State of Decay 2 – Le retour des morts vivants

La fin du monde arrive et avec elle State of Decay 2. Cinq ans après la sortie du premier opus, Undead Labs vous ressert une opportunité de casser du zombie. Vous êtes de nouveau invité à incarner une communauté entière de survivants avec tout ce que ça peut comporter de défis, autant sur le plan matériel qu’émotionnel. 

Parcours d’un survivant en trois temps…

Premier temps : La nuit des torts vivants

State of Decay 2 semblera très familier à ceux qui ont goûté au premier jeu. On y retrouve les mêmes commandes, les mêmes mécaniques de fouille et de combat, et une interface semblable. En fait, on croirait presque jouer à un DLC plutôt qu’à un tout nouveau jeu. Certes, les graphismes sont plus polis et on sent que les contrôles sont plus fluides, mais on ne peut ignorer une impression constante de déjà-vu.

À la défense du jeu, notons que les écrans de gestion pour la base et la communauté présentent des interfaces plus intuitives et complètes. De plus, la carte a pris de l’expansion. Il y a désormais beaucoup plus à voir et à faire, un peu à la manière des open worlds d’Ubisoft. Enfin, on ne peut passer sous silence l’ajout d’un mode multijoueur, fer de lance du marketing de State of Decay 2. Dommage qu’il nous ait été impossible de le tester convenablement avant la sortie du jeu.

Cependant, malgré ces nouveautés, il manque à ce State of Decay un certain facteur wow pour accrocher le joueur durant les premières heures. Le rythme initial est trop lent pour donner une erre d’aller à toute l’affaire. Bref, les nouveaux venus chercheront ce qui les fera rester et les anciens se demanderont pourquoi il sont revenus.

 

State of Decay 2

 

Deuxième temps : Le jour de la marmotte zombie

Comme un vieux couple qui se glisse dans une routine confortable, State of Decay 2 et moi avons fini par nous apprivoiser.

Les quêtes avaient beau me paraître répétitives, j’ai tout de même trouvé un certain charme à concevoir une méthode pour les compléter de manière optimale. Consulter les besoins de la base. Sélectionner les membres de l’expédition. Vérifier l’état de l’équipement. Prévoir l’itinéraire sur la carte. Surveiller le site avant l’attaque. Exécuter les zombies. Fouiller tous les conteneurs. Ramener le butin à la maison. J’ai eu tôt fait de tout régler comme un horloger militaire. Il y avait une certaine beauté dans l’exécution cyclique de ce rituel.

Pour tout vous dire, j’avais fini par assimiler l’aspect « ubisoftien » de State of Decay 2. Je n’avais jamais à me poser la question : « Et maintenant, qu’est-ce que je fais? ». Parfois, à tort, on accepte d’être occupé par un jeu à défaut d’être véritablement diverti.

Et comme un jump-scare facile qui attendait hors-champ, le jeu a soudainement pris une autre allure.

 

State of Decay 2

 

Troisième temps : 28 secondes plus tard

Très rapidement, la carte s’est remplie de quêtes requérant mon attention. Ici, un marchand ambulant me propose de bonnes affaires. Là, un survivant me supplie de l’aider à retrouver ses amis. À la maison, outre la grogne et les bagarres occasionnelles, il y a toujours au moins un personnage qui propose sa propre mission. Par-dessus le marché, outre les besoins quotidiens en nourriture, médocs et munitions, il me fallait composer avec des événements aléatoires fâcheux. (« Oh zut! J’ai éteint ma cigarette sur notre réserve de carburant! »)

Tout ça à la fois, bien entendu.

Dans bien des cas, j’ai dû aussi faire face à des limites de temps, explicites ou non. Les marchands ne restent dans le coin que pour un moment. Les alliés que vous ignorez trop longtemps quitteront la partie ou se retourneront contre vous. Et si vous avez fait trop de peine à RNGésus, il vous infligera ce même genre de pénitence que j’ai eu à subir : un compte à rebours surprise pour se rendre à une mission à l’autre bout de la carte au beau milieu d’une autre mission de type « défendez l’endroit X pendant Y minutes ».

Je me suis bientôt trouvé tiré de tous côtés parce que le jeu me bombardait sans cesse de demandes pressantes et parfois incompatibles. J’ai dû me rendre à l’évidence : impossible de répondre à tous les besoins de tout le monde tout le temps.

 

State of Decay 2

 

State of Decay 2 : Vous êtes une légende

Une fois sa vraie vitesse de croisière atteinte, State of Decay 2 s’avère un hybride bizarre de deux genres quelque peu incompatibles. D’une part, c’est un jeu de gestion qui impose un tel sentiment d’urgence qu’il devient difficile de prendre le temps de s’organiser. De l’autre, c’est un jeu d’action-aventure aux exigences de survie tellement strictes qu’il devient impossible de se laisser emporter par le plaisir du combat et de l’exploration.

Le défi principal devient alors de trouver un équilibre confortable entre les rôles de gestionnaire et d’aventurier. Il revient au joueur de se décupler en plusieurs rôles à assumer simultanément : tacticien, comptable, éclaireur, fermier, et j’en passe. Ce n’est donc pas une surprise de voir le mode multijoueur faire ses débuts dans la série. Au rythme auquel le jeu nous balance ses impératifs, il devient séduisant, voire nécessaire, de faire appel à quelques amis et ainsi partager la besogne.

Après tout, il faut, paraît-il, toute une communauté pour faire face à l’apocalypse.

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Littéraire académique défroqué mais toujours pratiquant, Yannick Morin est tombé dans l'enfer dantesque des jeux vidéo quand il a réalisé qu'il aimerait bien faire ce qu'il aime dans la vie. Il s'y vautre depuis, pour votre grand plaisir.
2 commentaires
  • pstealth
    28 mai 2018 at 23:23
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    Très bel article, comme toujours.

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