The Crew 2 – Resserrer l’écrou

J’attendais impatiemment The Crew 2 (ou ZeCrouTou, comme le diraient nos collaborateurs français). Comme je le mentionnais dans ma critique, je voulais aimer le premier jeu, mais mon appréciation se heurtait continuellement à des défauts de design. Trois ans plus tard, le concept du jeu de course en monde ouvert à la rejouabilité infinie a une deuxième chance. Je suis heureux de vous apprendre que la plupart des problèmes ont été réglés dans ce nouvel opus.

The Crew 2 se débarrasse enfin du ton «gangster cheap», «Need For Speed Laval» du premier jeu. Fini le drame du frère qui cherche à noyer sa soif de vengeance à grand coup de course de rue et de fierté mal placée. Au lieu de ça, on a droit à une thématique «festival» calquée sur les Forza Horizon, qui fait franchement du bien. On vous dit que les caméras d’une station télé spécialisée en sports extrêmes sont braquées sur vous, une belle excuse pour conduire en fou en toute tranquillité d’esprit. Tout est plus coloré, plus festif et par le fait même, plus amusant.

En se débarrassant du scénario qui prenait trop de place, ça permet à The Crew 2 de lancer le joueur directement dans l’action. Le début de The Crew premier du nom était excessivement frustrant, puisqu’on nous présentait une carte gigantesque, alors que les cinq premières heures (ou plus) se déroulaient exclusivement à Detroit, un petit recoin de la carte. Nous étions forcés de compléter des dizaines de missions dans l’ordre pour pouvoir avoir notre liberté. Dans cette suite, il suffit de faire les missions introduisant chaque type de véhicule pour que des dizaines d’évènements apparaissent sur la carte. Enfin libre!

The Crew All-Star Racing Transformed

Et des types de véhicules, il y en a plus qu’on le pense. Voiture, avion, et bateau, mais aussi moto, monster truck, formule 1 et Nascar, proposant chacun une diversité impressionnante d’événements. Il ne bat peut-être pas Forza Horizon point de vue qualité, mais au moins, la variété d’activités proposées en fait une expérience complètement différente. Ça passe de course standard sur circuit, au offroad à plusieurs embranchements, jusqu’aux compétitions de dérapage ou d’acrobaties aériennes.

Je n’avais pas le temps de m’ennuyer : j’enchainais les évènements les uns après les autres. Même pas besoin de s’y rendre manuellement, vous n’avez qu’à utiliser le menu qui contient une liste des activités disponibles et vous y téléporter directement. Aussitôt la course terminée, je voyageais d’un océan à l’autre à la vitesse de la lumière, sans même prendre le temps de dire au revoir au podium.

Et le monde ouvert dans tout ça? C’est un peu ça le problème : à quoi bon la balade en voiture passive digne de Final Fantasy XV si tout est accessible via les menus? Cette liberté, c’est le paradoxe du jeu, et peut-être son plus grand défaut. Il ne nous donne pas suffisamment de raisons d’explorer la carte titanesque entre deux courses. Alors que Burnout Paradise nous demandait de partir à la chasse aux panneaux rouges et aux clôtures à défoncer, ou que les «skill songs» de Forza nous encourage à faire des cascades impromptues pendant quelques minutes, seulement deux ou trois activités secondaires timides se retrouvent dans la dizaine de kilomètres autour de vous, à tout moment.

Principalement, on y retrouve les radars de vitesse (littéralement identique à Forza), les séances d’évasion en PUBG inversé où il faut sortir d’un cercle grandissant avant qu’il nous rattrape, et un Pokémon Snap de monument. Ce dernier est peut-être le plus amusant : on vous donne un indice simple, et vous devez trouver l’objet à photographier. Dans un des cas, l’indice «bear with me» et le texte un peu moins subtil «trouver l’ours» m’as valu un magnifique cliché contenant un ours à la texture douteuse.

