Le début lent, lent, leeeeent d’Octopath Traveler

Octopath Traveler s’annonce comme le succès surprise de l’été. C’est peut-être parce que les joueurs ont plus soif de JRPGs traditionnels qu’on ne l’aurait crû, peut-être est-ce à cause de la publicité soutenue dont a bénéficié le titre de Square Enix de la part de Nintendo, peut-être est-ce parce que c’est l’été et que les joueurs cherchent désespérément quelque chose à se mettre sous les pouces, mais Octopath Traveler est un hit.

Tellement que les copies physiques du jeu sont en rupture de stock un peu partout.

Or, vous aurez peut-être remarqué que Multijoueur n’a pas encore fait paraître de critique du titre. La raison en est simple : je suis en charge de la critique, et malgré mes meilleurs efforts, les 20 heures de jeu que j’ai réussi à glisser dans mon horaire depuis que j’ai reçu ma copie mercredi ne m’ont pas encore permis d’approcher de la fin du jeu. Et par principe, je ne fais jamais de critique d’un jeu que je n’ai pas terminé.

 

Un mauvais jeu?

Heureusement. Parce que si je m’étais fié à la première dizaine d’heures du jeu, il aurait eu une très mauvaise note.

Pendant la première moitié de mon temps de jeu, je regardais les notes sortir un peu partout, et je me questionnais. Qu’est-ce que ces critiques voyaient qui m’échappait complètement? Notre collègue de Pèse sur Start a attribué une note parfaite à Octopath Traveler, et je devais me faire violence pour ne pas éteindre ma Switch et continuer ma partie de Yakuza 0 à la place.

Quand j’ai finalement commencé le deuxième acte du jeu, après une dizaine d’heures, j’ai finalement compris ce qu’il s’était passé : Octopath Traveler n’est pas un mauvais jeu. C’est juste le premier acte qui est mauvais.

La nostalgie, la nostalgie, c’est pas une raison pour se faire mal

Avant de poursuivre, je veux mettre quelque chose au clair. N’allez pas croire que je suis un néophyte en matière de JRPGs, un barbare qui s’ennuie s’il n’enfonce pas une scie mécanique dans la tête d’un pauvre innocent dans les 5 premières minutes de jeu.

Mais ce que j’apprécie des vieux jeux de rôle japonais, ce n’est pas leur lenteur, mais l’attention portée au scénario. Or, tout le premier acte d’Octopath est 100% lenteur, 0% scénario.

 

La première quête

On nous propose au départ de choisir un des huit protagonistes (qui deviendra notre protagoniste principal pour un bon moment). Pour ma part, j’ai choisi Cyrus, un académicien qui apprend qu’un livre de la bibliothèque a été dérobé. Après un nombre incalculable de cinématiques (avec l’engin du jeu, il n’y a pas de CGI ou d’anime ici), on nous laisse entrer dans le donjon, qui est pratiquement une ligne droite, on affronte le collègue qui a volé le livre, et on le ramène. Là, la bibliothécaire nous apprend qu’un AUTRE livre a été volé, il y a quinze ans. Cyrus décide de retrouver ENCORE le livre. Et c’est tout. C’est ça sa grande quête. Bon.

Sauf que je ne peux pas vraiment partir tout de suite à la recherche du livre, parce que le jeu m’encourage à trouver les autres personnages avant de poursuivre. Je pourrais techniquement aller directement vers la deuxième partie de la quête de Cyrus, mais le niveau suggéré est beaucoup trop élevé, et seul, je vais me faire dévorer vivant.

Alors je continue à marcher vers un village où je croise Haanit, une chasseuse. Sa quête se présente de façon comparable à Cyrus: de longues cinématiques, un donjon en ligne droite, et une quête qui me pousse à quitter mon village et à aller explorer le monde. Sauf que la quête d’Haanit est un peu plus urgente : elle doit retrouver son maître qui est probablement en danger de mort.

Sauf que vous vous rappelez comment je ne pouvais pas aller chercher mon livre avant d’avoir trouvé tout le monde? Ben c’est pareil ici. Ce n’est pas le premier jeu à monde ouvert à souffrir du problème, mais il n’en demeure pas moins absurde : « je dois aller sauver mon maître que je respecte plus que tout et qui est probablement gravement en danger… mais avant je vais aller visiter toutes les villes du monde pour rencontrer des inconnus qui vont me raconter leur vie de long en large.»

 

Des personnages qui vivent en parallèle

Et si ce n’était que ça… Les incongruités scénaristiques ne s’arrêtent malheureusement pas là.

Si Square Enix met beaucoup l’accent sur le fait qu’il y a 8 protagonistes tous différents, pour la première partie du jeu, c’est comme s’ils ne se reconnaissaient pas. Aucune interaction, aucun dialogue, rien. Octopath se retrouve un peu pris au piège avec sa formule qui permet de faire de n’importe qui le protagoniste principal. Le prologue de leurs histoires respectives ignore les compagnons, parce que le scénariste ne pouvait pas savoir si vous seriez seul ou si vous seriez huit pour cette quête.

L’ironie du sort a fait que le dernier personnage que j’ai recruté est Primrose, une danseuse en quête de vengeance. Tout son prologue met l’accent sur le fait qu’elle est solitaire et isolée dans sa quête… sauf qu’on est 7 avec elle. Relax, Prim, t’as des amis.

Et que dire de Tressa, marchande qui passe son prologue à tenter de récupérer les biens volés à ses concitoyens par de vils mécréants… alors que dans mon cas elle faisait équipe avec Therion, un voleur qui faisait les poches de tout le monde dans sa ville, SOUS SES YEUX. Jamais elle ne l’a mentionné. Dans le fond, elle est juste raciste avec les pirates je pense.

Huit prologues, c’est sept de trop

Mais malgré tous ces petits problèmes scénaristiques qui m’ont irrité, le vrai problème, c’est le nombre de prologues. Avoir huit protagonistes, ça veut aussi dire huit débuts de jeux, où on présente le personnage, son univers, et l’élément déclencheur. Personne ne trouve que le meilleur bout de Chrono Trigger, c’est le bout où ta mère te réveille pour te dire d’aller au festival. Personne n’aime Pokémon pour le bout où tu choisis ton nom et où Oak t’explique c’est quoi un Pokémon.

Imaginez devoir vivre cette scène huit fois de suite. Ça serait un peu (octo)plate.

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Opinion
La première vidéo de Pier-Luc, c'est lui, à l'âge de 3 ans, qui joue à Duck Hunt avec le gros fusil orange. Il les a pwn 360 NO SCOPE. Depuis, il passe beaucoup (trop) de temps à jouer à des jeux, que ce soit sur Android, 3DS, Wii U (oui, il est l'une des six personnes à avoir acheté une Wii U) ou PS4. Il ne joue pas beaucoup à l'ordinateur, sauf pour les fois où il télécharge des émulateurs pour jouer à de vieux classiques (des jeux qu'il possède, bien sûr). Quand il ne joue pas, il écoute la WWE, il lit ou bien il tente de faire avancer sa carrière en humour. Mais soyons honnêtes, il passe surtout son temps à jouer.
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