oppenheimer, le père de la bombe atomique, après avoir constaté l’inexorable puissance meurtrière de l’arme qu’il avait livrée au monde. Ces mêmes mots me sont venus en tête alors que je contemplais la carte ensanglantée d’Infectonator 3 : Apocalypse.

Du moins, jusqu’à l’écran de game over deux minutes après.

 

 

Faut qu' ça saigne

Le studio Toge Productions nous invite à faire le grand ménage dans Infectonator 3 : Apocalypse. Le but du jeu n’est ni plus ni moins l’anéantissement total de l’humanité aux mains des hordes d’affreux morts-vivants. Pour ce faire, vous devez infecter le monde entier, une région à la fois, en y provoquant des invasions soudaines de zombies et ainsi décimer la population locale. Un massacre gratuit d’innocents sans défense? Pas vraiment. Au fur et à mesure que le jeu avance, les humains commencent à monter leurs défenses. Quand la police et l’armée se mettent de la partie, les simples mâchouilleurs de cerveaux avec lesquels vous avez débuté ne suffisent plus.

Il vous faudra alors faire appel à quelques options supplémentaires. Des investissement réguliers vous permettront d’améliorer vos troupes en les rendant plus résistantes, plus féroces et plus contagieuses. Les miracles de la science vous permettront de développer de nouvelles espèces de zombies dotés de pouvoirs spéciaux comme exploser, dérober de l’argent ou tout simplement entrer dans une rage homicide. Vous pourrez aussi modifier le code génétique de vos créatures afin de pousser encore plus leurs capacités et peut-être même entraîner la création de nouvelles variantes de zombies.

Et si tout ça ne fonctionne pas, vous pourrez toujours vous équiper d’explosifs et faire sauter ces saletés d’humains vous-même.

 

 

Si c'est pas toi qui les crèves, les copains prendront la r'lève

Mais rien n’est jamais gagné d’avance dans le domaine effervescent de la nécromancie moderne. Tandis que vous mettez tous vos efforts à exterminer la race humaine, celle-ci résiste contre votre assaut pathologique et monte une résistance médicale. En même temps que vous tentez de répandre l’infection sur la totalité des régions de la carte, certains foyers de recherche travaillent à développer une cure contre le virus zombifiant.

La source principale de tension provient donc de la rivalité entre les deux pourcentages de progression : d’un côté, le taux d’infection que vous avez atteint et, de l’autre, le niveau de complétion des recherches sur une cure. Si vous réussissez à infecter le monde entier avant que les médecins en aient terminé avec leur pilule, vous gagnez. Dans le cas contraire, c’est un échec pour vous. Un bon mégalomane devra donc jouer de main de maître avec les outils à sa disposition pour arriver à ses fins avant que l’humanité puisse parvenir aux siennes.

Ainsi, bien qu’au premier abord, le jeu soit tout humour et chibi, Infectonator 3 : Apocalypse s’inscrit résolument dans le genre des simulateurs, rejoignant ainsi les mêmes rangs que son cousin éloigné, Plague Inc: Evolved. En effet, toutes les manœuvres nécessaires pour gagner une partie tendent à nous rappeler ce qui constitue le gameplay de base de ce genre : la gestion des ressources.

 

 

Une saine gestion de l'apocalypse

Sans que vous n’en preniez vraiment conscience, il se produit un glissement de votre centre d’intérêt : vous ne jouez plus seulement pour voir les petits bonshommes se faire éclater en pixels rouges mais plutôt pour le plaisir quasi sadique d’affiner votre processus de gestion – une gestion de la mort. Quelle est la meilleure disposition pour les explosifs à déployer contre les humains en fuite? Est-ce que les zombies utilisés sur le terrain produisent un bon rendement quant à leur ratio proies/pertes? Comment optimiser une chaîne de production de morts-vivants?

En d’autres mots, vous viendrez à Infectonator 3 : Apocalypse pour le massacre, mais vous resterez pour la saine gestion de projet.

Un peu comme n’importe quel cadre d’une grande entreprise en fait.

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Littéraire académique défroqué mais toujours pratiquant, Yannick Morin est tombé dans l’enfer dantesque des jeux vidéo quand il a réalisé qu’il aimerait bien faire ce qu’il aime dans la vie. Il s’y vautre depuis, pour votre grand plaisir.

2 commentaires
  • pstealth
    7 mai 2018 at 01:31
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    Ce jeu semble avoir un gameplay qui va dans le sens contraire des jeux du genre (en fait ont détruit au lieu de bâtir)

    Toujours un plaisir de te lire.

    • Yannick Morin
      7 mai 2018 at 10:24
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      Une excellente observation! Mais, en même temps, beaucoup de jeux présentent cette même relation adversative avec l’environnement. En ce sens, si I3:A va à l’encontre de son genre, il s’inscrit parfaitement dans la longue lignée de la plupart des autres jeux. Merci de me lire!

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