Parce que lorsqu’on s’arrête et qu’on prend le temps de regarder autour, The Crew 2 n’est pas particulièrement beau (du moins, sur la version Xbox One que j’ai jouée). C’est tout à fait normal pour un jeu de course, soit dit en passant, puisqu’on est censé y naviguer à haute vitesse, pas y observer le moindre buisson. Mais ces visuels passables, je les adore, puisqu’ils permettent de se téléporter partout sur la carte presque instantanément, sans temps de chargement.

On doit aussi avouer qu’un travail énorme a été fait en ce qui concerne la variété de bâtiments, qui changent selon l’état dans lequel on se trouve. Ils répliquent l’architecture de chaque région des États-Unis assez fidèlement pour qu’on s’amuse parfois à observer les alentours.

Des concurrents... élastiques.

L’élément crucial qui rebutera peut-être quelques amateurs de jeux de course est le suivant : le “rubber-banding”. C’est un terme qui désigne une sorte d’intelligence artificielle spécifique dans des jeux de course : en fait, l’ordinateur triche. Ils sont comme des élastiques : si vous avez une trop grande avance, les ennemis se mettront à rouler à des vitesses impossibles et finiront par vous rattraper (vous punissant même si votre conduite est irréprochable), et à l’inverse, si vous avez un trop grand retard, vous les verrez ralentir au loin pour vous laisser une chance. Ce n’est pas le seul jeu à utiliser cette technique (Mario Kart utilise les items pour faire la même chose), mais il reste que ça a une énorme influence sur tout le jeu. Dans le meilleur des cas, ça garde les courses excitantes à tout moment, dans le pire des cas, une défaite contre l’IA tricheur vous laissera un goût amer en bouche. J’ai vécu les deux, souvent, jusqu’à ce que je change ma conduite pour déjouer le système.

J’ai découvert que dans The Crew 2, tout se joue sur les raccourcis. À la limite, il faut y jouer comme un Burnout en tentant de balancer les concurrents dans le décor à l’aide d’une petite poussée bien placée, et passer par les ruelles et les toitures, parce que l’IA lui, ne freine jamais. Ça a teinté mon expérience, mais ça ne l’a pas gâché, quoique par bout, je m’ennuyais cruellement de la fonction “rewind” de Forza. Perdre une course de vingt minutes pour une minuscule erreur due au contrôle ou à la physique étrange, c’est toujours triste.

Les contrôles sont d’ailleurs l’amélioration qui me réjouit le plus. Dès la première course, je sentais enfin que j’étais en contrôle de mon véhicule, alors que même après 40 heures de jeu dans The Crew 1, j’avais peine à naviguer entre les voitures précisément. C’est très arcade, mais c’est ce qu’il fallait.

Si le marché du jeu de course était inondé d’open world de type arcade, je jugerais peut-être The Crew 2 plus sévèrement, mais ce n’est pas du tout le cas. Il fait beaucoup de choses sans jamais en réussir une parfaitement, mais il a quand même beaucoup à offrir, autant en termes de variété qu'en longévité.

La version 2.0
7.5
La version 2.0

The Crew, une série qui s’améliore à chaque extension, est maintenant clairement supérieur à ce qu’on nous proposait il y a trois ans. Pas du tout parfait, mais nettement amélioré.

Les plus
  • Variété impressionnante de véhicules et d’évènements
  • Des contrôles enfin acceptables
  • On peut enchaîner les événements sans perdre de temps
Les moins
  • Peu de raisons de profiter du monde ouvert
  • Ennemis en mode «rubber-banding»
  • Physique parfois étrange
  • 7.5
Catégories
CritiquesMicrosoftPC / MACPlaystation
C'est un gamer, fan de science-fiction, de BD, de jeux de société et de musique électronique. Bref, un geek. Rédacteur depuis 2008, il adore partir à la recherche de jeux uniques, peu importe leurs dates de sortie ou leurs pays d'origine.
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