La pire partie de Tetris de l’histoire

J’adore jouer à Tetris. J’y joue sans arrêt depuis la sortie de Puyo Puyo Tetris sur Switch. Il est parfait pour me donner de l’énergie à ma pause au travail, ou me distraire dans une panne de métro (comme je dis, j’y joue beaucoup). Malheureusement, ce n’est pas tout le monde qui partage ma passion.

Par une journée de juillet où la pluie tombait du ciel comme des tetriminos, j’aurais préféré rester chez moi pour jouer à Tetris. Malheureusement, j’étais dû pour une visite au royaume de la culture et du savoir vivre, bref, chez Walmart.

Je fais mes emplettes, semi-blasé, sous un air dépassé des Backstreet Boys, comme si c’était pas déjà assez triste comme ça... J’aurais largement préféré la toune de Tetris à la flûte de pan. Mon panier à main déborde, mais ce n’est pas grave, puisque j’ai méticuleusement planifié mes achats de sorte qu’ils s’emboîtent parfaitement dans mes deux sacs réutilisables.

Je passe à la caisse et fait alors connaissance avec la caissière, qui sortait justement de son état de transe. Elle regardait dans le néant, et je me disais qu’elle pourrait facilement être dans le casting d’un Occupation Double version Hochelaga. Pas qu’elle n’a pas l’air brillante, mais disons simplement qu’elle choisirait Jonathan.

Elle avait l’air sympathique, mais lorsqu’on prend le temps d’observer, on remarque que son sourire était faux. Elle était comme un plat Michelina’s qui sort du four micro-ondes : chaleureuse à l’extérieur, mais glacée à l’intérieur.

Lentement mais sûrement, sa main se dirige dangereusement vers mon pain. Le premier item qu’elle a choisi de sélectionner. C’est là que j’ai su que quelque chose ne tournait pas rond. C’est ainsi que j’ai assisté à la pire partie de Tetris de ma vie.

Elle déposa le pain dans le fond de mon premier sac.

J’aurais dû réagir. J’aurais pu lui dire que j’allais m’en occuper, mais j’étais pris d’une curiosité morbide : je devais voir jusqu’où irait ce désastre. De toute façon, des toasts venant d’un pain écrapou, c’est juste moins long à manger.

Bon, je ne suis pas fier, mais il y avait une conserve de Chef Boyardee dans le lot. C’était mon garbage bloc. Le genre d’items qui reste dans le fond de l’armoire et dont on a de la difficulté à se débarrasser.

Vient le tour du rouleau de papier d’aluminium. C’est la barre droite parfaite. Tellement que s’il font un film Tetris un jour, cette boîte est certaine d’avoir le rôle de la ligne droite sacrée, même pas besoin d’audition. Dans mon sac, il y a un trou de l’espace de la boîte : c’est tellement parfait que j’ai peur que si on l’insère, le reste de mes achats disparaisse. Mais avec Miss 2 Watt, pas de danger. Elle crisse la boîte sur le dessus en diagonale. Calice.

Elle a l’air d’en avoir ras le bol, c’est comme si je voyais des pièces de Tetris dépasser de sa tête… Elle n’était visiblement pas bonne à prendre des décisions dans sa vie, et ces erreurs se sont accumulées jusqu’à ce qu’elle soit game over (ou caissière chez Walmart).

Elle ne prend pas son temps, elle « hard drop » mes items comme s’il n’y avait pas de lendemain. Si le créateur de Tetris avait vu ça, il aurait voulu mourir, juste pour être capable de se retourner dans sa tombe.

Elle regarda mes deux rouleaux d’essuie-tout, perplexe, et en est venue à la conclusion qu’ils ne pourraient pas se joindre au party anarchique dans mon sac. « Ça rentre juste pas », dit-elle, n’ayant jamais affronté un problème de logique dans sa vie.

Le pire dans tout ça, c’est que dans le métro après ma journée de travail, je planifiais mes achats avec mes deux sacs en tête, en optimisant l’espace le plus possible. J’ai pris le temps de tout Tetrisser, et elle, elle a tout décrissé.

Je perds patience. Je sors les articles un à un, et je les place de façon logique. Je réussis à tout faire rentrer dans mes sacs, tel que prévu plus tôt, sous le regard ébahi de la caissière, qui se disait probablement « J’en crois pas mes œils ».

Je paie par Interac, (parce que j’aurais eu trop peur que mon argent soit aspiré par son vide intérieur), et je m’enfuis du magasin, flabergasté.

Vous savez, jouer à Tetris peut être une bonne façon d’organiser ses pensées, ou tous les objets qui vous entourent dans votre vie quotidienne. Lorsqu’on termine d’y jouer (après de longues sessions), il y a une conséquence, qu’on appelle le « Tetris Effect ». Si vous fermez les yeux, vous pourrez réaliser que votre cerveau continue de jouer à Tetris, continuant votre entraînement d’organisateur hors pair.

D’ailleurs, le créateur de Rez et Lumines, Tetsuya Mizuguchi, vient justement d’annoncer un jeu sur PlayStation VR nommé Tetris Effect, qui tentera de reproduire le phénomène. Sinon, je vous recommande chaleureusement la compilation Puyo Puyo Tetris, maintenant disponible sur Switch, PS4 et PC. Vendue dans tous les bons magasins, mais aussi chez Wal-Mart.

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Opinion
C'est un gamer, fan de science-fiction, de BD, de jeux de société et de musique électronique. Bref, un geek. Rédacteur depuis 2008, il adore partir à la recherche de jeux uniques, peu importe leurs dates de sortie ou leurs pays d'origine.
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